[Retour à la Table des Matières] [Retour à la Page 1]
Parallèlement aux initiatives de l'Institut français et de l'Alliance française en faveur de la promotion de la langue et de la culture françaises à Taïwan, le Canada s'est donné pour objectif à l'automne 1999 de mieux faire connaître son côté francophone, et notamment de développer localement le profil du Québec. Cette action qui concerne les échanges académiques et artistiques est menée par le service culturel du Bureau commercial du Canada à Taïpei (BCCT), dirigé par M. David Mulroney.
Les relations académiques internationales à Taïwan sont conduites presque entièrement en anglais. Les étudiants taïwanais se bousculent vers les universités anglophones outre-mer pour y poursuivre leurs études. L'anglais suivi du japonais sont de loin les deux langues qui dominent le cercle de l'apprentissage des langues étrangères. Néanmoins, le nombre d'étudiants intéressés par des langues autres que l'anglais et le japonais, et particulièrement le français, ne fait que grandir depuis quelques années. D'excellents professeurs de langue et littérature françaises enseignent dans les universités taïwanaises. Le BCCT a donc décidé de sonder le marché pour tenter de découvrir s'il y avait des possibilités de partager le territoire de l'enseignement des études françaises à Taïwan. Le but est d'élargir la portée des études canadiennes et l'image du Canada auprès des Taïwanais, tout en envisageant le recrutement possible d'étudiants. Mais déjà chaque année, une dizaine de professeurs d'universités bénéficient d'une bourse, la bourse Mackay, destinée à les encourager à aller approfondir leur connaissance du Canada, et à développer les études canadiennes dans le cadre du curriculum universitaire taïwanais.
Depuis la fin 1999, M. Dominique Simard, agent aux affaires culturelles à la section des Relations générales du BCCT, a initié une série de conférences sur le Québec et le Canada français contemporain dans des classes de langue et de culture françaises des universités de la région de Taïpei et d'autres grandes villes. L'un des objectifs était de modifier certains stéréotypes des Taïwanais vis-à- vis du Canada, qui l'imaginent trop souvent comme un pays simplement vaste et vide. M. Simard s'est donc efforcé de présenter le Canada en tant que société dynamique, compétitive, high-tech et multiculturelle. Il s'est également attaché à offrir une vision positive nuancée d'un Québec vibrant. La grande majorité des étudiants des classes visitées a montré un haut degré d'enthousiasme, et a soulevé des questions très concrètes, notamment sur la poursuite des études au Québec ou sur des sujets de recherche touchant au Canada français.
Le BCCT a rattaché ce programme de sensibilisation dans les universités au Festival du Film du Cheval d'Or de Taïpei, offrant des places gratuites aux professeurs et aux étudiants pour voir des oeuvres québécoises. Il est à noter par ailleurs, que le département de français de l'Université nationale centrale de Chungli a reçu une subvention, par l'intermédiaire du BCCT, pour créer une archive du cinéma québécois, et qu'un projet de concours de courts métrages en français est à l'étude, en collaboration avec l'Université catholique Fujen de Taïpei.
Une " semaine québécoise " est aussi en préparation, en collaboration avec des professeurs de l'Université Tamkang. Expositions et conférences sont prévues au programme, de même que des soirées cinéma et musicales. Le Centre canadien de l'Education et la Commission canadienne du Tourisme à Taiwan participeront également à cette semaine d'activités.
Dans le domaine du cinéma, de gros efforts de promotion ont été réalisés. " Au cours de ces dernières années, le BCCT a développé d'étroites relations avec les organisateurs de différents festivals, afin de s'assurer d'une participation régulière du Canada, précise M. Mark McDowell, directeur de la section des Relations générales. La présentation régulière d'un contenu québécois a permis d'exposer le fait que le Canada n'est pas uniquement un pays anglophone. " L'édition 1999 du prestigieux Festival du Film du Cheval d'Or a permis de présenter quatre films québécois dans la section spéciale consacrée au cinéma canadien, films qui ont connu un véritable succès populaire. Cinq des six membres de la délégation canadienne venaient de Montréal.
La quatrième édition du Festival du film court Surprise à Taïchung en avril dernier a accueilli trois cinéastes canadiens, le plus célèbre d'entre eux étant André Leduc, de Montréal, connu pour son travail dans le monde de l'animation. Les cinéastes québécoises Michkaa Saal et Louise Archambault étaient quant à elles invitées à participer à la septième édition du festival du film féminin Women Make Waves, qui s'est déroulé en mai dernier à Taïpei, Taïnan et Kaohsiung.
En 1997, le BCCT a souhaité initier des échanges culturels entre Québec et Taïnan, considérant que ces deux villes ont bien des points en commun et beaucoup à partager, que ce soit dans les domaines historique, géographique, démographique, linguistique et académique. Poursuivant cet objectif, un premier événement majeur a pu se concrétiser le mois dernier, sous la forme d'un échange d'art visuel contemporain. Neuf artistes québécois, scindés en deux groupes, ont séjourné pendant deux semaines à Taïnan. Le premier, composé de quatre artistes issus de l'association Le Lieu à Québec, a collaboré étroitement avec des professeurs et étudiants de l'Ecole nationale des Beaux-arts de Taïnan. Le second, dirigé par Pierre Martin, un québécois résidant à Taïpei, a travaillé avec l'association locale 21st Century Urban Development Association sur la ville de Taïnan, son histoire, son urbanisme, ses gens. Les artistes québécois, aux côtés d'artistes taïwanais, ont créé des oeuvres mêlant l'histoire de Taïnan et celle du Québec. Plusieurs disciplines ont été abordées par les deux groupes: peinture, sculpture, architecture, installations photographiques, spectacles. Une sélection de vidéos contemporaines réalisées par des artistes québécois a également été présentée, ainsi que des conférences sur l'art réseau et l'alternative. En ce début d'année, des oeuvres photographiques seront successivement présentées dans trois autres villes du sud de l'île, Taïchung, Kaohsiung et Chiayi.
Les organisateurs de cette première manifestation se sont montrés satisfaits et encouragés. Ils ébauchent déjà de nouveaux projets d'échanges avec les étudiants et les professeurs de l'Ecole nationale des Beaux-arts de Taïnan. Dès le mois prochain, des étudiants du département d'animation devraient participer à un festival artistique international sur le thème de la neige, à Québec. Parallèlement aux échanges artistiques, le BCCT entend poursuivre et intensifier son action de promotion du Québec et de la langue française auprès des universités taïwanaises.