Pour ceux qui aiment notre planète et veulent la protéger, il existe au moins une journée dans l'année pour rappeler au monde les risques qu'entraînent la pollution et un développement anarchique. La Journée de la Terre, célébrée le 22 avril, a été l'occasion dans la capitale de nombreuses manifestations qui ont permis de sensibiliser l'opinion en faveur de la protection de l'environnement.
Le Parc Ta-An, dans le centre de Taïpei, avait été choisi pour accueillir un forum qui a mis en contact des membres du gouvernement en charge de la protection de l'environnement avec des experts de l'écologie et ceux, dans le public, que le sujet intéressait. Pour M. Chang Hung-lin, militant de l'Association de la Vie sauvage, cette journée a été une rare occasion d'aider le public à aller à la rencontre du monde naturel et de lui apprendre à le respecter.
Directeur général de l'Office de la Protection de l'Environnement (EPA), M. Hau Lun-pin, a insisté sur la nécessité de mieux gérer l'utilisation des énergies dans la vie quotidienne comme un premier pas utile dans la lutte contre la pollution. Il s'est également inquiété de la situation terrible posée par la multiplication des décharges illégales d'ordures, en particulier dans le sud de l'île.
Ailleurs dans la capitale, d'autres initiatives ont été prises. Un groupe associatif a notamment vendu des boîtes-repas placées dans des sacs en tissu recyclables et cousus par des ménagères vivant dans les régions touchées par le tremblement de terre en 1999, afin de promouvoir un style de vie plus économique et davantage respectueux de l'environnement.
Le président de la République, M. Chen Shui-bian, y est allé lui aussi de son geste, célébrant deux jours avant, à sa façon, la Journée de la Terre. Bravant une forte pluie matinale, le 20 avril, il a effectué à vélo le trajet le menant de chez lui à la Présidence, en compagnie de proches collaborateurs eux aussi montés sur des bicyclettes.
Abandonnant son véhicule de fonction habituel, M. Chen Shui-bian a tenu ainsi à rappeler son intérêt pour la question de l'environnement qui figurait en bonne place parmi ses engagements de campagne, lors des élections qui l'ont porté à la tête du pays l'année dernière.
Equipé d'un casque et d'un vélo flambant neuf, le chef de l'Etat a quitté sa résidence un peu après huit heures, tandis qu'à ses côtés pédalaient MM. Hau Lun-pin, le président de l'EPA, et Ho Cheng- tan, le vice-ministre des Transports et des Communications.
La Fondation bouddhique Tzu Chi de la Compassion, la plus importante organisation caritative de l'île, a fêté fin mars son trente-cinquième anniversaire. A cette occasion, elle a publié un ouvrage important en quatre volumes retraçant l'histoire de son oeuvre, présentant les raisons de son existence, soulevant les problèmes rencontrés et proposant des objectifs pour l'avenir.
L'ouvrage se divise en quatre grands chapitres, l'entraide, la médecine, l'éducation et la culture, quatre grandes missions que la fondation s'est originellement fixées. On y relève également une liste des opérations de secours qu'elle a menées auprès de réfugiés et de victimes de catastrophes naturelles, tant ici qu'ailleurs dans le monde, au travers de ses représentations dans 27 pays.
Tzu Chi s'est également engagée dans d'autres domaines, comme la protection de l'environnement ou l'aide sociale. Sur un terrain où elle fait figure de proue, Tzu Chi a créé une banque de moelle osseuse qui peut répondre rapidement à toute demande grâce à son immense réseau de donneurs.
La Fondation bouddhique Tzu Chi de la Compassion a été créée le 24 mars 1966 à Hualien, sur la côte Est de l'île. La Vénérable Cheng Yen avait déjà réuni autour d'elle des disciples, qui, sur la base du volontariat, soulageaient les malades et venaient en aide aux plus démunis dans la région. Son action prenant de l'ampleur, il était devenu nécessaire de lui donner un cadre légal, notamment pour réunir les fonds indispensables à son financement. Ainsi est née la fondation, dont les objectifs étaient d'abord caritatifs.
Grâce à la générosité du public, son réseau d'aide aux plus défavorisés s'étendit rapidement, tandis que le nombre de ses membres et autres bénévoles se multipliaient. Aujourd'hui, plus de quatre millions de personnes, tant dans l'île qu'à l'étranger, ont joint leurs efforts à ceux de la trentaine de personnes réunies à l'origine.
Au début, les membres religieux et laïques de la fondation venaient se recueillir et faire leurs dévotions au petit temple Pu Ming, situé non loin du siège de la fondation à Hualien. Devant l'importance croissante de cette communauté, l'édifice religieux est vite devenu trop étroit. Pour répondre à l'élan religieux suscité par l'oeuvre de Tzu Chi, un nouveau bâtiment, le Pavillon des Pensées tranquilles, a été construit. Toujours un lieu de prières, il s'est aussi transformé en un centre d'échanges d'idées, où la Vénérable Cheng Yen et d'autres religieux s'entretiennent volontiers avec le public.
La Vénérable Cheng Yen a entrepris en 1979 de bâtir un hôpital, mais des difficultés financières ont quelque peu retardé le projet. L'Hôpital général Tzu Chi à Hualien a été inauguré en août 1986, comptant probablement comme la réalisation la plus représentative de la fondation. Cet établissement a été le premier dans l'île à ne pas exiger d'acompte ou de prise de charge au moment d'une hospitalisation. Avec des équipements sanitaires et médicaux modernes, il contenait à l'origine une centaine de lits et quatre services.
L'hôpital a rapidement grandi au point de compter maintenant près d'un millier de lits et vingt-six services spécialisés, où sont reçus chaque jour 1 400 patients en consultation externe. Il comprend également un service de médecine traditionnelle chinoise, tandis qu'un service annexe de soins palliatifs pour les patients en phase terminale, le premier du genre dans l'île, lui était adjoint en 1996.
Poursuivant son action à ce niveau, la fondation a inauguré en juillet 2000, un second établissement hospitalier du même type, cette fois-ci dans le sud de l'île, à Talin, près de Chiayi, comprenant 1 130 lits et vingt et un services médicaux spécialisés, ainsi qu'un centre de soins palliatifs.
L'hôpital de Hualien a engendré de nouveaux besoins, comme la formation d'un personnel dévoué et de qualité, amenant la création d'une école d'infirmières en 1989. Aujourd'hui devenu Collège de Technologie Tzu Chi, cet établissement dispense un enseignement dans plusieurs branches du domaine de la santé, comme, par exemple, les soins ou l'administration d'un hôpital. Aujourd'hui, 1 850 jeunes filles sont inscrites au collège.
Dans la foulée, une école de médecine a été fondée en 1994. A la suite de la création de deux instituts de sciences sociales et de sciences de la vie, elle fut élevée en 2000 au statut d'université et près de 500 étudiants y suivent des cours.
Pour atteindre un public plus large, le Centre culturel Tzu Chi a été créé à Taïpei afin d'informer les insulaires des réalisations et des projets de la fondation en publiant des périodiques, comme le mensuel Tzu Chi Monthly, ou le bulletin bi-mensuel Tzu Chi Companion, ainsi que d'autres ouvrages, qu'imprime une maison d'édition annexe.
Poursuivant son élan, le Centre culturel Tzu Chi a lancé un programme télévisé par câble, intitulé Le monde de Tzu Chi, pratiquement diffusé dans toute l'île et qui promeut le respect de la vie en mettant en avant les valeurs humanitaires.
Sans se borner à ses quatre missions originelles, Tzu Chi a prêté son concours au traitement de la leucémie et autres maladies du sang ou des tissus lymphoïdes. La fondation a aussi ouvert en octobre 1993 à Taïwan une Banque de Moelle osseuse. Première de ce genre en Asie, elle est la troisième dans le monde par le nombre des donneurs, avec 169 000 personnes répertoriés en décembre 1998, Par ailleurs, Tzu Chi a signé des accords de coopération avec d'autres associations à l'étranger.
Mettant naturellement le principe de solidarité universelle en application, son oeuvre caritative s'est étendue par-delà les barrières religieuses, culturelles et linguistiques en prêtant secours aux victimes de catastrophes naturelles ou de guerres dans les contrées les plus diverses sur les cinq continents.
Depuis l'appel de la Vénérable Cheng Yen en faveur de la protection de l'environnement, un millier de bénévoles à travers l'île se sont dévoués au ramassage et au tri des déchets, papiers, bouteilles et autres récipients à recycler. Depuis 1990, ils ont collecté des matériaux recyclables pour une valeur de 6 millions d'USD.
Durant toute son histoire, la fondation Tzu Chi s'est efforcée de se porter au service du public et au secours des plus défavorisés.
Recevant au Palais présidentiel M. Bawa Jain, le secrétaire général du Sommet du Millénaire de la Paix des Chefs religieux et spirituels du Monde, ainsi que Mme Dena Merriam, vice- présidente de cette organisation religieuse internationale, le chef de l'Etat, M. Chen Shui-bian, a exprimé le 18 avril son entier soutien à la proposition de rassembler les chefs religieux de chaque rive du détroit de Taïwan pour une rencontre qui, en contribuant au renforcement de la compréhension mutuelle et au rapprochement interchinois, favoriserait la promotion d'une paix durable dans la région.
Le président de la République s'est déclaré convaincu que les religions avaient une force de persuasion infinie sur les hommes, aidant " à purifier les esprits et les coeurs " et ranimant l'espoir de concorde et d'entente. Entre les deux rives, a-t-il pousuivi, la foi spirituelle pourra inciter les partenaires à construire un " pont de paix ".
Les deux personnalités religieuses internationales se sont rendues dans l'île, invitées à un symposium sur la paix et l'environnement dans la région et le monde, tenu ici et parrainé par la Fondation bouddhique de la Montagne du Tambour du Dharma, que dirige le Vénérable Sheng Yen.
Persuadé que les religions pouvaient aider à renforcer la compréhension mutuelle et à réduire le nombre de conflits armés dans le monde, le Vénérable Bawa Jain s'est déclaré partisan d'une rencontre des représentants des différentes religions de part et d'autre du Détroit. Il a rappelé que son organisation mondiale avait voté l'an dernier lors de sa réunion à New York au siège des Nations unies une résolution enjoignant les divers mouvements antagonistes dans le monde à renoncer à l'usage de la force pour régler un différend, assurant que les religions pourraient contribuer à la campagne engagée par l'institution mondiale pour la promotion de la paix sur terre.
Le mouvement des femmes à Taïwan est passé le 15 avril à l'étape supérieure dans la poursuite de son combat grâce à la création d'une coordination au niveau national fédérant plus de soixante associations locales. Ces vingt dernières années, ce sont elles qui ont milité en faveur des modifications nécessaires à apporter au cadre légal et institutionnel concernant les droits de la femme.
La cérémonie solennelle créant la Fédération nationale des Femmes de Taïwan s'est déroulée à Taïpei en présence de la vice- présidente de la République, Mme Annette Lu, de plusieurs personnalités politiques féminines, de députés et de militantes, ainsi que de 60 invités de marque venus de l'étranger -- Canada, Corée du Sud, Etats-Unis, Indonésie, Malaisie, Iles Marshall, Nouvelle-Zélande et Thaïlande.
Lors de son allocution, Mme Lu, militante féministe bien connue, a rappelé ses 30 années de lutte pour les droits de la femme et a insisté sur l'action énorme qui restait à accomplir dans le pays, notamment pour atténuer le fossé qui sépare encore les conditions de vie des femmes dans les zones urbaines et celles moins satisfaisantes des femmes dans les campagnes. Pour cette raison, a-t-elle assuré, le mouvement féministe national doit entrer dans une nouvelle ère placée sous le sceau de la coordination entre les diverses associations impliquées.
Mme Yu Mei-nu, élue présidente de la nouvelle fédération, a indiqué que le mouvement féministe taïwanais ne pouvait pas encore crier victoire, même si les femmes insulaires, dans leur ensemble, avaient vu depuis quelques années leurs conditions de vie s'améliorer et pouvaient prétendre à un plus haut niveau de vie.
La fédération interviendra, a-t-elle affirmé, partout dans l'île où les droits de la femme sont bafoués. Facilitant l'accès libre à l'information, elle publiera chaque année un rapport sur l'application générale de ces droits, les mesures politiques qui auront été prises à cet égard, notant les progrès accomplis et relevant les difficultés qui subsistent. Dotée de fonds publics et avec l'aide de dons privés, la fédération orientera les efforts publics, allouera des subsides en fonction des besoins, tout en coordonnant les activités des associations membres en vue d'une meilleure efficacité.
Selon le calendrier suivi traditionnellement par les populations bouddhistes de Birmanie (Myanmar), du Cambodge, du Laos et de Thaïlande, à la nouvelle année, se tient la Fête de l'Aspersion. Dans ces pays, c'est un événement national qui tombe après l'équinoxe de Printemps. Durant les festivités qui ont lieu à cette occasion, les fidèles s'aspergent d'eau qui, d'après la croyance populaire, permet de chasser les mauvais esprits de l'année écoulée et d'accueillir la bonne chance pour la nouvelle année.
Bien que Taïwan use d'un autre calendrier et de rites différents, la Fête de l'Aspersion y est aussi célébrée en raison du nombre important de travailleurs originaires du Sud-Est asiatique employés ici, notamment les Thaïlandais qui forment une communauté d'environ 140 000 personnes. Un ensemble de plus de 325 000 étrangers, de nationalité et de religion diverses, travaillent ici dans l'industrie, le bâtiment ou chez les particuliers comme personnels domestiques ou aides soignants.
Cette année, les travailleurs thaïlandais, ainsi que des Chinois établis en Birmanie, se sont rassemblés le 14 avril à Chungho, dans la banlieue de Taïpei, pour la Fête de l'Aspersion, organisée par le gouvernement du hsien de Taïpei et la mairie de Chungho dans le cadre de leur programme de promotion des autres cultures.
Des festivités publiques ont eu lieu sur une grande place à Chungho, pavoisée pour la circonstance et animée d'airs joués par une grande fanfare. Plusieurs spectacles d'arts martiaux et de danses folkloriques thaïes ou birmanes ont diverti le public.
Après une bénédiction générale donnée par des bonzes venus de Thaïlande, la fête a atteint son paroxysme lorsque de grands jets d'eau ont arrosé la foule provoquant une aspersion collective initiée par MM. Su Tseng-chang, le chef du hsien de Taïpei, et Lu Fang-yen, le maire de Chungho. Des camions-citernes avaient été disposés tout autour de la place.
Attachés à la tradition populaire, beaucoup avaient apporté une cuvette pour en jeter le contenu sur ceux qui les entouraient, sans que ces derniers ne s'en offusquent. On prenait plaisir à vider son récipient sur ses voisins, et réciproquement, comme dans un grand jeu.
Le lendemain à Taïpei, la municipalité a tenu pour la troisième année consécutive à l'église catholique St-Christophe une cérémonie solennelle en mémoire des travailleurs étrangers disparus au cours d'accidents du travail. Le maire de Taïpei, M. Ma Ying-jeou, a rappelé à cette occasion la grande contribution des travailleurs étrangers au développement économique dans l'île.