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Dernier hommage au grand physicien Wu Ta- you

PD: 03/21/00

L'ancien président de l'Academia Sinica -- la prestigieuse institution des Arts, Lettres et Sciences de la République de Chine --, le professeur Wu Ta-you s'est éteint le 4 mars à Taïpei à l'âge de 93 ans des suites d'une longue maladie. Hospitalisé depuis un an, le physicien de renom international était dans un état semi-comateux; toutefois, il avait reçu jusque dernièrement la visite de plusieurs de ses éminents élèves, notamment l'ancien président de l'Université nationale Tsing Hua, à Hsinchu, le professeur Shen Chun-shan, et le lauréat du Prix Nobel de Physique 1957, le professeur Lee Tsung Dao.

 A l'annonce de son décès, plusieurs personnalités politiques, académiques et culturelles sont venus s'incliner devant sa dépouille pour lui rendre un dernier hommage. Le président de la République, M. Lee Teng-hui, a pour sa part, ordonné une assistance de l'Etat à l'organisation des funérailles du grand homme. Faisant l'éloge du savant chinois, le ministre de l'Education, M. Yung Chaur-shin, a exprimé sa profonde tristesse, au nom des milieux universitaires de l'île, à la suite de cette perte.

 Surnommé le "père chinois de la physique ", M. Wu Ta-you a beaucoup encouragé la vulgarisation des sciences dans l'enseignement général. Les disciplines scientifiques étant devenues un sujet particulièrement apprécié des collégiens et lycéens insulaires, on retrouve aujourd'hui de nombreux Taïwanais enseignant ces matières dans des universités étrangères ou effectuant des recherches dans de grands laboratoires et autres centres expérimentaux scientifiques.

Le grand physicien demeure, par sa sagesse et son affabilité, un modèle pour les universitaires et spécialistes chinois, a déclaré M. Hwang Jenn-tai, le président de la Commission d'Etat des Sciences, chargée du développement scientifique national.

 Le professeur Wu Ta-you est né en 1907 près de la ville de Panyu, dans la province du Guangdong. Après de brillantes études à l'université Nankai, à Tianjin, à proximité de Pékin, il obtient son doctorat ès sciences physiques à l'Université du Michigan en 1933 et, l'année suivante, enseigne sa discipline à l'université de Pékin. Parmi ses élèves, on compte MM. Yang Chen Ning et Lee Tsung Dao qui ont reçu en 1957 le Prix Nobel de Physique. S'opposant à l'occupation japonaise, il s'enfuit dans le Sichuan et, en 1938, devient professeur de physique à l'Université unifiée du Sud-Ouest, qui, pendant les années de guerre contre le Japon, a regroupé divers étudiants fuyant les zones occupées par l'ennemi.

 Après la Seconde Guerre mondiale, il retourne aux Etats-Unis où il occupe plusieurs chaires notamment à l'Université Columbia, à New York, puis à l'Université de New York. En 1949, il accepte l'invitation du Centre national de Recherches en Physique théorique du Canada. Entre temps, il devient membre de l'Institut des Etudes avancées de Princeton. Quatorze ans après, il revient aux Etats-Unis où il enseigne à l'Institut polytechnique de Brooklyn, à New York, puis à l'Université d'Etat de New York à Buffalo jusqu'en 1978. Pendant ce temps, il fait un premier voyage en 1967 à Taïwan.

 Rentré définitivement en République de Chine à Taïwan, il est nommé 6e président de l'Academia Sinica en 1983. Dix ans plus tard, il se retire cédant son poste à un autre de ses brillants élèves, M. Lee Yuan Tseh, lauréat du Prix Nobel de Chimie en 1986.

 Le professeur Wu Ta-you a publié une cinquantaine de documents et d'études consacrés à ses travaux. Il faut citer notamment Spectres de vibration et structures des molécules polyatomiques publié en 1963 en collaboration avec le physicien japonais Omura, sa célèbre étude Théorie quantique de la dispersion qui a reçu un excellent accueil des milieux scientifiques, de même que ses Equations cinétiques des gaz et des plasmas, en 1966, et son Mécanisme quantique.

 M. Lee Yuan Tseh, l'actuel président de l'Academia Sinica, a indiqué que son institution se joindra aux efforts de la famille du physicien pour créer la Fondation Wu Ta-you pour la Culture et l'Education qui, selon les voeux du défunt, continuera de promouvoir le développement de la science auprès des jeunes en République de Chine.

 



 
 

Les femmes à Taïwan inquiètent pour l'avenir

PD: 03/21/00

Malgré la pluie battante, des milliers de personnes s'étaient réunies le 8 mars, à Taïpei, pour célébrer la Journée des Femmes et faire connaître leur inquiétude concernant l'avenir, dans un environnement social jugé encore hostile aux femmes.

 Un sondage récent effectué par la Fondation des Femmes modernes (MWF) est venu confirmer un sentiment d'insécurité croissant parmi la population féminine de l'île. "Même en tenant compte des améliorations dans plusieurs domaines, les femmes dans ce pays continuent de donner une mauvaise note aux efforts faits pour diminuer la violence domestique, les discriminations sexuelles et la sécurité dans les taxis ", a souligné Mme Pan Wei-kang, présidente de la MWF et élue Kuomintang, qui prédit dans le futur une détérioration encore plus visible de la situation.

 L'inquiétude est réelle, confirme M. Huang Fu-yuan, professeur à l'Université nationale de la Police, à la lecture de l'étude de MWF, et l'explique principalement par une sensibilité accrue des femmes à la question de l'insécurité après le passage d'une législation contre le harcèlement sexuel, il y a trois ans, et la grande publicité faite autour des crimes commis aujourd'hui.

 Un autre professeur, M. Chang Ching-hua, de l'Université nationale de Taïwan, estime, quant à lui, que les problèmes qui existent, notamment concernant les violences domestiques, demanderont un effort à long terme pour être résolus.

 Au même moment, la première conférence internationale sur les femmes organisée à Taïwan, avec le soutien de la Commission d'Etat des Sciences, a mis l'accent sur la question de la faible représentation des femmes (15%) au sein du corps scientifique insulaire, un phénomène jugé regrettable et qui s'explique surtout par l'influence encore forte de certaines traditions chinoises.