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Les scientifiques insulaires s'imposent dans un projet international

PD: 03/01/01

L'antimatière existe-t-elle vraiment dans l'univers? C'est à cette question que le programme spatial international de recherches sur le spectromètre alphamagnétique (AMS), auquel les chercheurs de la République de Chine apportent une contribution directe, devrait pouvoir répondre d'ici quelques années.

 Lors d'un séminaire concernant la participation de Taïwan aux expériences réalisées dans le cadre de ce programme, M. Samuel Ting, prix Nobel de Physique 1976 et membre de l'Academia Sinica, a notamment indiqué que la République de Chine était responsable de la fabrication de tout l'équipement électronique du projet AMS.

 Du matériel électronique taïwanais emporté dans l'espace en 1998 avait parfaitement réussi les très sévères tests en vol, et ses performances, jugées meilleures que celles des équipements de la National Aeronautics and Space Administration (NASA), avaient impressionné les Américains et les Européens.

 " Cela prouve que la NASA avait de fausses idées sur les capacités de l'île, qui peut être fière de cette réalisation ", a déclaré M. Ting, qui enseigne à l'Institut de Technologie du Massachussetts (MIT) aux Etats-Unis.

 A Taïwan, les recherches et les travaux concernant ce matériel ont été confiés à l'Academia Sinica, l'Université nationale centrale, à Chungli, et l'Institut Chungshan de Science et Technologie.

 En juin 1998, la navette spatiale Discovery, emportant notamment un aimant permanent et divers autres équipements produits par Taïwan, a été mise sur orbite, à 400 kilomètres au-dessus de la Terre pour une durée de dix jours afin de réaliser la première expérience du projet AMS, a rappelé le professeur Ting, soulignant le rôle majeur joué par les scientifiques taïwanais dans la rédaction de trois des cinq travaux de recherches concernant les importantes découvertes effectuées lors de cette mission.

 Il a particulièrement loué MM. Lee Shih-chang, chercheur à l'Institut des Sciences physiques de l'Academia Sinica, et Chang Yuan-hann, professeur de Physique à l'Université nationale centrale, dont les travaux ont largement contribué à la conception et aux essais du dispositif de guidage rubans à silicium inclus dans l'aimant supraconducteur placé dans le spectomètre.

 Le professeur Ting a expliqué qu'une seconde expérience du programme AMS, d'une durée de trois à cinq ans, concernant la physique des particules, serait menée à bord de la Station spatiale internationale (ISS) qui entrera en opération en octobre 2003.

 Parrainée par l'Office des Science et Applications de la Vie et de la Microgravité, sous tutelle du Département de l'Energie américain et de la NASA, l'ISS, conçue par les scientifiques et chercheurs de seize pays, dont les Etats-Unis, la Russie, le Japon, plusieurs pays européens et la République de Chine, sera, avec ses six laboratoires, la plus grande station jamais construite dans l'espace.

 Grâce à cette nouvelle expérience, les scientifiques espèrent pouvoir mesurer dans l'espace des particules chargées, ce qui leur permettrait de repérer des traces de matière noire -- la masse invisible supposée composer 90% du vide cosmique. M. Ting a indiqué que, si un noyau d'" antihélium " était décelé à cette occasion, on aurait alors la preuve de l'existence de l'antimatière.

Les recherches à long terme à bord de l'ISS seront menées dans les conditions de l'apesanteur et feront appel à des connaissances diverses dans les domaines de la biologie, de la physique, de la chimie, de la médecine et de l'écologie.



 
 

Nouvelles perspectives de développement dans le domaine scientifique et technologique

PD: 03/01/01

Accentuer l'élan économique de l'île en le basant sur le savoir est une question à laquelle les participants à la Sixième Conférence nationale sur la Science et la Technologie, ont récemment tenté de répondre à Taïpei, en formulant un ensemble de propositions.

 Tous les quatre ans, la Commission d'Etat des Sciences organise un grand symposium réunissant des représentants des cercles politiques, économiques, industriels et universitaires de l'île, dont les conclusions servent de références de base aux pouvoirs publics, dans l'élaboration de la politique scientifique et technologique. Cette année, cinq grandes directions ont été retenues.

 D'une manière générale, s'attachant à ce que le gouvernement fasse du développement de la science et de la technologie dans l'île une de ses priorités dans la décennie qui s'annonce, le symposium a d'abord proposé un effort financier de l'Etat au moins égal à 3% du produit intérieur brut (PIB), tandis que la croissance des crédits alloués à cet objectif devrait augmenter chaque année de plus de 12%, le but étant de renforcer la compétitivité industrielle, le niveau de vie, la croissance économique et l'indépendance dans le domaine des technologies de défense. Dans le même temps, les experts espèrent que la production des industries faisant appel au savoir comptera pour 60% du PIB et que le secteur privé consacrera des fonds à la recherche et au développement jusqu'à hauteur de 70% de l'ensemble des dépenses nationales dans ce domaine.

 Pour accroître les connaissances et maintenir le haut niveau d'enseignement dans l'île, il sera nécessaire d'intensifier la coopération technologique avec l'étranger, de créer ici des centres scientifiques spécialisés, tandis que la recherche interdisciplinaire sera poursuivie avec vigueur.

 Dans le domaine des technologies nouvelles permettant l'élévation du niveau industriel de l'île, l'accent sera mis sur la biotechnologie, la biomédecine, les sciences des matériaux, les technologies de l'énergie, l'environnement et l'informatique, les télécommunications, les systèmes microélectromécaniques et les instruments de précision. Des subventions de l'Etat devront être accordées aux industries utilisatrices de connaissances, tandis que les transferts de technologie seront encouragés par le biais d'unités de recherche et de développement installées à l'étranger par des entreprises insulaires. Dans le même temps, les industries d'avenir seront incitées à s'implanter dans les parcs industriels et scientifiques de l'île. Par ailleurs, le symposium a suggéré qu'un organisme d'Etat soit prochainement créé pour prendre en charge les industries de défense. Cette nouvelle institution veillera, dans la mesure du possible, à confier au secteur privé l'exploitation des usines d'armement de l'Etat.

 Pour allier le développement de l'économie et celui du bien-être social, on veillera également à l'éthique dans l'application de la biotechnologie, à la protection de l'environnement, au retraitement des déchets industriels et autres, à un meilleur traitement de l'eau dans son approvisionnement, à la réduction des émissions de gaz, à un contrôle plus strict des aliments génétiquement modifiés, à l'application des technologies génétiques aux besoins médicaux et agricoles, à une plus grande intégration des ressources publiques et privées dans les transports.

 Enfin, abordant la formation du personnel scientifique et technologique, le symposium a recommandé de cultiver les talents locaux, ainsi que d'assurer un recrutement plus souple des responsables au sein des institutions nationales et d'améliorer les conditions de travail dans l'île, afin d'attirer ici les professionnels de l'étranger et d'inciter le public à s'intéresser davantage aux nouvelles technologies.

 



 
 

Le jeune virtuose continental Li Yundi en concert avec l'orchestre de Budapest

PD: 03/01/01

Dans le cadre d'échanges culturels internationaux, le jeune pianiste continental, Li Yundi, a été invité dans l'île par Ars Formosa Company et le groupe de presse China Times. En compagnie de l'Orchestre symphonique de Budapest, sous la baguette de Tamas Vasary, il a interprété le Concerto nø1 de Chopin au cours de deux concerts retransmis par la télévision locale. Le premier a été donné le 15 février à l'Auditorium national, à Taïpei, et le second le 17 février au Centre culturel du hsien de Taichung, à Fengyuan,

 Accompagnant son illustre élève dans cette tournée insulaire, Dan Zhaoyi, qui a mené d'autres virtuoses continentaux à la conquête de titres et d'honneurs dans divers concours internationaux, a tenu le 18 février une classe de piano au centre culturel de Fengyuan.

 Le virtuose Li Yundi, originaire de Chongqing, en Chine continentale, a remporté en octobre 2000 en Pologne le grand prix au Concours Frédéric Chopin de Varsovie, une épreuve ouverte aux talents étrangers et qui a lieu tous les cinq ans depuis sa création en 1927. Agé de 18 ans, il est probablement le plus jeune lauréat de ce prix.

Se présentant à cette difficile épreuve de renommée mondiale, le jeune Chinois a d'abord cru devoir revenir la fois suivante, d'autant plus qu'aucun prix n'avait été décerné les deux fois précédentes, en 1990 et 1995. Mais, au fur et à mesure de ses répétitions, il a vite repris courage. Finalement, sa sublime interprétation de la partie pianistique du Concerto pour piano en mi mineur de Chopin a emporté l'adhésion des 23 membres du jury.

 Depuis sa victoire en Pologne, Li Yundi a été sollicité un peu partout dans le monde pour donner des concerts. Cependant, il a exprimé une préférence: approfondir sa formation qu'il juge incomplète. Il a donc le projet de poursuivre ses études musicales en Europe, alors que l'Ecole des Arts, de Shenzhen, en Chine continentale, où le jeune virtuose a étudié, l'a déjà invité à venir y enseigner.

 



 
 

Le jury du festival de Berlin récompense le cinéma chinois

PD: 03/01/01

Au 51e Festival international du Film de Berlin, deux films chinois, l'un de Taïwan, Betelnut Beauty, du réalisateur Lin Cheng-sheng, et l'autre de Chine continentale, Beijing Bicycle, de Wang Xiaoshuai, ont été récompensés. Le premier a remporté le Prix de la Meilleure Réalisation, le second le Prix du Jury.

Ces deux films font partie d'une série Contes de trois cités produite par Peggy Chiao et Hsu Hsiao-ming, laquelle comprend six films réalisés à Taïwan, à Hongkong et en Chine continentale par des cinéastes locaux et présentant une image nouvelle de chacune des sociétés chinoises en transition vivant sous un régime politique et social différent.

 A ce palmarès, s'est ajoutée l'attribution ex-aequo du Prix du Meilleur Jeune Espoir à l'interprète principale de Betelnut Beauty, la chanteuse Li Sinje, qui faisait ses débuts au grand écran, et aux deux premiers rôles de Beijing Bicycle, Cui Lin et Li Bin.

 Lin Cheng-sheng a eu connaissance de son prix en rentrant à Taïpei, ayant dû quitter Berlin plus tôt pour des raisons professionnelles. Se réjouissant de la nouvelle, il a dédié cette récompense à l'ensemble de l'équipe de tournage.

 Dans Betelnut Beauty, Lin Cheng-sheng a dressé un portrait réaliste de jeunes insulaires qui nourrissent de grandes illusions mais sont frappés par la rude réalité de la vie moderne. Son film conte l'histoire d'une " belle du bétel ", Fei-fei (Li Sinje), une jeune fille qui vend sur le bord de la route des noix d'arec. Rencontrant un jeune homme, Feng (joué par Chang Chen), qui vient d'accomplir son service militaire, elle rêve avec lui de grands projets. Lui s'allie à des truands mais se fait tuer. Elle, ignorant le drame, devient chanteuse dans un cabaret où elle acquiert quelque renom. Cherchant à renouer avec Feng, elle tente en vain de contacter son compagnon disparu.

 Le Festival du Film de Berlin a déjà recompensé le cinéma chinois, notamment les réalisateurs Zhang Yimou en 1988 et Ang Lee en 1993 pour leurs oeuvres respectives Le sorgho rouge et La noce, attirant ainsi l'attention internationale sur le septième art asiatique.

 



 
 

Les fabricants de tabac visés par des ONG locales

PD: 03/01/01

Encouragées par les procès intentés dans le monde contre les fabricants de cigarettes, plusieurs associations locales ont demandé le 20 février aux autorités des hsien et municipalités de l'île de saisir à leur tour la justice américaine, exigeant le versement d'importants dédommagements.

L'idée derrière cette démarche qui vise cinq grands producteurs américains est, avant tout, de sensibiliser l'opinion publique aux dangers de la cigarette. Si des compensations étaient effectivement versées, elles seraient utilisées pour couvrir l'augmentation des dépenses médicales dues aux maladies des fumeurs ou pour lancer, dans toute l'île, de vastes campagnes contre le tabac.

 A l'origine de l'opération, on trouve une quinzaine d'organisations non gouvernementales (ONG) implantées localement qui oeuvrent dans le domaine de la médecine, de la défense des droits des consommateurs ou de ceux de la femme.

Les membres de ces associations sollicitent actuellement le soutien des députés à l'Assemblée municipale de Taïpei, exerçant sur eux d'intenses pressions. Si la manoeuvre aboutissait, les députés d'autres assemblées de l'île, au niveau des hsien ou des municipalités, pourraient imiter leurs collègues de la capitale, suscitant un mouvement national.

 Cette action, qui est préparée depuis près de deux ans, a été lancée au travers des administrations locales en raison du statut particulier de Taïwan sur la scène internationale. La même démarche effectuée par la biais du gouvernement central aurait certainement donné lieu à une regrettable politisation, expliquent ses initiateurs.

 Les demandes de dédommagements -- à hauteur de 2,6 milliards d'USD -- seront déposées au nom de la municipalité de Taïpei, espèrent les ONG, et avant le 31 mai, date de la Journée internationale antitabac.

 La Fondation John Tung, qui s'illustre depuis longtemps dans la lutte contre la cigarette et a pris la tête de cette nouvelle campagne, estime que l'île compte environ 6 millions de fumeurs.

Les militants antitabac ont dénoncé cinq compagnies américaines, lesquelles fabriqueraient 45% des cigarettes vendues dans l'île. Les représentants dans l'île des firmes visées -- RJ Reynolds Tobacco, Brown & Williamson Tobacco, Lorillard Tobacco, Liggett Group et Philip Morris --, qui ont adopté un profil bas, remarquent tout de même qu'aucune poursuite n'a été intentée contre l'organisme public en charge ici du monopole du tabac.

 L'avis largement répandu est, pour l'instant, que les ONG, et la municipalité de Taïpei si elle devait s'associer à leur action, ont peu de chances d'obtenir satisfaction. Une initiative similaire menée il y a peu dans un pays voisin, la Thaïlande, a été annulée par les tribunaux américains pour vice de forme.