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Réhabilitation des " conjurés " de 1955

PD: 01/21/01

Le Yuan de Contrôle, le gardien supręme des institutions, a prononcé la réhabilitation du général Sun Li-jen (1898-1990) (voir photo), l'ancien commandant en chef des forces armées, ainsi que celle de ses proches collaborateurs, avec lesquels il avait été condamné il y a 45 ans ŕ la peine capitale pour sédition.

 L'enquęte, ordonnée depuis trois ans par le Yuan de Contrôle, n'ayant pu retenir aucune preuve formelle contre les " conjurés " de 1955, leur innocence est donc publiquement réaffirmée.

 L'affaire avait éclaté en mai 1955 aprčs l'arrestation du major Kuo Ting- liang, bras droit du général Sun Li-jen, inculpé d'espionnage pour le compte des communistes chinois. Sur la foi des " aveux " du major, arrachés au moyen de la torture, le général Sun Li-jen fut écroué en aoűt suivant, accusé de fomenter un complot contre l'Etat. Plus de 300 personnes furent impliquées dans cette affaire qu'une commission martiale présidée par le général Chen Cheng, alors vice-président de la République, a jugée impitoyablement.

Une trentaine d'entre elles furent condamnées ŕ mort ou ŕ l'emprisonnement. La peine capitale du général Sun Li-jen fut commuée par Tchang Kaď-chek en prison ŕ vie. Le major Kuo Ting-liang, qui a été relâché en 1975, est mort en 1991 dans un accident.

 Aprčs la levée de la loi martiale en 1987 suivie de la mort de Chiang Ching- kuo, le Yuan de Contrôle a réexaminé le dossier pour conclure ŕ l'innocence de Sun Li-jen. Il fut donc libéré le 20 mars 1988 avant de décéder deux ans plus tard ŕ Taichung.

 Certains assurent que le général Sun Li-jen, qui avait étudié aux Etats-Unis, aurait été sollicité par les Américains, cherchant ŕ récupérer quelque influence au sein de l'armée nationaliste ŕ Taďwan.

 Confirmant son verdict rendu il y a douze ans, le Yuan de Contrôle a dénoncé cette fois-ci le communiqué du gouvernement qui avait reconnu le général Sun Li-jen coupable de sédition.

 



 
 

Pleine d'heureux présages, l'année du Serpent apporte mille espoirs

PD: 01/21/01

Aprčs le départ du Dragon, c'est le Serpent qui arrive cette année le 24 janvier. En effet, la tradition veut que les animaux du zodiaque chinois -- dans l'ordre, le Rat, le Boeuf, le Tigre, le Lapin, le Dragon, le Serpent, le Cheval, la Chčvre, le Singe, le Coq, le Chien et le Cochon --se succčdent d'année en année, formant ensemble un cycle qui se renouvelle tous les douze ans depuis des sičcles en Chine. Ainsi, les natifs d'une année sont placés sous le signe déterminant d'un animal, dont les attributs sont parfaitement définis par l'horoscope chinois.

 Contrairement aux préjugés occidentaux, scellés par l'histoire merveilleuse du serpent perfide qui a séduit Eve, cet animal n'est pas considéré en Orient comme une créature vile et détestable. Sa nature furtive et son comportement astucieux en font un ętre qu'on admire. Le voyant se déplacer sans patte sur le sol, les Anciens lui ont attribué des pouvoirs surnaturels.

A l'image de l'animal, on croit que les natifs du Serpent, intelligents, épris de sagesse et de compassion, attirés par la beauté physique, sont pourvus d'un esprit de combat et d'une grande tenacité. Selon la tradition, ils s'accorderont plus facilement avec les natifs du Coq pleins d'entrain et ceux du Boeuf plus doux et travailleurs; en revanche, ils éprouveront des difficultés ŕ s'entendre avec les natifs du Cochon et du Tigre en raison de leur profonde divergence de caractčres, indiquent les astrologues chinois.

 Dčs la plus haute antiquité, on trouve en Chine le culte du serpent, qui a ultérieurement donné naissance ŕ celui du dragon. On a découvert de nombreux objets cultuels qui attestent ce fait. Curieusement, ces pičces qui ont un corps de serpent et un visage humain datent de la dynastie Shang (fin XVIe - fin XIe s. av. J.-C.). Plus rares en Chine du Nord dans les périodes suivantes, ces formes sont réapparues notamment sous les dynasties Han (206 av. J.-C. - 220 ap. J.-C.) et Tang (618-907).

 Selon la mythologie chinoise, la déesse-mčre Nüwa, qui a créé les ętres humains aprčs avoir remis en ordre le Ciel secoué par de nombreux tumultes, est représentée sous cette forme ophidienne. Elle est la soeur cadette de Fuxi, le premier souverain légendaire de Chine, qui enseigna les huit trigrammes, ainsi que l'agriculture, la pęche et l'élevage. Au cours des âges, les artistes ont souvent dépeint Nüwa, ainsi que son frčre, sous les traits d'un serpent. Dans l'île, dix temples lui sont consacrés, dont le plus grand se trouve sans doute dans un village du hsien d'Ilan, ŕ l'est de Taďpei.

 Certains serpents qui possčdent un terrible venin ont inspiré aux Anciens de nombreux contes et légendes. Déjŕ trčs populaires en Inde, les numéros de cirque plus ou moins audacieux avec de redoutables serpents vénimeux se sont aussi répandus en Chine il y a deux mille ans, tandis que s'établissaient des relations marchandes et culturelles ŕ travers la Route de la Soie.

Ainsi, les charmeurs de serpents ont été tôt chantés par les počtes, comme Zhang Heng sous les Han. La tradition littéraire se poursuivant, c'est l'esprit sublime du serpent qui est célébré, notamment par les lettrés Zhang Lei et Huang Xidan sous les Song (960-1279). Cependant, il convient de noter aussi que d'autres, tel Yuan Zhen, počte sous les Tang, ont préféré décrire les aspects négatifs du reptile.

 La peinture traditionnelle n'a pas non plus oublié de le représenter. Aujourd'hui encore, les célčbres peintres Au Ho-nien et Yang Shan-sheng l'ont choisi comme thčme dans des séries de lavis ŕ l'encre. Ku Chung-kuang l'a également mis ŕ l'honneur dans quelques gravures.

 Dans l'Antiquité chinoise, au royaume de Chu, situé au sud du Yangzi Jiang, le serpent a été l'objet d'un culte assez répandu, dans lequel il est identifié au dieu de l'Eau. On implorait ses bienfaits pour de meilleures récoltes de riz. Un culte qui s'est perpétué, męme si les identifications ont évolué au fil du temps. Par exemple, dans l'île, le serpent non vénimeux est encore parfois adoré comme la fille du dieu de la Terre.

 Dans la littérature chinoise, le conte merveilleux La Légende du Serpent blanc relate l'histoire d'une jeune femme et de sa servante, métamorphoses d'un serpent blanc et d'un serpent vert, toutes deux douées de pouvoirs surnaturels glorifiant l'amour et la compassion.

 Un autre conte mythologique raconte que, se répentant d'avoir ôté la vie ŕ tant d'animaux, un boucher s'était éventré. Divinisé, son estomac se tranforma en vile tortue et ses entrailles en cruel serpent. Cependant, le nouveau dieu anéantit les deux faiseurs de torts afin qu'ils ne nuisent plus ŕ leur entourage.

 Cette derničre fable montre le sentiment plus mitigé ŕ l'égard du reptile d'oů émanent deux natures contraires, douce et féroce. Les expressions littéraires traduisent la crainte qu'il inspire. En cela, il est souvent opposé au dragon, auguste et noble, pour lequel les Chinois éprouvent un sentiment favorable.

L'adage Tęte de tigre, queue de serpent décrit une entreprise démesurée qui a échoué en raison de négligences graves. L'expression Ajouter des pattes ŕ un serpent, tirée des Classiques, signifie qu'on perd son temps ŕ d'inutiles enjolivements. Battre l'herbe et effrayer le serpent, s'emploie couramment pour indiquer qu'une personne trahit son jeu et alerte son adversaire, ou encore Prendre les ombres courbes d'une tasse pour celle d'un serpent dénote le fait d'avoir des soupçons injustifiés. Les Chinois remarquent volontiers qu'une calligraphie bâclée ressemble ŕ un serpent entortillé, alors qu'on pręte ŕ un style imposant l'allure noble du dragon.

 Dans l'histoire, parmi les plus sages et vertueux monarques de l'Empire céleste, l'empereur Li Shimin (597-649), ou Taizong, qui a régné de 626 ŕ sa mort et a assis sur le trône la dynastie Tang, était natif du Serpent. A l'époque moderne, l'écrivain Lu Xun (1881-1936), aussi un " Serpent ", était renommé pour son scepticisme. Il a notamment souligné dans son oeuvre les changements sociaux rapides qui ont bouleversé son pays.

 En Occident oů le signe zodiacal chinois est méconnu, notons quelques personnages d'importance nés sous le signe du Serpent, comme Johann Wolfgang von Goethe (1749-1832), Franz Schubert (1797-1828), Abraham Lincoln (1809-1865), Charles Darwin (1809-1882), Alfred Nobel (1833- 1896), le mahatma Gandhi (1869-1948), le président John Kennedy (1917- 1963).

En France, sont également nés sous ce signe le roi Louis-Philippe Ier (1773- 1850), Adolphe Thiers (1797-1877), Charles Baudelaire (1821-1867), Gustave Flaubert (1821-1880), Paul Doumer (1857-1932), Georges Leygues (1857-1933) et le pčre Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955).

 Dans l'art culinaire, diverses recettes accommodent le serpent, une chair fine et hautement nutritive, que les gourmets apprécient. Attraction touristique de l'île, les petits restaurants de la rue de Huahsi, ŕ Taďpei, sont célčbres pour leur " soupe de serpent ". En médecine chinoise, plusieurs parties de son corps servent ŕ la constitution de remčdes efficaces. Spécialité insulaire, son sang mélangé ŕ une liqueur locale est un breuvage réputé pour conserver sa virilité.

 Située en zone subtropicale, l'île possčde six espčces de serpents vénimeux particuličrement dangereux, le bungare formosan, le cobra chinois ordinaire, le cent-pas (la personne mordue n'a plus que cent pas ŕ faire), le serpent- tortue (muni de longues écailles), la vipčre des bambous et le serpent chaîné (dont la robe ressemble ŕ une chaîne).

 Mais quand le serpent mythique arrivera le 24 janvier, il recevra sűrement un bon accueil au sein des communautés chinoises du monde entier.

 



 
 

Honneur au jazz chinois des années 30 et 40

PD: 01/21/01

Des musiciens de jazz continentaux ont fait revivre avec nostalgie ŕ Taďwan l'ambiance des années folles du Shanghai d'avant-guerre avec son brassage des affaires et de l'argent, l'excitement d'une nouvelle musique sous les cieux chinois, les femmes dangereuses et l'intrigue politique. Le centre de cette intense activité se situait ŕ l'Hôtel de la Paix sur le Bund.

 Aujourd'hui, cet établissement, restauré et qui compte parmi les plus importants de la cité, a recomposé une formation de jazz, dans laquelle jouent plusieurs anciens de l'orchestre des années 30 et 40.

 Invités par la Fondation Lien Jade Peace pour la Promotion de l'Education et de la Culture, les six musiciens septuagénaires qui composent cet ensemble ont donné fin décembre-début janvier une série de concerts dans l'île, jouant des airs classiques de jazz, comme Summertime ou encore Moonlight Serenade.

 " La plupart d'entre nous étaient des amateurs de jazz ", indique M. Zhou Wanrong, qui dirige ŕ 83 ans le petit orchestre de l'Hôtel de la Paix de Shanghai. Joueur de trompette et ancien membre de l'orchestre symphonique de cette męme ville, il raconte ses souvenirs d'autrefois, lorsqu'il jouait avec d'autres membres de l'orchestre actuel dans les clubs de la grande ville, comme le Paramount, notant que c'est pendant la Seconde Guerre mondiale, parallčlement ŕ la conquęte militaire japonaise du Sud-Est asiatique, que les interprčtes de jazz locaux ont pu se faire connaître auprčs du public occidental. Du temps de l'occupation nippone, la musique régnait au-dessus des feux de la guerre, poursuit-il, alors que, durant la Révolution culturelle (1966-1976), tous les établissements de musique et de danse ont été fermés et interdits.

 A Shanghai, seul l'Hôtel de la Paix peut se vanter d'avoir reçu dans ses salons ŕ la fois des chefs d'Etat, des princes de familles régnantes, des magnats de grandes industries et les chefs de gangs locaux et internationaux.



 
 

Les percussionnistes insulaires battent le rythme

PD: 01/21/01

Nombreux sont les ensembles ŕ percussion ŕ Taďwan, amateurs ou professionnels. Parmi ceux-ci on peut citer le U-Theater, Taipei Percussion ou encore Forum Music Ensemble. Mais le premier ŕ avoir été fondé, et aussi le plus connu et le plus populaire, est, sans nul doute, Ju Percussion Group (JPG). Créé en janvier 1986, il vient de célébrer ses quinze années d'existence au début du mois en offrant deux concerts de prčs de trois heures ŕ l'Auditorium national de Taďpei.

 JPG tire son nom en partie de celui de son fondateur, Ju Tzong-ching. Les difficultés ont été nombreuses au départ, les soutiens financiers et l'expérience faisant défaut. Mais heureusement, l'enthousiasme et l'optimisme de Ju Tzong-ching ont prévalu. Son but initial n'était pas si ambitieux, tout simplement modeste et réaliste. Il souhaitait rendre plus populaires les percussions auprčs des Taďwanais. Pour ce faire, il a entrepris des tournées non seulement dans les grandes villes de l'île, mais aussi dans de petits villages. C'était donc il y a quinze ans, et depuis lors beaucoup de chemin a été parcouru.

 Aprčs avoir été diplômé de l'Académie nationale des Arts de Taďwan, Ju Tzong-ching s'en est allé poursuivre ses études de percussion en Europe, ŕ l'Académie de Musique de Vienne. En Autriche, il a eu pour professeurs Walter Veigl et Richard Hochrainer, auparavant premier percussionniste du Philharmonique de Vienne. Son diplôme en poche en 1982, il rentre ŕ Taďwan et intčgre l'Orchestre symphonique de Taďwan. Aujourd'hui, en plus de ses fonctions de directeur artistique de JPG, il est également le directeur du département de musique de l'Institut national des Arts.

 Le groupe est constitué de 9 percussionnistes professionnels ayant étudié la musique ŕ Taďwan, aux Etats-Unis ou encore en France, d'un compositeur en résidence, Hung Chien-hui, et d'une dizaine d'autres musiciens qui collaborent de façon réguličre. Les instruments sont d'origine asiatique et occidentale, anciens ou contemporains.

 Depuis sa création, le groupe a passé plus de 70 commandes ŕ des compositeurs taďwanais. Mais le répertoire est en réalité trčs éclectique, allant de Mozart ŕ Chick Corea, de Bizet ŕ John Cage, de Dvorak ŕ Yoshihisa TairaÉ De la musique latino-américaine également, et des programmes spécialement destinés aux enfants, ce qui explique la diversité et l'ampleur de son public. Parallčlement ŕ ses concerts, JPG a aussi collaboré avec la célčbre compagnie de danse contemporaine le Théâtre de la Porte des Nuages et le Lanling Theater Workshop avec lesquels il a effectué des tournées ŕ Taďwan et ŕ l'étranger. Le groupe a de plus initié en 1992 une série d'expérimentations dans le domaine du théâtre musical qui s'est traduite par deux importantes productions multimédias en 1993 et 1994. L'objectif était d'offrir une nouvelle approche ŕ la fois visuelle et auditive de la percussion, en l'associant ŕ d'autres disciplines artistiques de la scčne.

 Depuis 1986, l'ensemble a effectué vingt-huit tournées dans 14 pays d'Asie et d'Europe, et ŕ plusieurs reprises aux Etats-Unis, soit plus d'un millier de concerts! C'est ŕ partir de 1989 que JPG a commencé ŕ devenir trčs populaire. Les présentations publiques devenant de plus en plus nombreuses, la Fondation JPG a alors été créée pour gérer toute la partie administrative, organiser les tournées ŕ Taďwan et ŕ l'étranger, promouvoir l'enseignement de la musique ŕ percussion ou encore établir des liens entre compositeurs et musiciens locaux et étrangers. A la tęte de cette structure constituée d'un comité directeur de 11 membres, M. Bao You-yu, qui fut notamment président de l'Institut national des Arts, dans l'île. La fondation est divisée en six départements qui se répartissent les tâches, programmation, marketing, comptabilitéÉ " Elle emploie aujourd'hui 20 personnes ŕ temps plein ", précise M. Liu Shu-kang, son directeur administratif. Plus de personnel dans les bureaux que de musiciens sur la scčne pourrait-on s'étonner! Mais non, ça n'est finalement pas si surprenant, car Ju Tzong-ching ne s'est pas arręté ŕ la création de son groupe de percussion. On l'a dit, son ambition au départ était de populariser les percussions ŕ Taďwan, et, au fil des ans, il en a effectivement pris les moyens.

 Il a créé en 1992 l'Académie Ju Percussion puis organisé en 1993 la premičre Convention internationale des Percussions de Taďpei (TIPC), fondé en janvier 1994 le Centre des Percussions traditionnelles chinoises, lancé au début de 1999 le Jumping Percussion Group et publié le premier numéro du mensuel Arts Circle, dédié non seulement ŕ la musique ŕ percussion mais aussi ŕ d'autres disciplines artistiques. Enfin l'an passé, il a établi un troisičme ensemble, le Ju Junior Percussion Group.

 L'Académie Ju Percussion se consacre ŕ l'enseignement des percussions. Vingt-sept centres sont répartis sur l'ensemble de l'île, dont douze pour la seule ville de Taďpei.

 Une centaine de professeurs ŕ temps plein dispensent leur enseignement ŕ quelque 13 000 enfants de 4 ŕ 12 ans! Ju Tzong-ching n'a pas trop de souci ŕ se faire, la relčve devrait ętre assurée. Des cours pour adolescents et adultes sont également assurés.

 La premičre Convention internationale des Percussions de Taďpei en 1993 aura demandé deux années de préparation. Un échange intense de 6 jours avec des groupes étrangers ŕ qui il était demandé d'inclure dans leur programme une oeuvre d'un compositeur taďwanais.

Le succčs de cette premičre manifestation a permis de la renouveler en 1996 et 1999. Prenant ŕ chaque fois plus d'ampleur, elle est devenue aujourd'hui un rendez-vous incontournable des plus importants ensembles de percussions de la scčne internationale. Au cours de ses trois premičres éditions, elle a ainsi accueilli des formations d'Allemagne, d'Australie, du Canada, de Corée du Sud, des Etats-Unis, de France, de Hongrie, du Japon, des Pays-Bas et de Sučde.

 Le Centre des Percussions traditionnelles chinoises, quant ŕ lui, était un vieux ręve de Ju Tzong-ching. " Bien que les percussions aient connu un véritable regain d'intéręt auprčs du public ces derničres années, les musiques ŕ percussion purement traditionnelles ont été quelque peu oubliées au fil des générations, tant ŕ Taďwan qu'en Chine continentale ", souligne-t-il. D'oů la nécessité de créer un tel centre pour permettre de regrouper musiciens, compositeurs, ethnomusicologues et professeurs de musique ŕ la fois taďwanais et continentaux, afin de collecter, classer et préserver un maximum d'informations sur la percussion traditionnelle chinoise.

 Le Jumping Percussion Group composé de musiciens âgés de 18 ŕ 22 ans a donné au cours de ses deux premičres années d'existence prčs d'une cinquantaine de concerts. Un peu plus d'un an aprčs sa création, le Ju Junior Percussion Group a quant ŕ lui fait ses débuts sur scčne le 15 octobre dernier au mémorial Sun Yat-sen de Taďpei.

Il ne comptait ce soir-lŕ pas moins de 238 jeunes percussionnistes, âgés de 12 ŕ 18 ans, représentant 19 groupes issus des académies de Taďpei, Kaohsiung et Taichung. L'ambition de Ju Tzong-ching dans les trois années ŕ venir est de pouvoir rassembler une cinquantaine de groupes pour quelque 750 jeunes percussionnistes, et organiser ensuite tous les ans un gigantesque concert.

 La quatričme édition de la Convention internationale des Percussions de Taďpei aura lieu du 16 au 23 mai 2002. Deux ensembles étrangers seulement ont participé successivement aux trois premičres éditions, les Percussions de Strasbourg pour la France, et l'Ensemble des Percussions Okada pour le Japon.

 C'est probablement avec les Percussions de Strasbourg que JPG entretient les plus étroites relations ŕ l'étranger. Au début du mois, il a accueilli durant cinq jours Jean-Paul Bernard, directeur artistique de l'ensemble strasbourgeois, et François-Bernard Mache, compositeur. Ces derniers étaient également accompagnés de Benoît Thiebergien, directeur du Festival des 38es Rugissants de Grenoble, oů doit se produire JPG en 2002. Deux projets sont en cours de préparation entre Taďwan et l'Alsace: une quatričme participation des Percussions de Strasbourg ŕ la convention de Taďpei en 2002, et celle de JPG au 40e anniversaire des Percussions de Strasbourg, dans un an précisément. De passage ŕ Taďpei fin octobre dernier, M. Olivier Poivre d'Arvor, directeur de l'Association Française d'Action Artistique (AFAA), en a profité pour rencontrer Ju Tzong-ching et quelques musiciens du groupe, qui lui ont interprété quatre morceaux de leur répertoire. Il a été fort impressionné par leur vitalité et leur professionnalisme. Il semblerait acquis que l'AFAA apporte son soutien au projet 2002 ŕ Strasbourg, en collaboration avec le Conseil national des Affaires culturelles de Taďwan.

 Mme Liu Pei-chen, directrice de la programmation de JPG, précise que le groupe n'envisage pas de tournée européenne cette année, mais qu'il se présentera ŕ Hongkong, Macao, aux Etats-Unis et peut-ętre au Japon. " J'aime ręver ", dit Ju Tzong-ching.

En trouve-t-il seulement le temps? En mars prochain, il publiera son premier livre. Il y retrace le chemin parcouru ces quinze derničres années, et les actions que lui et son groupe ont menées en faveur des percussions au cours de cette męme période.

 Bernard Pronost

 



 
 

Un avis partagé ŕ propos de la Chine continentale

PD: 01/21/01

Les mini-liaisons faciliteront certainement les déplacements entre les deux rives, mais permettront-elles de rapprocher les populations et, en particulier, de surmonter les différences sociales et culturelles? Selon une étude d'opinion réalisée par United Daily News, un grand quotidien de Taďpei, les Taďwanais ont une pauvre impression de la Chine continentale, se forgeant une image encore plus mauvaise des autorités sur l'autre rive du détroit de Taďwan.

 Le sondage s'est intéressé ŕ l'idée que les gens se font ici de la Chine continentale en leur demandant de la décrire en choisissant entre des adjectifs au caractčre parfois extręme. Les termes de " corrompu " opposé ŕ " honnęte " ont été proposés, ou encore celui de " riche " contre " pauvre ".

Les Taďwanais n'hésitent pas ŕ qualifier les autorités continentales de " corrompues ", " cruelles ", " belliqueuses " et " indifférentes " ŕ l'opinion de leurs administrés.

Appartenant ŕ la nation chinoise, la Chine continentale est cependant perçue comme une terre de culture par 73% des personnes qui ont été interrogées.

 Entre " pauvre " ou " riche ", lorsqu'il s'agit de qualifier le niveau de développement en Chine continentale, la différence d'opinions est en outre de moins en moins marquée (44% contre 38%).

Néanmoins, męme si l'on note de réelles évolutions, l'impression d'ensemble sur la Chine continentale reste négative. Seulement 2% déclarent avoir une impression " trčs positive " et 37% affichent une impression assez positive. Cela ne suffit pas pour contre-balancer le poids des 10% qui affirment avoir une opinion " trčs négative " et des 36% qui confient une impression " plutôt négative ".

 Parmi ceux qui n'ont pas visité la Chine continentale, la mauvaise impression se renforce, puisque 47% se disent " négatifs ", tandis que du côté de ceux qui y sont allés, le jugement paraît partagé, pratiquement ŕ moitié-moitié.

 


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