Un an, jour pour jour, après la disparition du physicien Wu Ta- you, qui a présidé l'Academia Sinica, le Musée dédié à sa mémoire a été inauguré le 5 mars à l'Institut des Sciences physiques de cette académie par M. Lee Yuan-tseh, l'actuel président de la prestigieuse institution et Prix Nobel de Chimie en 1986.
Lui rendant hommage, ce dernier a rappelé la contribution remarquable de son prédécesseur qui a consacré la fin de sa vie au développement de la recherche scientifique dans l'île où d'immenses progrès ont été accomplis ces 20 dernières années.
Wu Ta-you (1907-2000), considéré ici comme le père des sciences physiques modernes en Chine, a d'abord enseigné sur l'autre rive du détroit de Taïwan puis, après la conquête du continent par les forces communistes, dans de célèbres universités et instituts américains, avant de revenir à Taïwan au début des années 80. Deux de ses élèves, MM. Yang Chen-ning et Lee Tsung-dao, ont conjointement obtenu en 1957 le Prix Nobel de Physique.
En octobre dernier, une fondation qui porte son nom a été créée afin de poursuivre les efforts du grand homme dans le développement des sciences non seulement dans l'île mais aussi dans l'ensemble du monde chinois. C'est pour encourager la jeune génération que la fondation a créé le Prix Wu Ta-you, qui récompensera les auteurs de travaux scientifiques remarquables.
C'est dans cet esprit que M. Shen Chun-shan, le président de cette fondation, a annoncé l'organisation d'une université d'été où des experts en sciences physiques de renom international donneront une série de conférences aux étudiants émérites de l'île, de Chine continentale et de Hongkong qui y participeront en août prochain. Destiné à inciter les participants à s'engager dans la recherche, ce séminaire permettra aussi d'intensifier les échanges et d'établir une interaction entre les scientifiques insulaires, continentaux et hongkongais qui assureront la relève dans l'avenir.
Pour répondre aux exigences des échanges directs commerciaux, postaux et de transport désormais autorisés entre, d'une part, Kinmen et Matsu, petites îles proches du littoral continental mais sous juridiction de Taïpei, et, d'autre part, Xiamen et Fuzhou, en Chine continentale, le gouvernement du hsien de Kinmen a décidé la construction du port de commerce de Shuitou et de faire préalablement déminer le site.
Toute la zone comprenant le futur chantier, d'une superficie d'environ 8 400 m2, devra être débarrassée des nombreuses mines qui y ont été posées dans les années 50, durant la période de confrontation militaire entre les deux rives. Ces mines enfouies dans le sol constituent un obstacle aux projets de développement de la petite île et sont toujours une menace pour ses habitants.
C'est à l'entreprise britannique Bactec International Ltd. qu'a été confié l'enlèvement des mines. La firme, qui a déjà obtenu plusieurs autorisations des Nations unies et de l'Union européenne, a signé un contrat d'une valeur de 7,41 millions de TWD (230 000 USD) avec les autorités locales, qui veilleront à ce que les diverses mesures de sécurité soient observées par la population.
Le déminage de la zone côtière de Shuitou, divisée en trois parties pour les besoins de l'opération, a démarré au début de ce mois et sera normalement achevée à la fin juin afin de permettre dans les délais prévus le commencement des travaux de construction du nouveau port.
Bactec a déjà effectué pour le compte des forces armées insulaires le nettoyage d'un champ de tir dans le hsien de Hsinchu et a plus récemment débarrassé de ses mines une autre zone de l'île de Kinmen, dans les environs de la centrale électrique de Tashan.
Le personnel technicien de Bactec se compose de plusieurs anciens militaires en retraite d'origine britannique et zimbabwéenne, ayant plus de 10 ans d'expérience dans l'enlèvement des matériaux et engins explosifs.
Consciente de l'importance de la conservation des vieux arbres dans la capitale, la municipalité a entrepris de les recenser, tandis qu'un texte de loi, qui donnerait les moyens de mieux les protéger contre la dégradation ou la destruction, a été soumis à l'Assemblée municipale. Le vote de cette législation par les députés de la ville pourrait avoir lieu lors de leur prochaine session à la fin de ce mois. Les déprédateurs seront passibles d'une amende allant jusqu'à 100 000 TWD, a indiqué Mme Lung Ying-tai, directrice de l'Office municipal des Affaires culturelles, qui, à Taïpei, a la charge de cette protection. La ville a ainsi recensé dans les rues et avenues de la capitale un total de 1 146 arbres sains ayant plus de cent ans d'âge, mesurant plus de 15 mètres de haut et plus de 2,50 mètres de diamètre. Ils se répartissent en 32 familles et 67 espèces, dont 85% sont des protophytes, une variété commune dans l'île. Les arbres les plus courants sont le banian, le camphrier et le banian à grandes feuilles. Les quartiers du nord de la capitale, plus vastes et résidentiels, abritent près de la moitié des arbres répertoriés.
Le nouvel ensemble instrumentral de la Route de la Soie, avec la participation du célèbre violoncelliste Yo-yo Ma, a donné au début du mois deux concerts à Taïpei.
Créé il y a un an, cet ensemble éclectique est une rare combinaison de joueurs de sheng (un orgue à bouche chinois), de pipa (luth chinois à quatre cordes), de violoncelle et de tabla (petits tambours indiens frappés à la main) qui ont trouvé ensemble une harmonie pour leur répertoire insolite comprenant Moon over Kwon Mountains, une ouverture de Zhao Jiping, des extraits de la musique du film d'Ang Lee, Crouching Tiger, Hidden Dragon, composée par Tan Dun, Habil Sajaly, de l'Azerbaïdjanais Franghiz Ali-Zadeh, Rêverie sur la Route de la Soie, de Zhu Jian-er, et la Sonate pour violoncelle en solo, de Zoltan Kodaly.
Pour le fameux violoncelliste Yo-yo Ma, directeur artistique de ce groupe de musiciens, la mondialisation n'est pas seulement une tendance économique ou politique, elle touche aussi la musique et pose probablement un redoutable défi aux musiciens, qui doivent faire une synthèse des différents rythmes et mélodies des nombreuses cultures d'Asie. Ainsi, affirme-t-il, il leur faut aujourd'hui pouvoir combiner à peu près tous les genres musicaux -- classiques, populaires et même folkloriques --, qui expriment, chacun dans leur style, des sentiments communs.
Célèbre pour ses interprétations classiques de Bach ou Beethoven, le violoncelliste s'est une fois de plus écarté des sentiers battus au cours de sa tournée dans l'île. Il a déjà sorti plusieurs albums insolites, où il interprète des mélodies de tango argentin, de bluegrass des Appalaches et de jazz. Toutes ces ceuvres ont reçu un accueil chaleureux de la critique d'art et du public.
Cet ensemble a été formé l'an dernier au Festival de musique de Tanglewood, organisé aux Etats-Unis, par des musiciens prodiges dans un instrument tant oriental qu'occidental pour interpréter une commande sur le thème de la Route de la Soie.
Yo-yo Ma, particulièrement fasciné par les folklores locaux, a recherché une base commune avec ses partenaires pour explorer les styles variés des nombreuses ethnies dispersées le long de ces voies de passage qui ont longtemps été le trait d'union économique, mais aussi culturel, entre les civilisations chinoise et occidentale.
Cette expérience a été à la fois passionnante et pleine de renouveau, a souligné le jeune joueur de tabla, Shane Patrick Shanahan, car travailler avec Yo-yo Ma, qui a fortement imprimé de son talent ces explorations musicales, a permis de découvrir des horizons autres que les méthodes traditionnelles d'interprétation musicale.
Avant de se rendre dans l'île, l'ensemble avait effectué fin février une tournée triomphale en Chine continentale, jouant à guichets fermés à Pékin et à Shanghai.
A l'occasion de la Journée internationale des femmes, le 8 mars, les femmes insulaires ont protesté contre ce qu'elles considèrent être l'inaction des pouvoirs publics à leur égard. Plusieurs groupes féministes, préoccupés par la lenteur des procédures pour amender la législation concernant les conditions de la femme mariée, ont ainsi organisé une manifestation devant le Yuan législatif.
La loi actuelle n'est plus adaptée aux réalités de la vie moderne, ont souligné les manifestantes, en particulier les dispositions qui, lors d'un divorce, règlent nettement en défaveur de l'épouse le partage légal des biens conjugaux. Elles réclament du Yuan législatif le vote d'une loi qui permettrait d'empêcher le mari, avant une procédure de divorce, de déposséder son conjoint en transférant les biens conjugaux à une tierce personne. Beaucoup de divorcées, notamment les femmes au foyer, se retrouvent souvent, après leur séparation, sans moyen d'existence. Le texte retirerait en fait au mari le droit de disposer seul des biens conjugaux.
Au cours de cette journée, Mme Annette Lu, la vice-présidente de la République, qui a longtemps milité dans le mouvement insulaire en faveur des droits de la femme, a réaffirmé sa volonté de continuer à défendre les droits de ses compatriotes, au cours d'une réception au Palais présidentiel offerte en l'honneur de vingt-deux personnes âgées de l'île.
Mme Lu a insisté pour que soit définitivement garanti aux femmes un environnement dans lequel elles peuvent accéder plus facilement à l'épanouissement personnel et professionnel. L'indépendance économique, a-t-elle ajouté, leur servirait à mettre en valeur leurs chances et à contribuer plus activement au progrès de la société.
Selon ces principes, auxquels Mme Lu est tant attachée, il est nécessaire que la société insulaire garantissent pour le sexe féminin de meilleures conditions de travail, basées sur la raison, la sécurité et l'entente, tandis que l'accent sera mis sur l'enseignement de l'informatique aux femmes afin qu'à l'ère électronique, elles participent avec plus de dynamisme à l'essor de l'île.
La Journée internationale des femmes est fêtée depuis 1910, lorsque la IIe Conférence internationale des Femmes socialistes, réunie à Copenhague, a choisi la date du 8 mars en hommage aux ouvrières du textile qui s'étaient lancées en 1857 dans une grande grève réprimée par la police de New York.
Devant le besoin de plus en plus pressant dans le monde de médicaments à base de plantes médicinales, les pouvoirs publics encourageront dans l'île l'industrie de transformation des plantes médicinales grâce à la mise en place d'un plan de cinq ans doté d'un financement à hauteur de 250 millions d'USD, comprenant un crédit public de 156 millions d'USD et le reste en investissements privés.
Selon des statistiques internationales, le marché mondial des médicaments à base de plantes médicinales pourrait être évalué à 24,4 milliards d'USD en 2002.
Déjà, attirés par cette expansion croissante, plusieurs pays, comme les Etats-Unis, le Japon, l'Allemagne et la Chine continentale, ont beaucoup investi dans ce domaine.
Dans l'île, l'industrie pharmaceutique traditionnelle à base de plantes devrait connaître une forte croissance, passant de 4,9% l'an dernier à 7,8% en 2006. Toujours dans le cadre du plan, la production pourrait atteindre 1,25 milliard d'USD. L'accent sera mis sur le développement de médicaments traitant les maladies du foie, l'asthme, l'ostéoporose et les dysfonctionnements du système immunitaire, une quarantaine de ces produits pouvant au cours de cette période obtenir le visa d'application clinique.
Bien que la recherche scientifique concernant les médicaments à base de plantes traditionnelles n'en soit encore qu'à ses débuts dans l'île, diverses découvertes sur les effets de certaines plantes ont déjà permis des avancées.
Ainsi, les laboratoires Genic Biotech, après plus de dix ans de difficiles recherches, ont développé un nouveau médicament qui s'est révélé efficace pour neutraliser assez rapidement l'activité du virus immunodéficitaire humain (VIH).
Le produit, appelé Genic, est réalisé à partir d'une douzaine de plantes médicinales chinoises -- dont la morelle noire L (solanum nigrum L) et le chèvrefeuille japonais (lonicera japonica), l'une et l'autre ayant des propriétés antivirales -- et a été patenté aux Etats-Unis, ainsi que dans plusieurs pays d'Asie.
Après avoir achevé les tests biologiques au centre allemand de recherches sur le sida Analysis, le Genic sera bientôt adopté à titre d'essais cliniques à l'Hôpital général des Vétérans de Taïpei.
Le Musée des Religions du Monde, encore en construction dans la banlieue de Taïpei et qui n'ouvrira pas ses portes avant le mois de novembre, a récemment reçu une collection d'objets d'art islamique offerts par la Ligue islamique mondiale.
Au cours d'une réception durant laquelle les pièces ont été exposées pour la première fois dans l'île, le Vénérable Hsin Tao, qui dirige le monastère de la Montagne Lingchiu, a exprimé aux donateurs tous ses remerciements, au nom du futur musée à la création duquel il a largement contribué.
C'est d'ailleurs pour honorer cette initiative et les engagements du Vénérable en faveur du respect, de la tolérance et de l'amour que les membres de la ligue ont accepté de donner ces objets au Musée, un geste exceptionnel qui est en général réservé à des personnes ou à des pays s'étant illustrés pour leur soutien significatif à l'Islam.
Parmi les pièces offertes figurent une copie ancienne du Coran, ainsi qu'un morceau du Kiswa, le gigantesque brocart brodé d'inscriptions coraniques dorées qui recouvre la Kaaba, la pierre noire située au coeur de la grande mosquée de La Mecque.
Le Vénérable Hsin Tao a espéré, en présentant les pièces au public, voir les liens religieux entre Taïwan et le monde islamique se renforcer. " Je pardonnerai à ceux qui se repentent, ont la foi et mènent une vie droite ", a-t-il déclamé en lisant un verset du Coran inscrit sur l'un des objets, rappelant ainsi à tous que les valeurs des grandes religions de ce monde étaient très proches.
Le don au Musée avait été promis en septembre par le secrétaire général de la Ligue islamique mondiale, M. Abd-Allah ben Saleh Al Obeid, lors de sa rencontre à Taïwan avec le Vénérable Hsin Tao.
Les musulmans de l'île se sont rendus les 3 et 4 mars à la Grande Mosquée de Taïpei pour y célébrer l'Aïd-al-Adha, la fête qui commémore le sacrifice par Abraham de son fils pour obéir à Dieu et qui conclut traditionnellement le pèlerinage annuel de La Mecque.
Durant ces deux jours, une vente de charité organisée pour lever des fonds destinés à aider les musulmans indonésiens et palestiniens dans le besoin a attiré des milliers de personnes, ainsi que les diplomates d'une dizaine de pays, tandis que le ministère des Affaires étrangères et la municipalité de Taïpei avaient envoyé des représentants.
L'initiative a été lancée par la Grande Mosquée avec le soutien des représentations officielles dans l'île des pays concernés. L'Indonésie a été choisie en raison des souffrances que sa population a endurées récemment à la suite de catastrophes naturelles et les territoires palestiniens, en raison de la terrible situation économique qui y prévaut.
Selon l'administration de la Grande Mosquée de Taïpei, on dénombrerait environ 130 000 musulmans dans l'île, 80 000 d'entre eux étant des travailleurs temporaires, indonésiens pour la plupart.
La présence de Musulmans dans l'île est ancienne. Des soldats de confession islamique suivirent Koxinga lorsqu'il prit le contrôle de l'île au XVIIe siècle. Ils y restèrent mais se fondirent dans la population, laissant quelques rares traces de leur passage. En 1949, environ 20 000 Musulmans s'installèrent dans l'île, la plupart étant des fonctionnaires ou des soldats fidèles au Kuomintang qui avaient suivi Tchang Kaï-shek.
La Grande Mosquée, située sur Hsinsheng South Road, en face du Parc Ta-an, a été construite en 1958 grâce à des dons provenant d'Arabie séoudite. Elle a été inscrite en 1999 sur la liste municipale des monuments historiques afin de la sauver de la destruction après que le propriétaire du terrain sur laquelle elle est édifiée eut menacé de la remplacer par un programme immobilier de résidences.