Contenu (Affaires continentales)
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La marché commun interchinois, une autre idée du rapprochement

PD: 04/11/01

Alors que les négociations avec Pékin restent au point mort, Taïwan tente de relancer le débat entre les deux rives en proposant une nouvelle idée, celle d'un marché commun qui permettrait une union économique entre l'île et la Chine continentale avant d'ouvrir la voie à un rapprochement politique, sur le mode en quelque sorte de l'Union européenne.

 Fervent partisan de ce projet, l'ancien Premier ministre, M. Vincent Siew, s'est efforcé de le promouvoir depuis son départ du gouvernement, parvenant en un an à organiser la création d'une fondation dont la tâche essentielle sera de réfléchir aux conditions dans lesquelles une communauté interchinoise pourrait voir le jour.

 Financée et parrainée par une vingtaine de grands groupes industriels de l'île, la fondation qui servira de laboratoire d'idées a été officiellement inaugurée le 26 mars en présence des dirigeants de l'Etat et de l'opposition. La cérémonie qui marquait l'événement n'a pas échappé à l'attention des médias qui se sont bousculés pour voir exceptionnellement réunis le chef de l'Etat, M. Chen Shui-bian, et le Premier ministre, M. Chang Chun-hsiung, aux côtés du président du Yuan législatif et vice-président du Kuomintang (KMT), M. Wang Jin-pyng, et de l'ancien-vice président de la République et actuel leader du KMT, M. Lien Chan.

Selon M. Chen Shui-bian, le succès de l'Union européenne, basé sur le respect mutuel entre Etats membres, offre un modèle alternatif intéressant qui pourrait inciter les autorités de part et d'autre du détroit de Taïwan à entamer un mouvement de rapprochement politique.

La mise en oeuvre d'un tel projet contribuerait à réduire les tensions politiques entre les deux rives, tout en écartant les obstacles économiques, s'est déclaré convaincu M. Chang Chun- hsiung qui a souligné la créativité de l'idée de son prédécesseur à la tête du gouvernement.

 M. Siew voit dans ce projet le début d'une nouvelle ère, au cours de laquelle l'interaction l'emportera sur la confrontation. Il en veut pour preuve l'étendue des liens économiques qui se multiplient aujourd'hui à travers le Détroit et pourraient servir de socle aux développements futurs. Depuis leur ouverture en 1987, les échanges commerciaux indirects entre les deux rives ont totalisé 222 milliards d'USD. Pour la seule année dernière, ils se sont montés à 32 milliards d'USD, a rappelé l'ancien Premier ministre, indiquant que Taïwan comptait maintenant parmi les premiers investisseurs en Chine continentale.

 Dotée d'un financement de 100 millions de TWD, la fondation aura pour rôle de promouvoir l'idée d'une communauté interchinoise et d'explorer les moyens de sa mise en oeuvre.

 



 
 

Contacts avec Pékin : seule la SEF est habilitée

PD: 04/11/01

La Fondation des Echanges entre les Deux Rives (SEF) reste à Taïwan le seul interlocuteur officiel de Pékin, a-t-on tenu à rappeler ici, au lendemain de l'inauguration d'une fondation privée dédiée à la promotion d'un marché commun interchinois (voir en p.1).

 La mise au point formelle a eu lieu le 27 mars afin de prévenir toute ambiguïté sur le rôle futur de la nouvelle organisation que certains articles parus dans la presse locale ont présenté à tort comme un substitut possible aux canaux officiels de contact avec la Chine continentale.

 Se joignant aux dénégations officielles, un membre de la fondation qui vient d'être crée a, lui aussi, écarté les rumeurs journalistiques. Il a affirmé que la nouvelle organisation se contenterait de servir de laboratoire à idées, sur des bases totalement privées. Son seul but de promouvoir la formation d'un marché commun interchinois, et il n'est pas question de supplanter les structures déjà mises en place, a-t-il insisté.

L'autre objet de la mise au point officielle a été la visite que M. Vincent Siew se propose d'effectuer bientôt en Chine continentale, en sa qualité de dirigeant de la fondation. Le gouvernement a indiqué qu'il garderait sur la question une attitude ouverte mais se réserverait le droit d'autoriser ou d'empêcher ce déplacement, comme la loi le lui permet. En conséquence, seule la Commission d'Etat des Affaires continentales (MAC) a le dernier mot en ce qui concerne les autorisations données aux élus, membres de l'administration et autres personnalités publiques qui désirent se rendre sur l'autre rive du détroit de Taïwan.

 M. Siew, qui a assumé les fonctions de Premier ministre jusqu'au début de l'année dernière, a en effet déclaré le jour de l'inauguration de la fondation qu'il envisageait d'aller bientôt en Chine continentale, n'écartant pas la possibilité d'y rencontrer de hauts dirigeants, dont M. Jiang Zemin, le premier d'entre eux.