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" Assurer l'innovation et le dynamisme dans l'île "

PD: 03/21/01

Lancer Taïwan dans une " nouvelle ère ", c'est ce qu'entend faire le gouvernement grâce à l'ambitieux plan de développement qu'il désire mettre en oeuvre dans les plus brefs délais. Pour y parvenir, d'importants investissements sont prévus, à hauteur de 810 milliards de TWD, a précisé le Premier ministre en présentant le 8 mars les nouvelles mesures dans leurs grandes lignes.

 L'objectif à court terme est de soutenir la croissance dans un contexte international morose, tout en enrayant la montée du chômage dans l'île. A plus long terme, il s'agit de stimuler le dynamisme et l'esprit d'innovation dans toute l'île, comme l'a lui- même souligné M. Chang Chun-hsiung.

 Assurer un approvisionnement suffisant en eau et en électricité aux industries et aux personnes constitue donc une des priorités, l'une de celles qui figuraient déjà en tête des préoccupations des précédents plans de développement. Cette fois-ci, le gouvernement envisage, entre autres, de rénover le réseau de distribution d'électricité dans l'île.

Au niveau des infrastructures industrielles, un effort particulier est accordé au développement des parcs industriels et scientifiques de Hsinchu et de Taïnan, sans pour autant négliger l'environnement dont la protection figure également parmi les grandes priorités.

" Ile verte " est une expression souvent entendue jusqu'alors pour décrire la vision future de Taïwan. Dans cet esprit, l'accent sera mis sur l'éducation et la sensibilisation aux problèmes d'environnement. De nouvelles lois seront votées pour garantir un meilleur système de conservation des sols. Cela passera par le lancement d'un programme de reboisement, une amélioration de la prévention des glissements de terrains et de la gestion des réserves d'eau.

 Développement, oui, mais davantage équilibré entre les zones urbaines et rurales, entre le nord et le sud de l'île, a ajouté le Premier ministre, qui compte à ce titre beaucoup sur la construction de la ligne de train à grande vitesse qui reliera Taïpei à Kaohsiung.

 L'écotourisme a également fait l'objet de l'attention du gouvernement qui veut favoriser un tourisme propre et culturel, souvent basé sur les points forts d'une région. Les activités de loisirs seront elles aussi promues.

 



 
 

Les casinos dans les îles ne font pas l'unanimité

PD: 03/21/01

Autoriser le jeu et les casinos? La question a toujours donné lieu ici à d'intenses débats. C'est que les élus de plusieurs îles distantes de Taïwan, mais placées sous sa juridiction, n'ont pas trouvé d'autres moyens pour accélérer dans leurs circonscriptions le développement économique, le fameux " miracle économique " n'ayant pas eu les mêmes effets sur l'ensemble du territoire.

Tentant de résoudre le problème, le gouvernement a lancé une étude à ce sujet dont la Commission d'Etat de la Planification et du Développement économiques (CEPD) a publié au début du mois les conclusions préliminaires. Selon le vice-président de la CEPD, M. Chang Jing-sen, il serait possible de délivrer des licences, au cas par cas et en fonction de critères précis. Les îles de Kinmen, de Matsu, des Penghu, ainsi que des régions excentrées de Taïwan même, pourraient donc obtenir le droit d'ouvrir des casinos.

 C'est que, tant que la loi n'a pas été amendée, le jeu reste interdit en République de Chine, pour des raisons sociales et morales évidentes auxquelles beaucoup sont sensibles. Transgresser ce tabou ne se fera pas sans réaction. Ceux qui s'opposent à la légalisation du jeu craignent avant tout la cohorte d'activités criminelles qui, selon eux, ne manqueraient pas de l'accompagner.

 Pour les partisans de la proposition, il s'agit avant tout de revitaliser des zones économiques défavorisées, en les aidant à rattraper leurs retards, grâce notamment au développement des activités de tourisme qu'un tel changement entraînerait.

N'y aurait-il pourtant pas d'autres moyens de développer l'industrie du tourisme dans ces îles? Mme Yeh Chu-lan qui, en tant que ministre des Transports et des Communications, est en charge du tourisme en est convaincue. Dans le passé, elle n'a d'ailleurs pas caché son hostilité au projet de casino, même si aujourd'hui sa position paraît plus nuancée.

 La CEPD, qui donnera bientôt son avis définitif sur la question, semble pencher pour un feu vert. Il reviendra donc au chef du gouvernement, M. Chang Chun-hsiung, d'arbitrer. Les riverains eux aussi seront consultés au préalable, car, comme ailleurs, la mesure est loin, chez eux, de faire l'unanimité. Les habitants des Penghu y sont favorables, tandis qu'à Kinmen, on semble plus partagé. Quant aux habitants de Matsu, la plupart ont déjà fait savoir qu'ils s'y opposaient.

 



 
 

Un remaniement superficiel marqué d'une arrivée surprise

PD: 03/21/01

Confronté aux difficultés économiques, contesté dans sa politique, le Premier ministre a annoncé le 5 mars un léger remaniement au sein du gouvernement dont il a pris la tête au début du mois d'octobre.

 Le retournement de décision concernant l'avenir de la quatrième centrale nucléaire, les retards dans la réaction face à la marée noire, le mauvais contexte économique que connaît l'île: tous ces éléments ont joué pour faire monter la pression sur l'équipe gouvernementale, au point de pousser M. Chang Chun-hsiung à en revoir la composition.

Après les récentes critiques dont il a fait l'objet, égratigné en outre par le président de la République, M. Chen Shui-bian, qui s'était laissé aller à quelques commentaires en forme de reproche, le gouvernement semblait soudainement placé dans une position encore plus difficile.

Le remaniement était donc attendu par les médias depuis quelques temps. On l'avait imaginé profond, il n'a en fait été que très superficiel, puisque seulement quatre de ses membres -- et pas à des postes clefs -- ont été remplacés.

 Le principal événement est l'arrivée d'un opposant renommé, M. Hau Lun-pin, ancien chef de file du Nouveau Parti, qui a accepté la direction de l'Office de la Protection de l'Environnement (EPA) en remplacement de M. Lin Jun-yi lequel, par la lenteur de sa réaction face à la marée noire qui a touché en février l'extrême pointe sud de l'île, avait déchaîné une volée de critiques.

Autre changement, M. Hsia Der-yu, laisse la présidence de la Commission d'Etat de l'Energie atomique, à M. Hu Ching-piao lequel est remplacé dans ses fonctions de ministre d'Etat sans portefeuille par M. Hu Sheng-cheng, directeur de l'Institut des Sciences économiques de l'Academia Sinica. Enfin, le vice- président de l'Université Chiao Tung, à Hsinchu, M. Wei Che-ho, prend la succession de M. Weng Cheng-i à la tête de la Commission d'Etat des Sciences.

 Deux autres ministres, Mme Yeh Chu-lan, aux Transports et Communications, et M. Ovid Tzeng, à l'Education, restent en place, alors que la presse, dans les jours précédents le remaniement, les avaient donnés comme partant.

 La véritable surprise a été créée par l'arrivée de M. Hau Lun-pin, le fils de l'ancien Premier ministre, M. Hau Pei-tsun. Il a finalement accepté la direction de l'EPA, laquelle lui avait déjà été proposée l'année dernière. Il l'avait alors refusée, jugeant le moment inopportun, pour se consacrer à la reconstruction de la formation dont il est issu, le Nouveau Parti (NP), sorti très mal en point des élections présidentielles de mars dernier.

 En acceptant ces nouvelles responsabilités, M. Hau Lun-pin pense pouvoir relever le profil du petit parti qu'il a animé. Créé en 1993 à la suite d'une scission avec le Kuomintang, le NP prône la réunification sous conditions avec la Chine continentale et se situe, au moins sur ce point, en opposition totale avec le Parti démocrate-progressiste qui domine le gouvernement. Le nouveau directeur de l'EPA espère, à travers les questions d'environnement qu'il aura à traiter, montrer que le NP est dévoué à Taïwan.

 M. Hau Lun-pin a déclaré, avant de prendre ses fonctions, qu'il s'était au préalable mis d'accord avec le chef de l'Etat sur certaines conditions. Il a ainsi clairement fait savoir qu'il n'accepterait pas de référendum sur la question de la construction de la quatrième centrale nucléaire et qu'il ne changerait pas d'idée sur la réunification de Taïwan avec la Chine continentale.

 Quant à la direction du NP, elle s'est empressée, de réaffirmer son engagement, dans la perspective des élections législatives de fin d'année, en faveur d'une alliance opposée au gouvernement, formée du Kuomintang et du Parti Pour le Peuple de M. James Soong.