Le Rocher de Chihshan, dans le Parc du Patrimoine historique et culturel de Taïpei, où ont été retrouvés plusieurs reliques archéologiques datant de plus de deux mille ans, est aujourd'hui un site classé par la municipalité et placé sous l'administration de l'Office municipal des Affaires civiles de la capitale.
Au début de ce mois, une équipe d'archéologues, conduite par M. Liu I-chang, chercheur à l'Academia Sinica, a découvert sur ce site une sépulture contenant deux squelettes humains en excellent état de conservation. L'un, celui d'un homme, et l'autre, celui d'une femme, étaient perpendiculairement ensevelis, à une profondeur de 4 ou 5 mètres seulement, la tête de la femme près des pieds de l'homme. Autour des ossements, ont été aussi recueillis de nombreux fragments épars d'articles en terre cuite de toutes tailles. Aux premières estimations, les restes de cette sépulture dateraient de plus de 2 500 ans.
Le Rocher de Chihshan a été le foyer d'une civilisation encore mal connue dont les origines remonteraient à environ 3 800 ans et qui s'étirerait sur une période de plus de mille ans. A cette époque lointaine, le rocher était une petite île au milieu du bassin de Taïpei encore rempli d'eau et bordé de marécages. Par sa situation, la petite île était un havre important à l'abri des vents et des courants.
C'est en 1896 que le site a été repéré par des archéologues japonais. Ils y ont découvert plusieurs objets fabriqués préhistoriques qui, en leur temps, ont vivement intrigué les colonisateurs forcés d'admettre la longue histoire de l'île. Depuis cette date, beaucoup d'autres pièces, y compris des ossements humains, ont été mises au jour, confirmant la présence d'un foyer actif de civilisation.
Malheureusement, si les établissements humains ultérieurs et le développement de leurs activités dans le voisinage du Rocher de Chihshan ont certainement pu détruire une grande partie des vestiges de cette civilisation, on est tout de même parvenu à dégager des profondeurs de la terre des ossements, de la poterie, ainsi que des articles en matériaux périssables pourtant préservés, comme des outils en bois ou des cordes en fibres, indiquant notamment que la " civilisation de Chihshan " ne semble avoir connu les techniques de la métallurgie.
Parmi les fleurons du patrimoine culturel chinois, des statues grandeur nature à l'effigie des gardes du Premier Empereur Qin (IIIe s. av. J.-C.) sont présentées du 15 décembre au 11 mars 2001 dans le cadre de l'exposition intitulée Les guerriers et les chevaux du Premier Empereur Qin au Musée national d'Histoire de Taïpei.
En effet, dix-sept statues originales, en terre cuite, des soldats de l'armée impériale peuvent être directement admirées dans l'île. Pour la première fois, les autorités continentales ont accepté qu'autant de pièces originales viennent à Taïwan pour y être exposées aussi longuement.
A leurs côtés, 107 autres effigies -- d'autres soldats, des armes, des chars, des bronzes, des jades, des pièces de monnaies, des tablettes écrites, etc. --, donnent ainsi un aperçu plus complet de ce trésor culturel.
Après la conquête des autres royaumes chinois, le Premier Empereur, de la dynastie Qin, s'est proclamé souverain suprême du nouvel empire en 221 av. J.-C. Peu avant de s'éteindre en 210 av. J.-C., il a ordonné, selon les croyances de l'époque, que son tombeau soit protégé des mauvais esprits par les gardes impériaux. Les effigies en terre cuite de ses valeureux soldats furent ainsi disposées autour du tombeau impérial.
Sur les lieux funéraires, près de la ville de Xi'an, dans le Shaanxi, on a découvert en 1974 une " armée " de quelque huit mille statues d'hommes en armes et de chevaux, ainsi que des reproductions d'autres matériels militaires, dont seulement un bon millier de pièces a été exhumé. Ces chefs-d'oeuvre font aujourd'hui l'admiration de la planète entière par le biais d'expositions régulièment tenues à l'étranger.
M. Tian Jing, directeur du musée continental de Qin Shihuang, a expliqué que les 17 pièces exposées à Taïpei ne faisaient pas parties de la trentaine actuellement en tournée dans le monde, indiquant que ce choix était, de la part de Pékin, une manifestation de bonne volonté et de sincérité envers les compatriotes insulaires.
Le conservateur du musée de Taïpei, M. Huang Kuang-nan, a précisé pour sa part que cette exposition se tient dans le cadre des échanges culturels avec la Chine continentale, offrant aux insulaires l'occasion d'admirer sur place l'un des trésors de l'art chinois.
Député du Parti démocrate-progressiste (PDP), M. Chen Chin-jun, a affirmé que le prestigieux Musée national du Palais (MNP), à Taïpei, aurait acquis au moins 400 objets d'art, actuellement en exposition, dont l'authenticité ou l'origine demeurerait incertaine.
Depuis cinq mois, le député a par trois fois devant le Yuan législatif émis des doutes sur les compétences académiques des experts du musée, ainsi que sur le mode d'acquisition des objets d'art par l'institution.
" Après plusieurs mois d'enquête, avec le concours de spécialistes nationaux, notre équipe est parvenue à la conclusion que la qualité ou l'authenticité d'au moins quatre cents objets d'art, acquis par le MNP, dont la valeur totale est estimée à plusieurs millions de TWD, demeurait incertaine ou imprécise ", a déclaré M. Chen Chin-jun.
Ayant sollicité au mois de juin un complément d'information de la part du musée, le législateur a indiqué qu'à ce jour, il n'avait toujours pas reçu de réponse ni, en particulier, d'explication concernant l'origine plus douteuse de trois pièces maîtresses actuellement exposées dans les salles du musée. Il s'agit d'une plaquette en jade, supposée de la dynastie Shang (XVIe-XIe siècles av. J.-C.), acquise pour la somme de 1,35 million de TWD et de deux pièces d'ornement, également en jade, acquises pour plus de 420 000 TWD, lesquelles dateraient de l'époque néolithique (3000-1500 av. J.-C.).
Dans une note adressée au musée, M. Chen Chin-jun a mis en doute la valeur des objets acquis, expliquant notamment qu'il était parfois très difficile de distinguer l'original de la copie, étant donné le haut degré de perfection des techniques de reproduction de certains artisans continentaux. Leur copie peut difficilement se distinguer des pièces originales.
Devant le Yuan législatif, M. Tu Cheng-sheng, le conservateur du Musée national du Palais, a indiqué qu'une enquête concernant les acquisitions de son institution était en cours, précisant que se tiendrait dans le courant de ce mois une réunion d'experts pour examiner à nouveau les pièces mises en doute. Il a expliqué que la qualité et l'authenticité ne sont pas déterminées à l'aide de photos ou d'après un jugement partial. Le problème doit être examiné avec beaucoup de circonspection pour établir la vérité, a-t-il insisté
Le 7 décembre, au Yuan législatif, passant en revue les différents postes budgétaires de l'année 2001, les députés se sont arrêtés sur celui du musée, décidant d'un commun accord de geler provisoirement les crédits affectés aux acquisitions, c'est-à-dire 45 millions de TWD. Ces fonds resteront provisoirement bloqués en attendant la résolution du litige.
Le conservateur adjoint, M. Shih Shou-chien, a fait savoir que le musée publierait prochainement sur l'Internet les sources de ses acquisitions afin que ne se reproduise plus une telle contestation qui ternit la réputation de l'institution nationale.
Si l'écriture idéographique chinoise rebute souvent les étudiants étrangers sinisants, elle déroute complètement les hommes d'affaires et les touristes de passage dans l'île. C'est pourquoi, lorsqu'ils rencontrent un nom ou un terme chinois, ils le lisent généralement sous une forme transcrite d'après la prononciation originale.
En raison de la diversité des langues, des écritures (alphabets ou syllabaires) et surtout de leurs propres lois phonétiques, la transcription d'un même idéogramme peut être différemment orthographiée. Pour pallier cette confusion, divers systèmes de transcription ont été créés suivant les habitudes orthographiques d'une langue donnée. Les caractères monosyllabiques chinois y sont classés phonétiquement avec cohérence et peuvent être prononcés assez correctement par le locuteur étranger. Toutefois, passant d'un système à l'autre, une même syllabe originelle peut connaître des variations orthographiques.
Ainsi les chancelleries étrangères ont utilisé, chacune de leur côté, la transcription qui leur convenait le mieux. Ce manque d'uniformisation a incité les Chinois à se pencher sur ce problème " étranger ", créant eux-mêmes une transcription en alphabet latin, appelée romanisation par les linguistes.
Les Chinois en ont élaboré successivement plusieurs. La dernière d'entre elles, lancée à la fin des années 50 par la Chine continentale, baptisée Hanyu Pinyin, a finalement emporté l'adhésion internationale, au point d'être aujourd'hui la plus couramment utilisée dans le monde.
A Taïwan, la République de Chine préféra adopter dans ses échanges avec l'extérieur le système anglais Wade-Giles, alors répandu par la présence américaine en Asie orientale. Ce choix s'est naturellement imposé, mais le système, qui a connu une profonde simplification dans ses applications, n'a jamais été officialisé, même si l'administration publique l'a amplement utilisé. En outre, elle a toléré d'autres transcriptions, des orthographes arbitraires et des styles personnalisés. Avec la croissance des échanges extérieurs et surtout le progrès des communications, la pluralité des systèmes en usage ici ont gagné en confusion et perdu en valeur.
En effet, l'adoption au début des années 80 du système continental, Hanyu Pinyin, par les linguistes et les spécialistes du monde chinois, ainsi que par les médias internationaux, les chancelleries, les organisations internationales, comme les Nations unies, lui a assurément donné ses lettres de noblesse, tandis que les ouvrages de références dans les principales langues européennes, comme les grands dictionnaires ou encyclopédies, ainsi que les grandes bibliothèques et aussi l'Internet, en ont consacré l'universalité.
Cette situation malaisée à Taïwan a soulevé un grand débat entre les universitaires, les responsables politiques et le public qui ont exprimé à ce sujet des avis partagés. Si, dans l'île, des voix se sont élevées en faveur du Hanyu Pinyin, d'autres ont formulé des objections, lui préférant une transcription mieux adaptée aux valeurs locales, comme celle récemment élaborée par des linguistes de l'île, dite Tongyong Pinyin, qui peut également transcrire les termes utilisés dans les deux principaux dialectes chinois largement parlés dans l'île -- le sud-foukiénois (ou minnan) et le hakka.
En réalité, le débat sur l'adoption ici du Hanyu Pinyin dure depuis plusieurs années déjà. Il est apparu lors de la mise en place sur les voies publiques de panneaux d'indication des noms de lieu et de rue transcrits en caractères latins. Une première transcription, suivant le système Wade-Giles, a donc été faite et prévaut toujours.
A côté de la transcription anglaise simplifiée, la transcription toujours officielle, appelée Gwoyeu Romatzyh, promulguée en 1928 mais tombée en désuétude, en raison de son orthographe compliquée qui inclut les tons, et une autre romanisation du chinois officialisée en 1984 à Taïwan par le gouvernement se sont aussi partagées la faveur des organismes et des particuliers dans la nomenclature des lieux-dits et des rues, devenant un véritable casse-tête pour les étrangers visitant l'île ou en contact avec elle. La diversité des institutions responsables de la signalisation routière, par exemple, a fait qu'un même lieu a pu être orthographié différemment, à la grande confusion des touristes et autres visiteurs étrangers.
Avec l'internationalisation de l'île, une proposition d'uniformisation des transcriptions du chinois est soumise pour la première fois en 1996. A ce problème encore non résolu, est venue s'ajouter une diffusion de plus en plus large du Hanyu Pinyin dans l'île, à travers surtout les échanges avec l'extérieur. C'est peut-être la simplicité et l'universalité du Hanyu Pinyin, dépourvu de ses signes purement phonologiques, qui ont soulevé l'enthousiasme de certains groupes de linguistes et d'hommes politiques de l'île.
Puis, en 1996, a été lancé le Tongyong Pinyin qui a fait une entrée remarquée l'année suivante dans la capitale. La municipalité de Taïpei a transcrit les noms de rue d'après une première version de ce nouveau système.
L'un de ses co-auteurs, M. Yu Bocyuan, chercheur associé à l'Academia Sinica et membre du Conseil pour la Promotion du Mandarin, défend ardemment la spécificité de son système, qui, selon lui, répond aux réels besoins de l'île dans le monde. C'est la préoccupation des insulaires qui est prise ici en considération, dit-il, précisant que le Tongyong Pinyin est en fait une version améliorée du Hanyu Pinyin.
En effet, dans le système continental, explique-t-il, l'emploi idiosyncratique des lettres initiales x et q perturbe gravement le lecteur, un exemple que soulignent aussi plusieurs linguistes insulaires. Aussi les lettres x et q sont-elles respectivement remplacées dans le système taïwanais par les groupes si et ci, de lecture plus aisée.
Les différences " orthographiques " entre les deux systèmes peuvent se comparer à celles de l'anglais, insiste-t-il, où les graphies britannique et américaine ne nuisent pas à son universalité. M. Yu Bocyuan rappelle que son système permet non seulement de noter les noms dialectaux d'usage courant dans l'île mais aussi d'aborder directement l'étude des dialectes parlés ici, notamment pour les enseigner à l'école primaire -- une discipline obligatoire du programme à partir de la rentrée prochaine.
Divisés, les spécialistes ou hommes politiques ont récemment défendu une transcription ou une autre, en vantant les mérites selon divers critères linguistiques ou phonétiques, le plus souvent obscurs pour l'étranger.
En demandant à nouveau au ministère de l'Education de trouver une base commune parmi les différentes opinions, le Cabinet a relancé de plus belle le débat. Fin octobre, répondant au voeu du plus grand nombre, le ministre de l'Education, M. Ovid Tzeng, a soumis un rapport par lequel il s'exprimait en faveur de l'adoption du Hanyu Pinyin. A l'appui de sa proposition, tout en rappelant que son administration avait présenté il y a quelques années déjà une résolution dans ce sens, il a expliqué que cette transcription universellement employée était aujourd'hui pour les étrangers l'outil le plus commode car enseigné et utilisé de façon uniforme dans le monde entier.
M. Ovid Tzeng, lui-même un expert en linguistique, met en exergue les difficultés que les insulaires rencontrent sur l'Internet ou dans les bibliothèques à l'étranger dans leurs recherches concernant le monde chinois.
Puisque, dans l'ensemble, la transcription utilisée est le Hanyu Pinyin, la raison veut qu'on choisisse le système universellement répandu, estime-t-il, ajoutant que le Tongyong Pinyin n'avait pas obtenu une diffusion assez large pour pouvoir être rapidement appliqué par l'administration publique de l'île et accepté par les étrangers.
La démarche du ministre a été vivement dénoncée par les défenseurs du Tongyong Pinyin, qui trouvent sa décision hâtive. Ils affirment qu'il n'a pas pris en compte les recommandations du Conseil pour la Promotion du Mandarin sous tutelle du ministère, qui, dans sa majorité, s'est prononcé en faveur de la version insulaire dite Tongyong Pinyin.
Fin novembre, le porte-parole du gouvernement, M. Su Tzen-ping, a déclaré qu'étant donné l'absence d'un consensus sur la question, le Cabinet préférait que le ministère de l'Education reconsidère sa proposition.
Quant à l'étude des dialectes chinois, comme le minnan ou le hakka, que le Tongyong Pinyin faciliterait, les partisans du Hanyu Pinyin soulignent que le système continental possède, depuis longtemps déjà, des versions propres à chaque dialecte et langue parlés en Chine continentale qui se sont montrées efficaces dans ce domaine.
Plusieurs experts font observer que le problème de la transcription des idéogrammes chinois selon leurs prononciations dialectales est l'objet d'un autre débat. Ils mettent ici l'accent sur la différence entre la " romanisation " simple et la " phonétisation " didactique. La première permet aux étrangers de lire rapidement, parfois de façon approximative, un idéogramme chinois. Dans ce cas, son orthographe alphabétique sera dépourvue de signes diacritiques, qui marquent les tons inhérents à la syllabe chinoise mais inutiles dans les langues non tonales, telles que les langues européennes. La seconde est un outil phonologique et sémantique pour étudier un dialecte ou une langue parlée. Dans ce cas, la " phonétisation " sert à noter la prononciation syntaxique du caractère écrit ou du mot parlé, tant pour le locuteur originel que pour l'étudiant. Ce mode de transcription phonétique -- alphabétique ou avec des signes conventionnels, tels que les symboles phonétiques du mandarin en usage à Taïwan, le Zhuyin Fuhao dit Bopomofo -- prend en compte la phonologie, la sémantique et la syntaxe du lexique dialectal.
A présent, restant sur leur position, les partisans de l'une ou de l'autre transcription se départagent en deux camps distincts. Les uns voient avant tout la pénétration internationale et demeurent favorables au Hanyu Pinyin. Les autres, défenseurs du Tongyong Pinyin, cherchent à préserver à travers ce système la particularité de l'île.
M. Hwu Jih-ru, professeur de chimie à l'université Tsing Hua, de Hsinchu, a été reconnu par l'Académie des Sciences du Tiers-Monde comme un scientifique d'exception en raison des succès qu'il a obtenus dans la recherche génétique et la biotechnologie.
Fondée en 1983 à Trieste, en Italie, l'Académie des Sciences du Tiers-Monde regroupe environ 500 scientifiques internationalement célèbres et originaires de 75 pays. On compte parmi eux de nombreux lauréats du Prix Nobel, dont M. Lee Yuan-tseh, qui préside à Taïwan l'Academia Sinica.
Appartenant lui aussi à l'Academia Sinica, la plus haute institution académique en République de Chine, M. Hwu Jih-ru, âgé de 45 ans, en est l'un des membres les plus jeunes et pourtant parmi les plus brillants. Avec son équipe de recherche, il s'est déjà vu attribué plus de 20 patentes internationales dans le domaine de la prévention du cancer ou du sida, entre autres.
C'est d'ailleurs à ses collègues et à tous ceux qui travaillent avec lui qu'il a tenu à rendre hommage lors de la conférence de presse qu'il a donnée le 9 décembre à son université.
La plus grande contribution de la génétique et des biotechnologies à l'humanité réside, selon lui, dans l'allongement de la durée et de la qualité de la vie. Il a attiré l'attention sur la nécessité de promouvoir la recherche en matière de biotechnologie. Prenant ainsi l'exemple de l'industrie pharmaceutique, il considère que celle-ci pourrait connaître un essor beaucoup plus important au niveau local si les ressources nécessaires lui étaient consacrées. Au lieu de cela, Taïwan est trop souvent contrainte d'acheter le produit final à l'étranger.
Les restrictions qui limitaient depuis quelques mois l'emploi des ouvriers philippins dans les industries de l'île ont été finalement levées début décembre, marquant une avancée importante dans la résolution des disputes qui ont opposé ces derniers temps Taïpei à Manille.
Après la réouverture partielle des liaisons aériennes directes entre Taïwan et les Philippines (voir Les Echos de la R.C. du 11 octobre 2000, p.4), c'est donc une nouvelle étape vers l'embellie qui vient d'être franchie.
" Il s'agit d'un très beau cadeau de Noël pour nos travailleurs ! ", s'est exclamé M. Raul de Vera, un dirigeant de l'association qui regroupe les agences de placement philippines accréditées à Taïwan.
Les limites portant sur l'emploi des ouvriers philippins avaient été imposées il y a près de six mois, en forme de rétorsion contre la suspension par Manille des accords aériens existant entre les deux pays. La reprise des vols directs en octobre, suivie de la mesure qui vient d'être annoncé, profite en premier lieu aux 200 000 travailleurs philippins employés dans l'île. Ceux-ci n'ont plus à passer par une tierce destination pour se rendre à Taïwan ou en revenir -- en général Hongkong --, ce qui se traduit pour eux par un gain important de temps et d'argent.
L'autre progrès notable effectué dans la protection de leurs droits concerne la rationalisation du système des commissions qu'il leur fallait verser jusqu'alors à des intermédiaires taïwanais. Ces derniers, qui recevaient l'offre d'embauche avant de la transmettre à des agences de placement aux Philippines, en profitaient pour exiger des commissions élevées dont devaient s'acquitter les travailleurs, en plus de celles qu'ils devaient verser aux recruteurs philippins.
Pour mettre un terme à ces excès, les représentants de Taïpei et de Manille ont veillé à la création à Taïpei d'un bureau de l'association des professionnels philippins du placement dont la tâche sera de travailler en étroite collaboration avec ses partenaires locaux, afin de bannir les pratiques abusives et d'offrir en outre toute une gamme de nouveaux services aux travailleurs expatriés.