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M. Lee Teng-hui a pu aller au Japon

PD: 05/01/01

Pour la première fois en quinze ans, l'ancien président de la République, M. Lee Teng-hui, a pu se rendre au Japon, y effectuant un bref séjour qui marque certainement un moment important dans la lutte d'influence qui opposent Pékin à Taïpei.

 M. Lee Teng-hui a débarqué le 23 avril à l'aéroport international de Kansai, après que le gouvernement japonais, divisé sur la question, lui eut finalement accordé un visa de séjour afin de faire soigner la maladie de coeur dont il souffre.

 C'est que rien n'était moins sûr que ce voyage de cinq jours au Japon, pourtant annoncé depuis longtemps. L'ancien dirigeant taïwanais restant la bête noire de Pékin qui voit en lui un partisan de l'indépendance de l'île, ses visites à l'étranger font toujours l'objet de la virulente opposition des autorités continentales, même s'il n'exerce plus aucune responsabilité politique.

En l'occurrence, que ce déplacement n'ait eu aucun but politique, puisqu'il était effectué à titre médical, n'a pas suffit à atténuer la rancune des Chinois du continent qui ont multiplié les pressions sur les autorités nippones afin qu'elles lui refusent l'entrée.

 La question a divisé la classe politique et l'administration japonaise qui, après de longues hésitations, a finalement cédé sous l'effet du tour de plus en plus médiatique que prenait l'affaire, tant à Taïwan que dans l'archipel nippon, accordant à l'ancien président taïwanais un visa de quinze jours, deux jours seulement avant son départ.

 Accompagné de son épouse, de proches et d'un médecin, M. Lee Teng-hui, âgé de 78 ans, a été acclamé à son arrivée par des centaines de Taïwanais installés au Japon. Devant les caméras des nombreux journalistes qui l'attendaient ensuite à Osaka, il a remercié tous ceux qui l'avaient aidé à organiser ce voyage. S'exprimant dans un japonais parfait, il a répété qu'il était venu dans l'archipel dans le seul but de subir un traitement médical et qu'il s'était complètement retiré de toute activité politique.

Pékin a répondu en déposant de vives protestations officielles auprès de l'ambassade japonaise en Chine continentale. Le ministère des Affaires étrangères japonais a indiqué, pour sa part, que la décision d'accorder un visa à M. Lee Teng-hui avait été prise en considération de " raisons humanitaires ".