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Le Prix de la Liberté décerné au président Chen Shui-bian

PD: 04/21/01

Le Prix de la Liberté, attribué par Liberal International, une organisation qui fédère les partis libéraux dans le monde, a été décerné à M. Chen Shui-bian, le chef de l'Etat, qui espère pouvoir le recevoir en mains propres au Danemark, à la fin de l'année.

 Le prix lui a été remis en reconnaissance du tournant démocratique qu'a consacré l'alternance pacifique à la tête de l'Etat à la suite des élections présidentielles de mars 2000. M. Chen Shui-bian est ainsi honoré non seulement en tant que chef politique du premier parti d'opposition arrivé au pouvoir par les urnes à Taïwan, mais aussi en raison de son oeuvre personnelle en faveur de la défense des droits de l'homme et des efforts importants qu'il a déployés depuis son accession à la présidence de la République pour sortir le dialogue avec la Chine continentale de l'impasse où il se trouve.

 Recevant à la fin février Sir David Steel, le président du parlement écossais et le chef de Liberal International de 1992 à 1994, M. Chen Shui-bian a fait part de toute sa gratitude, et de celle de ses concitoyens, pour l'hommage qui lui a été rendu. Ce prix ne lui revient d'ailleurs pas, a-t-il expliqué, mais est plus justement dû à l'ensemble de la population taïwanaise qui, par son vote, a permis la transition démocratique de l'année dernière.

 M. Chen Shui-bian a souhaité pouvoir se rendre personnellement au Danemark, en novembre, non pas qu'il ne le veuille pas -- bien au contraire, a-t-il assuré -- mais parce qu'il craint une fois de plus que ne l'en empêche la Chine continentale qui s'oppose toujours aux déplacements effectués à l'étranger par de hauts responsables de la République de Chine à Taïwan.

 Jouant sur l'ironie de sa situation, le chef de l'Etat a ainsi déclaré qu'il ne jouissait peut-être pas de toute la " liberté " nécessaire pour aller chercher le prix, alors que c'est bien au nom de celle-ci qu'il lui a été décerné. Il s'est montré par ailleurs très impressionné par les marques de soutien apportées en public à Taïwan par Sir David, souhaitant pouvoir en reparler avec lui une prochaine fois " devant le parlement écossais ".

 Liberal International, qui regroupe 84 partis politiques dans 67 pays, a attribué le Prix de la Liberté au cours des années précédentes à des personnalités telles que Mmes Aung San Suu Kyi (1995), Corazon Aquino (1987) ou M. Vaclav Havel (1990).

 



 
 

Agression au Yuan législatif : un député finalement sanctionné

PD: 04/21/01

M. Lo Fu-chu, un député sans étiquette dont le comportement violent au sein du Yuan législatif a souvent fait la une de l'actualité nationale, a finalement fait l'objet de sanctions de la part de ses collègues, à la suite de son dernier coup d'éclat.

 Par 155 voix contre 3, avec deux abstentions, ses collègues de la législature, réunis le 12 avril, ont décidé de le suspendre pour une durée de six mois, c'est-à-dire pratiquement jusqu'aux prochaines élections législatives.

C'est la première fois que les députés ont adopté des mesures disciplinaires à l'encontre de l'un d'entre eux, alors que l'on relève depuis 1987 une vingtaine de cas de mauvaise conduite impliquant des législateurs, tous restés sans sanction.

 " Nous espérons que la façon dont nous avons traité ce cas marquera un tournant, a déclaré peu après M. Wang Jin-pyng, le président du Yuan législatif. En d'autre termes, la législature a saisi cette occasion pour montrer sa volonté de changement et faire en sorte que ce genre de violence ne se reproduise plus. "

Le 28 mars, au cours d'une session de la commission de l'Education et de la Culture, dont il est membre, M. Lo Fu-chu s'était violemment emporté contre l'une de ses collègues, Mme Diane Lee, du Parti Pour le Peuple, n'hésitant pas à l'agresser physiquement malgré l'intervention des personnes présentes.

La scène, filmée par les caméras de sécurité placées à l'intérieur du Yuan législatif, avait été rediffusée par les chaînes de télévision, provoquant l'indignation dans l'île. A la suite de cette attaque, Mme Lee a dû être hospitalisée trois jours, les médecins ayant relevé quelques blessures superficielles et, surtout, une légère commotion cérébrale.

Apprenant la décision de la commission disciplinaire, Mme Lee, qui a porté plainte contre son agresseur, espère que ces violences au sein du Yuan législatif cesseront et que les députés pourront exercer librement et sans crainte leur devoir de législateur.

M. Lo Fu-chu, qui aurait dû participer au vote le concernant, y a finalement renoncé en raison, semble-t-il, de la présence d'un grand nombre de journalistes. Tous les grands groupes politiques avaient mobilisé leurs troupes pour être sûrs que la punition serait bien votée par au moins les deux tiers des membres du Yuan législatif (219 députés en tout).

Quatre membres de l'alliance formée par les députés sans étiquette à laquelle appartient M. Lo Fu-chu se sont retirés avant le scrutin, en signe de protestation contre un vote qu'ils auraient voulu à bulletin secret. Ceux qui ont voté en faveur de M. Lo Fu- chu, ou bien se sont abstenus, appartiennent tous au Kuomintang (KMT), comme d'ailleurs la plupart de ceux qui n'ont pas daigné se déplacer.