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Le gouvernement adopte un plan pour relancer l'emploi

PD: 01/01/01

Le gouvernement envisage de consacrer 65,5 milliards de TWD à la création d'environ 270 000 nouveaux emplois dans le but de freiner la hausse régulière de la courbe du chômage dans l'île.

 De la somme qui a été réservée, la plus grande partie, 61,4 milliards de TWD, sera injectée dans des grands projets de construction publique qui permettront de créer directement environ 45 000 emplois. Près de deux autres milliards seront alloués à la formation professionnelle et aux reconversions afin d'aider plus de 106 000 demandeurs d'emploi à trouver une nouvelle chance de réinsertion professionnelle.

 Avec les retombées de ces deux mesures, ainsi que les diverses incitations qui seront proposées aux employeurs, ce sont plus de 120 000 autres emplois que l'on espère voir apparaître.

 Si ce plan gouvernemental a pour objectif d'agir à court terme sur le marché de l'emploi, le Premier ministre, M. Chang Chun-hsiung, a déjà demandé aux administrations concernées de lui présenter un autre projet, d'ici un mois, s'intéressant cette fois-ci au problème du chômage sur une plus longue durée.

 Car l'accession prévue l'année prochaine de Taïwan à l'Organisation mondiale du Commerce ne manquera pas d'avoir de profondes conséquences, en terme d'emploi surtout, notamment dans les secteurs aujourd'hui protégés ou en difficulté face à la concurrence internationale. On s'attend ainsi déjà à des coupes sombres dans les emplois du secteur agricole.

 Le taux de chômage en octobre, qui était de 3,19%, a atteint un seuil inégalé depuis 14 mois, alors que de nombreuses usines ont fermé ce mois-là. Par comparaison, le taux de chômage en 1996 s'était élevé à 2,6% de la population active, avant de passer à 2,7% en 1997 et en 1998. La communauté aborigène est davantage touchée par le fléau et bénéficie à ce titre de l'assistance de programmes particuliers.

 



 
 

Un an avant, les protagonistes se préparent aux prochaines élections

PD: 01/01/01

A un an des élections municipales et législatives, les états-majors des grandes forces politiques insulaires se retrouvent évidemment confrontés au casse-tête des investitures et à celui de l'élaboration des meilleures stratégies dans la perspective du scrutin de décembre 2001.

 Du côté du Parti démocrate-progressiste (PDP), la direction de la formation a choisi de boucler au plus vite les procédures d'enregistrement des candidatures afin de se donner une plus large marge de manoeuvre en cas de conflits internes. Les dépôts de candidatures pour les municipales ont pris fin le 17 décembre, et pour les législatives, le délai ultime est fixé au 19 janvier.

 A la surprise générale, l'actuel maire de Keelung, M. Lee Chin-yung, a choisi de ne pas se représenter. Les dommages subis par sa ville lors du passage du typhon Xangsane, début novembre, sont principalement évoqués pour expliquer son retrait.

 D'ores et déjà, les nominations pour la mairie de Hsinchu ou pour les postes de chef de hsien à Taichung et à Pingtung, où les magistrats sortants devaient se représenter sans difficulté, semblent faire l'objet d'intenses convoitises.

 Les investitures pour d'autres villes, telle que Taichung, ou certains hsien, comme ceux de Taoyuan, Tainan et Kaohsiung, vont donner lieu à des rivalités que le PDP doit désarmorçer s'il ne veut pas voir ces circonscriptions lui échapper. En clair, 28 candidats se sont présentés à l'investiture du PDP pour les 16 autres sièges locaux -- hsien et municipalités spéciales -- à pourvoir en décembre prochain.

 Dans la perspective des législatives, certains députés du PDP ou sans étiquette ont lancé des appels à une coopération avec le Kuomintang (KMT), tout du moins sa mouvance pro-Lee Teng-hui, l'ancien président de la République, qui est réputée proche de la base populaire taïwanaise.

 A l'état-major de l'ancien parti au pouvoir, son secrétaire général, M. Lin Feng-cheng, nie qu'une quelconque stratégie électorale de ce type ait été mise au point pour les prochaines législatives. Il exclut, pour sa part, toute forme de collaboration avec le PDP qu'il qualifie de " principal rival ".

 Certains députés du KMT au Yuan législatif, plus proches de la mouvance " taïwanaise " et en conflit avec leurs instances actuelles jugées plus " réunificationnistes ", pourraient néanmoins se laisser tenter par une coalition avec le PDP ou des députés sans étiquette, ainsi que l'a laissé entendre récemment M. Shih Ming-teh, ancien président du PDP et l'une des grandes figures politiques de l'île.

 L'état-major du KMT n'écarte toutefois pas l'idée de s'associer avec d'autres formations politiques jugées plus proches idéologiquement, tels que le Nouveau Parti ou le Parti Pour le Peuple (PPP), au risque, estiment quelques analystes, de s'aliéner certaines de ses forces -- notamment les plus " taïwanaises ".

 Prudente, la direction du KMT attend les résultats des sondages d'opinions qu'elle a commandés pour mieux connaître les sentiments des électeurs à l'égard des candidats qu'elle pourrait investir et de leurs rivaux éventuels. Elle attend également que le PDP ait terminé l'enregistrement de ses candidatures et que la situation se soit enfin clarifiée.

On reparle de M. Shih Ming-teh, cette fois-ci du côté de la troisième et nouvelle formation politique insulaire, le PPP. Son charismatique dirigeant, M. James Soong, est intervenu le 17 décembre pour annoncer que sa formation envisageait de coopérer avec d'autres forces insulaires, sans pour autant compromettre les principes de son parti. Le PPP, fondé quelques jours après l'élection de M. Chen Shui- bian à la présidence de la République en mars dernier, passera donc en décembre 2001 son premier test électoral.

Présentant sa formation comme la seule alternative possible, M. Soong aimerait attirer vers le PPP, outre les réformateurs du KMT -- un parti qu'il a lui-même quitté il y a environ un an -- des " électrons libres " de la politique, tels que MM. Shih Ming-teh et Hsu Hsin-liang, un autre ex-président et ex-membre du PDP, ou encore Mme Sissy Chen, une autre figure politique de premier plan en rupture avec le PDP.

Rejetant cette éventualité, M. Shih Ming-teh estime qu'une telle coopération serait trop difficile, même s'il concède être en contact avec certains membres du PPP.