Au début de ce mois, le Centre européen pour la Recherche nucléaire (CERN), aussi connu sous le nom de Laboratoire européen de Physique des Particules, basé à Genève, a formellement accepté la participation de Taïwan et de ses scientifiques au projet de construction du collisionneur géant à particules hadron, un anneau circulaire de 27 km de circonférence.
Selon les termes de la coopération qui vient d'être signée, Taïwan apportera une contribution financière de 5 millions de CHF, tandis que plusieurs de ses scientifiques rejoindront les deux équipes responsables du projet dont les travaux seront achevés en 2005. Plusieurs autres pays hors d'Europe ont aussi largement contribué tant du point de vue financier que scientifique à la réalisation de ce programme, auquel participent les 20 Etats membres du CERN.
En juin 1999, les responsables du projet avaient accepté que les scientifiques venant de Taïwan se joignent à leurs travaux. Cependant les continentaux se sont opposés à la participation de la République de Chine, à moins que son équipe ne soit inscrite sous la référence " Taïwan, Chine ". Taïpei a d'abord refusé devant cette interférence politique dans un domaine scientifique, avant de proposer un compromis lui permettant de coopérer avec le CERN, en convenant de participer sous le nom de Taïwan.
Cette coopération sera mise à profit par les industries insulaires, en particulier pour l'élaboration de produits opto-électroniques et de télécommunication, et renforçera les rapports des scientifiques taïwanais avec leurs partenaires étrangers.
Un recueil de textes littéraires du chinois ancien et moderne compilé sur cédérom par la Commission d'Etat des Sciences est aujourd'hui sur le marché. D'une grande valeur pour les études sinologiques, c'est probablement le premier ouvrage de ce genre publié dans le monde. Divisé en quatre grands chapitres -- les symboles phonétiques anciens et modernes du chinois; des données linguistiques de la langue écrite ancienne; les différentes éditions du Livre des Mutations (Yijing) depuis la dynastie Song (960-1279); et diverses études et commentaires des poèmes ci --, ce recueil est une alliance remarquable entre la technologie et la philologie. Le Livre des Mutations, un ouvrage sur les divinations datant de la dynastie Zhou (fin XIe s. - 256 av. J.-C.), abondamment annoté et commenté par les disciples confucéens, est généralement considéré comme un ouvrage philosophique.
Les anciens entrepôts Van Gass de Tamsui ont été classés comme site historique par le hsien de Taïpei. Situés près de la station de métro, ils ont été cédés par leur propriétaire, la compagnie pétrolière britannique Shell, à la Fondation culturelle de Tamsui (TCF). Construits par la maison Van Gass peu après l'ouverture du port de Tamsui au commerce étranger conformément au traité de Tientsin (1858), les entrepôts -- 4 grands hangars en briques rouges et 3 autres plus petits, en parfait état de conservation --, occupent une superficie de 10 000 m2. Ils furent acquis vers la fin du XIXe s. par la firme Shell, mais en 1945, elle ne conserva plus que les bâtiments, le sol devenant propriété des Domaines publics. Depuis quelques années, les entrepôts étaient désaffectés. Grâce à leur classement, ces bâtiments entrent dans le domaine du Parc historique et culturel de Tamsui dont l'aménagement est confié à la TCF.
Sous l'impulsion de son maire, M. Ma Ying-jeou, la ville de Taïpei s'est un peu plus engagée vers l'internationalisation en cherchant à créer un univers bilingue, chinois et anglais.
Dans son programme en plusieurs phases, publié au début avril, la municipalité se propose de réaliser d'ici à la fin septembre de l'année prochaine un environnement favorable aux échanges intercommunautaires.
Elle envisage d'étendre, d'une manière aussi complète que possible, le bilinguisme sino-anglais afin de rendre ses services publics immédiatement accessibles à la fois aux citadins et aux membres de la communauté étrangère qui use communément de l'anglais.
Dans les rues, elle offrira une nouvelle apparence à la cité en uniformisant les panneaux de signalisation (noms de rue, de monuments, de sites et directions). Informant le public, elle publiera des brochures, des affiches sur les activités de la capitale, tandis que des lignes de renseignements téléphoniques ou les annonces dans certains lieux publics (gares, stations de métro, etc.) seront à la portée de tous dans l'une ou l'autre langue.
Taïpei ne peut plus attendre indéfiniment pour devenir une ville internationale, a déclaré son maire, indiquant que cette nouvelle politique urbaine serait un pas de plus vers l'ouverture de la capitale sur le monde extérieur.
La municipalité entreprendra donc ce plan de modernisation, malgré l'indécision de l'administration centrale sur le choix d'une transcription officielle des noms chinois.
Il y a quelque mois encore, hésitant entre deux systèmes, les pouvoirs publics avaient à nouveau demandé un délai de réflexion en matière de romanisation de la langue chinoise.
Dès les années 60 et 70, la République de Chine a entretenu avec ses alliés diplomatiques d'Afrique de solides liens de coopération. Dans ce cadre, elle a envoyé sur place des équipes de techniciens afin d'aider ces pays à développer leur agriculture, leur pêche, leur artisanat et leurs industries alimentaires
Toutefois, avant 1980, ces coopérants se rendaient en Afrique seuls, puisque leur famille ne pouvait les accompagner, quelle que fût la durée de leur séjour. La loi n'autorisait alors pas les insulaires à voyager à l'étranger, à l'exception du personnel diplomatique ou de ceux ayant à titre personnel un objectif spécifique (coopération, études, etc.).
Dans ces conditions sévères, plusieurs membres des missions taïwanaises ont développé des relations intimes avec les femmes des pays où ils étaient stationnés. De leur union libre, sont nés des enfants afro-taïwanais qui n'ont aucun statut légal en République de Chine et une situation mal définie dans leur pays de naissance. Ces enfants ont été laissés derrière eux par les techniciens rentrés seuls chez eux, en raison de la loi insulaire alors en vigueur ou de leur situation familiale ici.
La Fondation Pearl Buck Taiwan est intervenue pour venir en aide à ces enfants. Créée en 1968 à Taïwan, cette organisation est l'une des six branches asiatiques de la fondation mère, établie en 1964 aux Etats-Unis par l'écrivain américain (1892-1973), lauréat du Prix Pulitzer (1932) et du Prix Nobel de Littérature (1938).
S'occupant d'abord d'enfants dans le besoin, nés de mères asiatiques et de soldats américains postés en Asie durant la guerre froide, la fondation poursuit aujourd'hui son oeuvre d'entraide en se penchant sur le sort des enfants nés de père taïwanais et de mère africaine confrontés à d'énormes difficultés d'insertion dans la société de leur pays de naissance. Espérant trouver une solution acceptable par tous, la fondation étudie une formule qui permettrait d'établir légalement leur filiation.
Environ 400 d'entre eux, les uns déjà adultes, les autres encore mineurs, se réclament aujourd'hui d'un père taïwanais, indique la fondation qui précise qu'une centaine de ces enfants gravitent autour des missions actuelles, n'ayant pu suivre leur père rentré dans l'île. Quelques-uns ont reçu une aide matérielle pour leur éducation, tandis que d'autres, plus grands, ont trouvé un travail dans ces centres agricoles. Si beaucoup de ces enfants afro- taïwanais connaissent leur origine paternelle sans pouvoir la prouver, tous espèrent une reconnaissance formelle de paternité.
Taïpei a récemment proposé de procéder à des tests sanguins ADN sur les enfants nés en Afrique supposés de père taïwanais, insistant sur le fait qu'il était nécessaire de présenter une preuve que le père présumé était membre d'une de ces missions agricoles afin d'orienter les recherches de paternité.
" Si le père taïwanais ne peut, pour une raison ou une autre, prendre soin de sa progéniture naturelle, je crois qu'il revient aux insulaires dans leur ensemble de faire un effort pour les aider ", assure M. Chuan Li-chuan, directeur général de la fondation Pearl Buck à Taïwan, qui fait appel à la générosité et à la solidarité de ses compatriotes.
En dépit des efforts du ministère de la Justice, cherchant à réduire la population carcérale de l'île et à améliorer le système correctionnel, ainsi que du soutien apporté par les médias insulaires, la formule d'une " probation pénale " accordée aux coupables de délit simple à la place d'une peine de prison ferme rencontre plusieurs obstacles, notamment en raison de la rigidité des textes législatifs et du manque de ressources humaines pour la mise en oeuvre du programme.
Effectuer à la place d'une peine de prison un travail d'intérêt collectif non rémunéré, qui correspond à une sorte de mise en liberté surveillée, suppose a priori une modification de la législation actuelle. Actuellement, à Taïwan, la " probation " ne fait pas partie des sanctions pénales. Mais, dans la plupart des cas, elle peut être accordée à un prévenu sous forme de liberté conditionnelle ou à celui qui bénéficie d'une suspension de peine.
Les avis sur le fond de la question, diversement partagés par les formations politiques, a singulièrement compliqué les éventuelles procédures visant à aménager la législation actuelle. Aussi le ministère de la Justice a-t-il été conduit à proposer une mesure administrative complémentaire assez significative, en ce sens qu'elle n'exige pas d'amendement législatif. Selon la proposition, les procureurs seraient autorisés à demander la conversion de la peine de prison du responsable d'un délit mineur en une " probation pénale ".
Si déjà, dans certains cas stipulés par la loi, les procureurs sont autorisés à procéder ainsi, la nouvelle mesure leur donnerait plus de discrétion dans le choix d'une alternative probatoire permettant au coupable d'effectuer un travail de 8 à 60 heures par semaine, à la condition que ce dernier l'accepte préalablement. Dans ce cas-là, le tribunal pourra accepter la proposition du procureur pour que le délinquant exécute un travail d'intérêt collectif dans le cadre de la " probation pénale ".
Ainsi, de nombreuses personnes qui ont commis un délit simple, comme par exemple le millier de conducteurs condamnés l'an dernier pour ivresse au volant, pourraient faire partie du premier lot à bénéficier de cette formule de travail volontaire probatoire au lieu d'effectuer leur peine enfermés entre quatre murs.
Le manque de personnel de surveillance semble aussi compromettre l'initiative du ministère. En effet, l'augmentation des effectifs est assez lente, puisque le plan de recrutement en cours ne prévoit que l'addition de 64 personnes sur cinq ans. Ainsi, cette année, seulement 10 nouveaux agents ont rejoint les 164 autres en poste.
Le recours à des agents volontaires a été d'une grande aide quoique limitée en raison des problèmes de leur qualification et de leur nombre. A court terme, ils ne peuvent remédier à la pénurie de personnel de surveillance.
Dans ces circonstances, le ministère de la Justice espère pouvoir contourner la difficulté en confiant par exemple le contrôle des probationnaires à un organisme privé placé sous la tutelle de l'autorité judiciaire.
L'ancien vice-président de la République, M. Shieh Tung-min s'est éteint le 8 avril à l'âge de 94 ans à son domicile, dans la banlieue de Taïpei, entouré de sa famille. Il avait été le premier insulaire à être nommé gouverneur provincial de Taïwan et élu vice- président de la République. Tandis qu'il souffrait d'hypertension et de diabète, sa santé avait décliné depuis la fin du mois de janvier.
Le chef de l'Etat, M. Chen Shui-bian, et la vice-présidente de la République, Mme Annette Lu, ainsi que diverses personnalités politiques, ont personnellement présenté leurs condoléances à la famille.
Le président et la vice-présidente de la République ont loué l'ancien second personnage de l'Etat pour son action dans l'île, rappelant que M. Shieh Tung-min, durant son gouvernorat, avait promu l'artisanat, soutenu l'industrie agro-alimentaire, tout en intervenant en faveur des familles à revenu modeste.
Né en 1907 à Changhua, dans le sud de l'île, alors sous l'occupation japonaise, il part en 1926 poursuivre ses études en Chine continentale. Il adhère au Kuomintang et, pendant la guerre, occupe sur le continent divers postes au service de l'Etat.
Revenu dans l'île après la Rétrocession en 1945, il assume diverses responsabilités politiques, notamment à la tête du hsien de Kaohsiung, puis de l'Assemblée provinciale.
En 1972, succédant à plusieurs militaires continentaux, il est nommé gouverneur de la province de Taïwan, devenant ainsi le premier insulaire élevé à ce poste. En octobre 1976, il a été la cible d'un attentat politique, perdant une main dans l'explosion d'un colis piégé.
Deux ans plus tard, il est le premier insulaire à occuper la vice- présidence de la République, aux côtés de Chiang Ching-kuo, élu chef de l'Etat. Il était, depuis 1985, conseiller à la présidence de la République.
Située dans une zone climatique subtropicale, Taïwan connaît naturellement de fortes précipitations sous toutes ses formes, allant de la bruine aux pluies diluviennes, ce qui semblerait combler les besoins croissants en eau de l'île, dus à son développement économique.
Cependant, les effets secondaires de la modernisation, comme la pollution des rivières, le déboisement et le développement à outrance et sans norme des versants montagneux, menacent depuis quelques années déjà l'approvisionnement général en eau. Alarmés, les pouvoirs publics et les organisations privées concernées ont redoublé d'efforts pour lutter contre les retombées négatives qui ont été longtemps sous-estimées, tentant d'attirer l'attention du public sur un problème qui paraît suffisamment sérieux pour valoir à l'île son inscription récente par un organisme des Nations unies sur une liste des régions en pénurie d'eau.
Les 42 retenues d'eau que compte l'île et qui permettent de recueillir les eaux de pluie fournissent 70% de l'approvisionnement en eau potable. Parmi les 20 principaux réservoirs d'eau, 14 ont été pollués ou eutrophisés au fil des ans. Grâce à un plan de 5 ans, qui se terminera en juin prochain, il a été possible d'en nettoyer quelques-uns, mais il reste encore beaucoup à faire.
Mis à part les phénomènes naturels (climatiques ou géographiques) défavorables, les effets négatifs, nés de l'essor économique, se sont combinés au point d'atteindre aujourd'hui la cote d'alerte, les déchets industriels et ménagers déversés dans les cours d'eau ayant engendré de graves pollutions. Sur les 129 rivières de l'île, 34 sont à des degrés divers contaminés. Pour combattre ce mal, les autorités publiques ont lancé en 1997 un vaste et long plan d'assainissement des rivières, qui durera jusqu'en 2011. Le plan vise à terme à rendre à presque toutes les rivières taïwanaises leurs conditions naturelles.
Par ailleurs, grâce à un réseau de distribution, qui s'est progressivement étendu à toute l'île -- 90,3% de la population disposait en 1999 de l'eau courante --, chaque habitant tire 10,3 m3 d'eau par an, une consommation jugée excessive qu'une politique des tarifs relativement bas ne freine guère.
La solution visant à sensibiliser le public sur le bon usage de l'eau est nécessaire, mais semble insuffisante pour parvenir à une réduction significative de la consommation, de l'avis de nombre d'experts, qui estiment qu'en dépit de son impopularité, un réajustement raisonnable et progressif des tarifs de consommation de l'eau se révélerait être une politique plus efficace.
Ils notent à juste titre que les prix actuellement pratiqués ne sont plus en rapport avec les énormes coûts de l'entretien et de la modernisation du réseau de distribution, ainsi que de la lutte contre la pollution. Une étude comparative entre l'île et des pays industrialisés montre que les insulaires paient un prix unitaire au m3 de 0,28 USD, alors qu'il se monte à 1,31 USD au Japon, à 2,03 en Belgique et à 5,69 au Danemark.
Continuant de se pencher sur les problèmes de l'approvisionnement en eau, le gouvernement encourage les particuliers et les services publics (écoles, hôpitaux, toilettes, etc) à moderniser leurs installations d'accès à l'eau courante (robinetterie) et les entreprises à recycler leurs eaux industrielles.