La recherche d'une plus grande flexibilité et efficacité a motivé la mise sur pied d'un vaste projet de réforme administrative et de restructuration du gouvernement dont les principaux volets ont été annoncés fin février au terme d'une conférence nationale de deux jours consacrée au sujet.
En clôture des débats qui se sont déroulés les 25 et 26 février, le Premier ministre a présenté un plan ambitieux destiné à relever le profil de l'administration à la tête de laquelle il a été placé depuis le début du mois d'octobre et dont le bilan, jusqu'alors, a plus souvent fait l'objet d'attaques que de louanges.
Le président de la République, M. Chen Shui-bian, intervenant en ouverture de la conférence, n'a pas caché ses doutes concernant l'efficacité de l'action du gouvernement dont il a publiquement critiqué, pour la première fois, le manque de dynamisme.
Il a notamment cité une série de ratés qui l'ont gêné, a-t-il confié, le dernier d'entre eux concernant la journée du 28 février annoncée au dernier moment comme fériée, alors qu'elle avait été retirée en fin d'année dernière du calendrier officiel des fêtes.
Le président Chen a particulièrement reproché au gouvernement son retard et les maladresses commises lorsque, récemment, une marée noire a pollué le littoral de l'extrême pointe sud de l'île, ses critiques visant principalement le directeur général de l'Office de la Protection de l'Environnement.
Insatisfait lui aussi de ce bilan, le Premier ministre a déclaré qu'il ne tenterait pas d'échapper à ses responsabilités et espère que la réforme administrative qu'il envisage permettra de remédier à ces défaillances, améliorant à l'avenir l'action du gouvernement.
M. Chang Chun-hsiung propose une restructuration qui abaissera à 25 le nombre des ministères, commission d'Etat et offices dépendant directement du Cabinet, contre près de 40 actuellement. Le rôle, par exemple, de l'Office d'Information du Gouvernement sera complètement réexaminé, tandis qu'un ministère de la Culture pourrait voir le jour et que la Commission d'Etat du Travail sera probablement élevée au rang de ministère.
De plus amples détails sur l'étendue des changements prévus seront communiqués dans les semaines à venir.
La formation de l'Union européenne (UE) au cours de ces cinquante dernières années constitue une excellente expérience qui pourrait servir de guide à Taïpei et à Pékin pour résoudre la question de souveraineté qui sépare actuellement les deux capitales, a déclaré le 26 février M. Tien Hung-mao, le ministre des Affaires étrangères, devant un parterre d'hommes d'affaires représentant les grandes sociétés européennes implantées à Taiwan.
L'intégration avec la Chine continentale doit néanmoins se fonder sur la paix et l'égalité des deux partenaires, a-t-il poursuivi, ajoutant qu'elle pourrait, avant de prendre toute sa dimension politique, commencer par une interaction économique, comme l'a suggéré le président de la République, M. Chen Shui-bian, lors de son allocution de Nouvel An.
L'Union européenne est devenue un centre d'intérêt privilégié de la diplomatie de Taïpei. Le fait que le vice-ministre des Affaires étrangères, M. David Lee, ait été récemment envoyé à Bruxelles, la capitale de l'exécutif européen, pour y coordonner les efforts de son ministère, suffit à confirmer cette nouvelle orientation.
D'autant plus qu'après l'accession prochaine de Taïwan à l'Organisation mondiale du commerce, les échanges de l'île avec le Vieux Continent ne manqueront pas de s'intensifier. M. Tien Hung- mao espère d'ailleurs que le poids croissant occupé par l'UE sur la scène internationale lui permettra d'intervenir positivement sur le cours des relations entre les deux rives du détroit de Taïwan.