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Les droits de l'homme célébrés avec éclat

PD: 12/21/00

Le chef de l'Etat, M. Chen Shui-bian, en avait fait la promesse lors de son investiture en mai: sa présidence serait placée sous le sceau des droits de l'homme. Il a réitéré son engagement le 9 décembre, la veille de la Journée internationale des Droits de l'Homme, en promettant de respecter la dignité humaine et d'élever Taïwan au rang des premiers dans ce domaine.

 Le président de la République avait choisi de se rendre ce jour-là à l'Ile Verte, un lieu symbolique de la lutte pour les libertés individuelles. La petite île a longtemps abrité un pénitencier où ont été jetés de nombreux prisonniers politiques à l'époque de Terreur blanche, alors que Taïwan vivait sous la loi martiale.

Espérant le pardon des victimes de ces persécutions, M. Chen Shui- bian a dit qu'il ne fallait pas avoir peur de reconnaître les torts qui ont été faits, car c'est seulement après les avoir admis, a-t-il déclaré, qu'une société meilleure peut être bâtie. La liberté, la démocratie ne doivent jamais être sacrifiées, a-t-il souligné, souhaitant que Taïwan puisse vite adhérer officiellement aux organisations et aux conventions internationales dédiées aux droits de l'homme.

La veille, le gouvernement avait fait un geste en annonçant que les personnes emprisonnées à la suite de l'Incident de Kaohsiung, le 10 décembre 1979, recevraient chacune un dédommagement de la part de l'Etat évalué à 3 millions de TWD, au même titre que les autres victimes de la loi martiale (1949-1987).

Créée il y a quelques mois, la commission des droits de l'homme est maintenant en charge de l'étude des dossiers de dédommagement. Elle a déjà reçu 5 600 demandes couvrant les quarante années passées sous la loi martiale. Près de 2 000 cas ont été traités, entraînant le versement d'une somme totale de plus de 5 milliards de TWD.

 Le président de la République a également choisi la veille de la Journée internationale des Droits de l'Homme pour gracier 21 prisonniers. Dix-neuf d'entre eux sont des objecteurs de conscience qui ont été incarcérés après avoir refusé d'effectuer leur service militaire. Appartenant à l'église des Témoins de Jehovah, leur foi les empêche notamment de tenir une arme.

Les deux autres personnes amnistiées sont un syndicaliste, condamné pour sa participation à de violentes manifestations contre la fermeture d'une usine, ainsi qu'une personne qui a déjà passé 13 ans en prison après avoir été reconnue coupable de vol à main armé sur la foi de preuves insuffisantes.

Continuant sur le thème des droits de l'homme, M. Chen Shui-bian a présidé une cérémonie de mariages en groupe spécialement organisée par l'un des plus ardents défenseur des libertés dans l'île, M. Bo Yang, écrivain et ancien prisonnier politique. Aux futurs mariés, le chef de l'Etat a dit que l'éducation aux droits de l'homme commençait avec leur union et se poursuivrait avec la famille qu'ils fonderont pour être ensuite transmise de génération en génération.