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Promouvoir l'" esprit d'alliance " ou un éventuel Cabinet de coalition

PD: 01/11/01

Le Premier ministre, M. Chang Chun-hsiung, a évoqué récemment la possibilité de former un gouvernement de coalition comme un bon remède aux tensions politiques issues de la rivalité entre le pouvoir exécutif, contrôlé par le Parti démocrate-progressiste (PDP), et le Yuan législatif, dominé par le Kuomintang (KMT), l'ancienne formation dirigeante.

 A l'occasion d'une conférence de presse qu'il a donnée le 29 décembre, M. Chang Chun-hsiung a parlé de réconciliation avec l'opposition, mais aussi pour la première fois en public, de l'" esprit d'alliance " qu'il aimerait voir se déployer dans les rapports entre les différentes forces politiques taïwanaises.

 Questionné sur ce qu'il entendait plus précisément par " esprit d'alliance ", M. Chang Chun-hsiung a répondu que la formation d'un gouvernement de coalition pouvait en être une des manifestations éventuelles, mais qu'elle n'était pas la seule et que, de toute façon, il reviendrait en dernier lieu au président de la République, M. Chen Shui-bian, d'en décider.

Car la situation ne s'y prête pas encore, a tempéré le Premier ministre. Il n'est pas certain, a-t-il en effet continué, qu'un Cabinet de coalition dirigé par un Premier ministre KMT puisse résoudre les problèmes nés de l'absence au Yuan législatif d'une majorité en faveur du chef de l'Etat.

En fait, a-t-il spécifié, la condition essentielle de la réussite, dans le cas où une coalition verrait le jour, serait la confiance que les forces politiques concernées sauraient placer les unes dans les autres. " En l'absence de confiance mutuelle, même si nous arrivons à mettre sur pied une coalition, nous ne parviendrons pas à résoudre nos problèmes. "

 Désireux de mettre un terme aux tensions suscitées par l'alternance politique au sommet de l'Etat l'année dernière, M. Chang Chun-hsiung a insisté sur la nécessité de parvenir à une forme de coopération entre l'exécutif et le législatif, quelle qu'elle soit, afin de trouver un moyen, dans le cadre constitutionnel, de résoudre les différends qui empoisonnent la vie politique locale et gênent le fonctionnement des institutions.

 Confirmant s'être entretenu avec le chef de l'Etat à ce propos, M. Chang Chun-hsiung n'a néanmoins pas dit si M. Chen Shui-bian avait accepté de faire de nouvelles concessions, refusant d'ailleurs de donner de plus amples détails sur la teneur de leurs conversations.

 



 
 

M. Chen Shui-bian voit l'avenir avec confiance

PD: 01/11/01

La situation économique et les relations avec la Chine continentale ont été au coeur du discours présidentiel de Nouvel An. Transmettant ses voeux à ses compatriotes, le chef de l'Etat, M. Chen Shui-bian, a évoqué les difficultés du passé pour mieux faire ressortir les succès actuels, souhaitant en inscrire la continuité dans le siècle prochain.

 La diligence, la persévérance dont ont fait preuve les Taïwanais, au cours de ce siècle, ont contribué largement au développement de l'île, s'est-il félicité, même si la conjoncture n'a pas été, et ne sera pas, toujours propice.

Les progrès accomplis, tant sur le plan économique que politique, sont pourtant réels, affirme M. Chen Shui-bian, qui prend en exemple l'alternance réussie au sommet de l'Etat qui a consacré en mai dernier son arrivée à la présidence de la République.

 Jugeant que l'avenir pourrait être une suite de crises et de défis à relever, il s'est montré confiant, incitant ses compatriotes à poursuivre leurs efforts de mobilisation afin de " saisir les nouvelles opportunités ", mais aussi de mieux se préparer à la nouvelle donne économique mondiale.

 Plus que la politique intérieure, l'avenir économique de l'île semblait le préoccuper avant tout. Cette nouvelle année est en effet charnière à plus d'un titre: elle s'est ouverte sur le rétablissement des liaisons directes avec la Chine continentale et, en outre, verra bientôt l'accession de Taïwan à l'Organisation mondiale du Commerce, un événement aux répercussions profondes.

 Des secteurs entiers de l'économie se retrouveront ainsi exposés aux coups de la concurrence internationale, a estimé M. Chen Shui-bian qui laisse entendre que la seule vraie bataille qu'il faudra alors gagner, afin d'assurer la survie des industries insulaires, sera celle de la compétitivité.

Le gouvernement, a-t-il continué, tient également une part de responsabilité, puisque la stabilité politique est indispensable aux progrès économiques. Le président de la République a donc renouvelé ses offres de réconciliation en direction de l'opposition, espérant qu'un consensus pourrait être trouvé.

 Enfin, le dernier volet abordé mais auquel il a consacré une plus grande place était, bien sûr, celui des relations avec l'autre rive du détroit de Taïwan.

Le vrai problème n'est pas pour M. Chen Shui-bian celui de la définition qu'il faut apporter à l'idée d'" une Chine ", mais plutôt celui de la confiance, du respect et de la réciprocité qui demeurent nécessaires pour surmonter les différences. Il a donc une nouvelle fois appelé les dirigeants continentaux à renoncer à l'usage de la force à l'encontre de l'île.

 Tout ce qui peut contribuer au rapprochement entre les deux rives, que ce soit sur le plan économique ou culturel, servira à rétablir la confiance. Celle- ci pourrait fournir un cadre solide à une paix durable, souhaite le chef de l'Etat, facilitant à terme une éventuelle " intégration politique ", pour le bénéfice des populations de part et d'autre du détroit de Taïwan.

 



 
 

Taïpei s'engage dans une politique tournée vers les droits de l'homme

PD: 01/11/01

Invité à la Conférence internationale sur les Droits de l'Homme, tenue au début du mois à Taïpei, le président de la République, M. Chen Shui-bian, a réitéré le 2 janvier sa volonté de mettre à exécution sa promesse de promouvoir et de protéger les droits de l'homme dans l'île, rappelant que la création d'une Commission des Droits de l'Homme demeurait toujours une de ses priorités politiques, telles qu'il les avaient énoncées peu après son élection à la magistrature suprême en mars 2000.

 Il s'est aussi engagé à faire ratifier ici la Déclaration universelle des Droits de l'Homme, à l'incorporer dans la législation nationale et, en même temps, à élaborer une coopération plus active entre son pays et les organisations internationales.

 Soutenant l'action nationale envers les droits de l'homme, tels qu'ils ont été définis en 1993 lors de la Conférence mondiale de Vienne, le chef de l'Etat a rappelé la nécessité pour la République de Chine de participer aux activités internationales malgré son isolement diplomatique. " Il ne faut pas oublier que Taïwan fait partie intégrante de la communauté internationale. Si notre expérience dans [ce] domaine est encore limitée, nous avons cependant des obligations fondamentales en tant que membre du " village global " des droits de l'homme ", a-t-il déclaré.

 Lors de ce colloque, organisé par l'Université de Soochow, à Taïpei, et d'autres associations privées, d'éminents défenseurs des droits de l'homme, venus d'Australie, des Etats-Unis, de Hongkong, d'Inde, du Japon, du Nigéria, de Suède et de Taïwan, ont échangé idées et expériences développées dans le monde.

 M. Tien Hung-mao, le ministre des Affaires étrangères, y a quant à lui réfuté les allégations proférées dans l'île critiquant les efforts de la diplomatie de Taïpei fondés sur les droits de l'homme et déployés dans l'esprit des idées lancées par le président Chen Shui-bian en mai dernier.

 Considérant de mauvais aloi ces arguments, le ministre a jugé opportun de les dissiper, indiquant entre autres que le gouvernement ne manquait jamais de considérer les " droits universels " dans ses rapports avec les autres pays. Il a ajouté qu'en fait, leurs valeurs étaient naturellement intégrées à la diplomatie nationale depuis plus de vingt ans déjà.

 Tenant compte du fait que beaucoup de ses alliés ont grandement amélioré leur situation sur le plan des droits de l'homme, Taïpei pourrait apprendre davantage des expériences des 29 Etats, avec lesquels elle entretient des liens formels, dans la promotion de ces droits.

 M. Tien Hung-mao a assuré que la République de Chine pouvait se féliciter de sa coopération avec des Etats qui mettent en exergue les droits de l'homme, tandis qu'elle poursuivait ses efforts pour nouer des liens avec de nombreuses organisations non gouvernementales internationales.