[Retour à la Table des Matières] [Retour à la Page 1]
Le Vénérable Karma Rinpoche, 85e grand maître de la secte bouddhiste tibétaine des Nyingmapa, a célébré le 12 février au mémorial Sun Yat-sen, à Taïpei, une cérémonie religieuse solennelle en faveur de la paix de la nation, qui a été le moment fort d'une exposition culturelle des arts du Tibet organisée en ces mêmes lieux.
Au cours de cet événement rarement vu dans le monde, le Vénérable Karma Rinpoche a mis la dernière touche à un immense tanka (ou thangka), une peinture sur soie, présenté pour la première fois au public taïwanais qui a aussi pu découvrir différents autres objets de l'art religieux tibétain, tels que les moulins à prière, des étendards, fanions et oriflammes aux couleurs délicates.
Le grand tanka, une pièce sacrée intitulée De la fleur de lotus sont issus les grands maîtres -- le lotus symbolisant la foi et la loi bouddhiques --, mesure 14,5 m de long sur 9 m de large et pèse quelque 100 kg. Sur les deux faces, sont représentés diverses scènes bouddhiques, ainsi que les portraits d'une centaine de grands maîtres et hauts dignitaires de la secte bouddhiste des Nyingmapa, dite aussi des Anciens. Formé il y a plus de 1 300 ans, c'est probablement le plus ancien ordre religieux du Tibet.
Au XIIIe siècle, les grands maîtres du Nyingmapa se rapprochent des empereurs mongols, qui, à cette époque, dirigent le Tibet. L'évincement de la dynastie [mongole] Yuan en Chine sonne le déclin de l'ordre religieux. Au XVe siècle, les Nyingmapa perdent le pouvoir au Tibet au profit des Gelugpa, ou " Bonnets Jaunes ", soutenus par la puissance militaire des Mongols d'Asie centrale.
Malgré les vicissitudes de l'histoire, les Nyingmapa, qui, avec d'autres ordres, forment les " Bonnets rouges " selon la nomenclature des historiens chinois et occidentaux, sont parvenus à se maintenir jusqu'à nos jours. Ce sont en fait les propagateurs des enseignements de Padmasambhava, apôtre indien de l'école tantrique, qui avait " évangélisé " au VIIIe siècle le Tibet dans la foi bouddhique.
C'est sous le parrainage de la Commission [ministérielle] des Affaires mongoles et tibétaines (MTAC) et de plusieurs associations laïques et religieuses tibétaines en République de Chine que l'exposition et la grande cérémonie dédiée au dieu de la Fortune du bouddhisme tibétain qui l'a accompagnée se sont tenues pour la première fois à Taïpei.