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Evénements du " 2-2-8 ", la vérité et le souvenir

PD: 03/11/01

Toute l'île a commémoré le 28 février le 54e anniversaire d'événements douloureux désormais entrés dans l'histoire officielle sous le nom de " 2-2-8 ". Ce jour-là, des cérémonies ont été organisées dans la plupart des grandes villes taïwanaises, en même temps qu'était inaugurée à la Bibliothèque nationale la plus grande exposition de documents consacrés aux massacres qui eurent lieu à Taïwan, il y a un peu plus d'un demi-siècle.

 En 1947, l'armée nationaliste de Tchang Kaï-chek, qui venait de retrouver le contrôle de l'île après que celle-ci eut connu cinquante ans d'occupation japonaise, noyait dans un bain de sang des mouvements civils de protestation. Longtemps caché par le régime, le bilan établi aujourd'hui par les historiens se chiffre à environ 30 000 victimes, exécutées sur place ou enlevées chez elles et jamais revues.

 Ces terribles événements ont contribué pendant longtemps à entretenir une profonde méfiance, souvent une hostilité de la part des Taïwanais de souche à l'égard du régime nationaliste du Kuomintang auquel obéissaient les soldats responsables de l'oppression.

Une grande partie de l'élite insulaire, qui avait reçu une éducation japonaise, a été spécialement visée lors de la répression. A la suite de ces événements, les familles des victimes ont longtemps été contraintes au silence, de peur de faire à nouveau l'objet de persécutions.

Issu du Parti démocrate-progressiste, une formation née de l'opposition au Kuomintang, M. Chen Shui-bian, dont la famille est établie depuis longtemps dans le sud de l'île, avait promis, après son élection à la tête de l'Etat l'année dernière, de faire toute la lumière sur les événements du " 2-2-8 ".

 Créé en mai l'année dernière à l'initiative du chef de l'Etat, un service spécial de documentation a permis de réunir environ 57 000 documents officiels auprès d'une cinquantaine d'administrations dans l'ensemble de l'île. Les textes recueillis au cours des derniers mois ont été réunis dans le cadre d'une exposition que M. Chen Shui-bian a inaugurée le 28 février. Près de 120 dossiers jusqu'alors tenus secrets ont été présentés au public à cette occasion.

Le même jour, des cérémonies du souvenir se sont déroulées à travers toute l'île. A Taïpei, le chef de l'Etat, le Premier ministre et le maire de la capitale se sont retrouvés devant le mémorial dédié aux victimes du massacre.

 " Nous acceptons les excuses des oppresseurs et leur pardonnons, mais nous voulons d'abord savoir exactement qui ils étaient ", a déclaré l'un des représentants des parents de victimes durant les commémorations. " Seulement lorsque toute la lumière aura été faite sur ces événements, pourrons-nous oublier notre tristesse et notre ressentiment. "

 Le président Chen Shui-bian a promis d'ouvrir toutes les archives pour que les événements puissent être enfin relatés correctement dans les manuels scolaires. Il a également réitéré les excuses solennelles du gouvernement, des excuses déjà données aux familles des victimes par M. Lee Teng-hui quand il était à la tête de l'Etat.

 



 
 

Le cyberquotidien Tomorrow Times disparaît, de nouveaux concurrents apparaissent

PD: 03/11/01

Considéré comme le seul journal en langue chinoise uniquement diffusé en ligne, le Tomorrow Times (www.ttimes.com.tw) avait été fondé en fanfare il y a un an. Sa direction a annoncé fin février, à quelques jours du premier anniversaire de la publication, qu'elle renonçait finalement à mener l'expérience plus loin.

 M. Jan Hung-tze, le président du groupe PC Home Publishing, qui était l'un des principaux partenaires dans l'aventure, a invoqué, pour expliquer cet échec, de profonds changements intervenus dans l'industrie Internet. " Ma plus grande erreur a été de former un jugement erroné en termes de perspectives de croissance ", s'est-il lamenté, admettant avoir sous-estimé le niveau des investissements nécessaires pour faire fonctionner un journal de ce calibre.

 Tomorrow Times avait été lancé conjointement par PC Home et le magazine The Journalist le 15 février 2000 grâce à un capital d'environ 200 millions de TWD. En moins de douze mois, le journal en ligne a accumulé des pertes de près de 300 millions de TWD. De l'avis des spécialistes, le principal problème a été la maigreur des revenus publicitaires de ce quotidien qui, pour le reste, était très similaire à ses concurrents de la presse papier.

La moitié du personnel de Tomorrow Times sera probablement réembauchée par un groupe concurrent, jusqu'alors implanté à Hongkong mais qui envisage de se développer rapidement dans l'île. Next Media Ltd., qui publie le quotidien en langue chinoise Apple Daily et le magazine Next dans l'ancienne colonie britannique, est actuellement en négociation avec 150 employés afin de les intégrer à une ou plusieurs nouvelles publications qui pourraient paraître d'ici peu.

 M. Jimmy Lai, le flamboyant patron de Next Media, dont les journaux critiquent souvent Pékin -- ce qui lui vaut de ne pas y être beaucoup apprécié --, a construit son empire sur le succès des magasins de vêtements Giordano, une chaîne qu'il a lancée dans les années 80.



 
 

Les " femmes de réconfort " ont le courage de parler

PD: 03/11/01

En décembre 1991, accusant publiquement le gouvernement japonais, une Coréenne de 68 ans, Kim Hak Soon, a affirmé avoir servi d'esclave sexuelle aux soldats de l'armée impériale durant la Seconde Guerre mondiale.

 Deux mois après cette déclaration, trois documents militaires -- des télégrammes datant du début des années 40 -- sont parvenus à la députée à la Chambre des Représentants japonais, Mme Hideko Itoh, qui en a aussitôt communiqué le contenu au public. Ils révélaient entre autres que 70 Taïwanaises avaient été envoyées contre leur gré par l'armée impériale au Sarawak, aujourd'hui en Malaisie orientale.

 La Fondation de Secours aux Femmes de Taïpei (TWRF) a porté toute son attention sur cette affaire, recueillant le plus possible d'informations et lançant des enquêtes dans l'île et ailleurs, pendant que le ministère des Affaires étrangères mettait sur pied une cellule de travail afin de faciliter les démarches. La TWRF a pu retrouver dans l'île une quarantaine de victimes encore vivantes de ces exactions.

 La fondation a ainsi dressé un premier bilan: de 1938 à 1945, au moins 1 200 Taïwanaises, qui avaient alors entre 14 et 30 ans, ont été enlevées par des services annexes de l'armée nippone pour servir de " femmes de réconfort " aux troupes japonaises dispersées sur les différents théâtres de guerre. Certaines ont été envoyées à Hainan, une île au sud de la Chine, les autres en Indonésie, aux Philippines, aux Ryu-kyu, en Birmanie et à Singapour, rejoignant des jeunes femmes venues d'autres contrées occupées par le Japon.

 Là où il n'y avait de place que pour l'horreur et le désespoir, elles restaient en moyenne deux ou trois ans, avant d'être renvoyées chez elles. A leur retour, honteuses, elles n'ont jamais osé parler de leur passé. Celles qui sont devenues stériles ou ont souffert de terribles séquelles ont refusé de fonder un foyer, les autres ont connu le plus souvent un mariage difficile et instable.

 Pour faire reconnaître les préjudices que ces femmes avaient subis, diverses organisations civiques prirent la défense de leurs intérêts. Grâce à cette action, le gouvernement de la République de Chine a offert en juillet 1995 aux anciennes esclaves sexuelles taïwanaises une allocation mensuelle, qui a été indexée en 1997, en même temps que leur était accordée l'assistance médicale et psychothérapique gratuite.

 Alors en guerre, le Japon avait systématiquement créé dans les territoires occupés ou colonisés par son armée des " stations de réconfort " où, d'après les documents rassemblés, près de deux cent mille jeunes asiatiques furent amenées de force pour satisfaire les besoins sexuels des soldats nippons.

 Après la Seconde Guerre mondiale, l'armée impériale nippone n'a guère rendu de compte de ses exactions envers ces femmes. Les pays et territoires d'Asie orientale, moins développés, ont été après le départ des troupes japonaises plus préoccupés par la reconstruction nationale ou la lutte pour leur indépendance que par des procédures complexes pour obtenir réparation des graves préjudices subis par leur population.

 La seule exception a été le procès intenté par trente-cinq Néerlandaises, qui avaient servi comme " femmes de réconfort " en Indonésie. Douze officiers de l'armée japonaise comparurent devant le tribunal de Batavia [auj. Jakarta]. L'un fut condamné à mort et les autres à des peines d'emprisonnement.

 Ces dix dernières années, les anciennes esclaves sexuelles de Corée, des Philippines, d'Indonésie, de Taïwan, de Chine continentale et de Malaisie ont brisé leur silence d'un demi-siècle pour réclamer justice et réparation.

 La Conférence mondiale des Nations unies tenue en 1995 à Pékin a retenu comme crimes de guerre les violences contre les femmes, telles que le viol et l'esclavage sexuel, exercées en temps de guerre ou de conflits armés. Deux rapports soumis à la Commission des Droits de l'Homme (CDH) des Nations unies, ont souligné en 1996 et en 1998 la nécessité de mettre un terme à l'impunité pour les crimes de guerre perpétrés par le Japon et recommandé que Tokyo, sa responsabilité étant engagée, concède à réparer officiellement ses torts.

 Niant toute responsabilité légale, le gouvernement japonais a cependant créé en 1995 une fondation privée, Asian Peace and Friendship Foundation for Women, chargée de distribuer des compensations aux anciennes esclaves sexuelles de l'armée impériale, rejetant l'année suivante la recommandation que la CDH lui avait adressée. En 1997, la fondation nippone a offert à chacune de ces femmes un dédommagement de 17 000 USD que la majorité d'entre elles a refusé. Cette vive réaction a probablement déjoué la tentative des autorités japonaises de s'en tirer par une simple compensation financière, tandis qu'à Taïwan, les pouvoirs publics octroyaient cette même somme à chaque ancienne esclave sexuelle insulaire.

 L'an dernier, devant le Tribunal de district à Washington, un procès, mettant en cause le gouvernement japonais, a été intenté par d'anciennes victimes coréennes vivant aujourd'hui en Amérique, bientôt rejointes par d'autres toujours domiciliées en Asie. Sans prendre aucune sanction contre les auteurs de ces crimes, la cour a néanmoins reconnu que les plaignantes avaient bel et bien été déportées et sexuellement asservies par l'armée japonaise durant la Seconde Guerre mondiale.

 Refutant toujours la culpabilité des forces impériales dans cette affaire, les dirigeants japonais ont répété à maintes occasions que tous les problèmes concernant les réparations aux dommages causés pendant la guerre avaient légalement été réglés par la paix de San Francisco en 1952 et les autres traités signés ensuite.

Plusieurs victimes des exactions de l'armée impériale ont saisi la justice japonaise, mais dans les neuf procès intentés, elles ont toutes été déboutées de leur demande, les tribunaux faisant valoir la prescription légale des crimes invoqués.

 Dans le but de pousser le Japon à reconnaître ses responsabilités dans sa vaste entreprise d'esclavage sexuel, de mettre fin à l'impunité des autorités nippones et de prévenir la répétition de ce genre d'exactions contre les femmes en temps de guerre, une réplique de procès, organisée à l'initiative d'une association civique japonaise, La Violence apportée par la guerre contre les femmes, et appuyée par d'autres groupes féministes asiatiques, s'est tenue du 8 au 12 décembre 2000 à Tokyo.

 Là, comme dans un vrai procès, les plaignantes, venant de Corée, Taïwan, Chine continentale, des Philippines, d'Indonésie et des Pays-Bas, ont déposé leur témoignage et, bien que le gouvernement japonais n'y ait pris aucune part, des personnes invitées par les organisateurs ont présenté les arguments de la défense.

 Finalement, ce tribunal fictif a prononcé la culpabilité de l'empereur Hirohito [décédé en 1989] et de plusieurs responsables de haut rang pour crimes contre l'humanité pendant la guerre, ajoutant que les victimes avaient le droit légitime de réclamer au gouvernement japonais une réparation pour les sévices qu'elles avaient subis. En outre, il a été recommandé à l'Etat japonais d'adresser des excuses publiques aux victimes et de leur offrir des compensations. Cette manifestation a permis de publier tous les documents qui ont servi aux débats et surtout de rendre quelque dignité à ces femmes.

 Les victimes ayant eu le courage de regarder leur passé, c'est maintenant au tour des autorités japonaises de se pencher sur le leur.

 



 
 

Il faut que justice soit rendue

PD: 03/11/01

La récente publication de l'album de bandes dessinées On Taiwan, du Japonais Yoshinori Kobayashi, a soulevé dans l'île les protestations de nombreuses associations insulaires, qui se sont indignées de voir les faits historiques qui y sont relatés complètement déformés. L'auteur prête à ses personnages des paroles affirmant que les Taïwanaises ayant servi d'esclaves sexuelles aux troupes japonaises pendant la Seconde Guerre mondiale auraient volontairement rallié les bases militaires nippones sur le front, des propos que Kobayashi a recueillis de deux personnalités insulaires, MM. Tsai Kuan-tsan, président de Wei-chuan Electronic Corp., et Shi Wen-lung, président de Chi Mei Electronic Corp. et concurremment conseiller du président de la République.

 Réagissant vivement à ces allégations, la Fondation de Secours aux Femmes de Taïpei (TWRF), au nom des victimes des exactions de l'armée nippone, a aussitôt réclamé les excuses publiques des deux notabilités insulaires pour leurs propos. D'autres ont exigé du chef de l'Etat qu'il se sépare de son conseiller qui, selon eux, avait bafoué l'honneur de ces femmes.

 Des Japonais, qui militent pour la reconnaissance par leur pays des crimes commis durant la Seconde Guerre mondiale, se sont joints à une conférence de presse organisée par Me Wang Ching-feng, une célèbre avocate de l'île, durant laquelle ont été vivement dénoncés les théories négationnistes que l'album On Taiwan tend à entretenir.

 Quelques jours plus tard, la vice-présidente de la République, Mme Annette Lu, a réclamé du gouvernement japonais qu'il rende justice aux esclaves, tout en priant ses concitoyens de ne pas se prêter à la polémique soulevée par la parution de l'ouvrage japonais. Si elle a admis que les propos prêtés à M. Shi Wen-lung étaient tout à fait " inopportuns ", Mme Lu a toutefois indiqué que cet incident n'avait pas lieu d'être l'instrument d'un jeu politique.

 



 
 

En bref...

 PD: 03/11/01
Le porte-parole du gouvernement interviewé par les correspondants de Xinhua

M. Su Tzen-ping, directeur général de l'Office d'Information du Gouvernement, et porte-parole du gouvernement, a accordé le 28 février une interview exclusive aux deux correspondants de l'Agence Xinhua (Chine nouvelle) nouvellement en poste à Taïpei, Mme Fan Liqing et M. Chen Binhua. Il a exprimé son espoir de voir les échanges de presse entre les deux rives du détroit de Taïwan se développer à condition que reprenne le dialogue interchinois mettant un terme à l'impasse dans laquelle se trouvent les relations avec la Chine continentale. Il a souligné que, malgré la situation toujours tendue, Taïpei avait ouvert ses portes aux médias continentaux puisque, depuis novembre dernier, ceux-ci peuvent dépêcher des journalistes, photographes et cameramen dans l'île pour un séjour d'un mois. C'est dans ce cadre que les deux correspondants de Xinhua séjournent à Taïpei.

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Un prix culturel taïwanais est décerné à un sinologue français

Au cours d'une cérémonie tenue le 27 février dans les salons de l'Institut de France, à Paris, Mme Tchen Yu-chiou, présidente de la Commission d'Etat des Affaires Culturelles (CCA), a remis un prix à M. André Lévy, professeur de sinologie, en reconnaissance de sa contribution au rapprochement culturel entre les deux pays. M. Lévy, expert en chinois, hindi et sanskrit, a traduit en français plus de vingt oeuvres littéraires chinoises, telles que La Pérégrination vers l'Ouest et Jin Ping Mei, deux grands romans écrits dans la langue parlée il y a 400 ans, ou encore Liaozhai Zhiyi et Le Pavillon des Pivoines, rédigés en langue classique. Depuis quelques années, la CCA s'efforce d'encourager la recherche académique ou la promotion des échanges culturels franco- taïwanais.

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Des chefs-d'oeuvre du Louvre bientôt à Taïpei: les civilisations de la Mésopotamie

Le Musée national de l'Histoire, à Taipei, ouvrira ses salles du 24 mars au 15 juillet à une grande exposition consacrée à une division du Louvre intitulée Entre le Tigre et l'Euphrate, la Mésopotamie et organisée par les deux musées avec le concours d'ERA Communications, d'Uni-President Dream Parks Co. et du United Daily News, grand quotidien en langue chinoise de Taïpei. Les pièces qui seront exposées ici auront pour la première fois quitté la France, une exception, a confié un haut responsable du Louvre, qui permettra pendant le temps où ces objets sont à l'étranger une rénovation des salles à Paris. Répartie en 7 sections, l'exposition présentera une rétrospective des civilisations qui se sont succédées entre les deux fleuves du Moyen-Orient, depuis l'apparition des premiers villages en passant par les grands empires babylonien, assyrien et perse jusqu'aux conquêtes d'Alexandre le Grand.

 



 
 

Les pouvoirs publics s'alarment de la montée du taux de suicide

PD: 03/11/01

Tandis qu'une certaine morosité semble envahir l'île, la vice- présidente de la République, Mme Annette Lu, s'est alarmée le 25 février de la montée soudaine du taux de suicide parmi la population.

On a en effet assisté ces derniers temps à une multiplication des cas de suicide dans l'île, de plus en plus de personnes étant confrontées ici à de graves difficultés causées par des revers professionnels, financiers ou autres (maladie chronique, perte de proches, divorce).

 Cherchant à redonner courage à tous et espérant que l'assistance d'organismes publics ou de divers groupes privés d'entraide sociale serait vite déployée pour aider et soutenir ceux qui sont dans la détresse, elle a confié qu'elle aussi, notamment lorsqu'elle avait dû affronter un cancer il y a une quinzaine d'années, avait été tentée d'abréger sa vie mais qu'elle avait su trouver la force de surmonter les épreuves.

 Le Premier ministre, M. Chang Chun-hsiung, également préoccupé de la montée de ce phénomène, qui n'a pas échappé à l'attention des médias, a promis d'accélérer la mise en place de plusieurs mesures. Il a notamment veillé à la création début mars d'une agence de prévention du suicide placée sous la tutelle de l'Office de la Santé publique destinée à coordonner l'action des différents services de secours et de conseil et capable de fournir, en outre, une assistance en matière d'emploi à ceux qui en auraient besoin.

 Le ralentissement économique au niveau national contribue à accroître les pressions qui s'exercent notamment sur les personnes en situation précaire. Les dévastations causées par le tremblement de terre de 1999, dont beaucoup dans les zones sinistrées ont eu du mal à se remettre, sont également à incriminer. Certaines personnes n'ont toujours pas réussi à surmonter la perte de leur famille, de leurs biens ou de leur emploi à la suite de la catastrophe.

 Enfin, une autre frange de la population, celle des lycéens et des étudiants, paraît elle aussi particulièrement vulnérable. Les conclusions récentes d'une étude privée ont montré que 0,7% des 1 050 jeunes gens interrogés pour l'occasion avaient avoué avoir contemplé l'idée d'un suicide à un moment ou à un autre. Si l'on devait accorder crédit à ces résultats, cela signifierait, en considérant l'ensemble de la population étudiante de l'île, que 18 000 jeunes ont pensé à mettre fin à leurs jours au cours des douze derniers mois. Cette constatation a de quoi inquiéter.