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Rencontre avec Mei Lee, une orfèvre qui s'exporte

PD: 12/01/00

A seulement 33 ans, Mei Lee s'affirme comme une des plus originales créatrices de bijoux. Installée à Bruxelles, pour des raisons sentimentales, confie-t-elle, elle n'en finit pas de truster les reconnaissances nationales et internationales. Vainqueur l'an dernier à Taïpei du Concours national de Création de Bijoux contemporains, elle a obtenu aussi un an plus tard, dans la même ville, le prix du Meilleur Design dans le concours " New Products Design and Development in Jewelry Decoration of 2000 ". Mei Lee est aujourd'hui sollicitée par de nombreuses galeries spécialisées. " J'aime la Belgique où j'ai achevé mes études de design, nous dit-elle, parce qu'ici les gens ont le sens de l'équilibre entre le traditionnel et le moderne. Les Français sont un peu trop traditionnels à mon goût et les Allemands trop contemporains. Cependant je caresse le désir de revenir m'installer à Taïwan. "

 " J'aime que mes bijoux soient porteurs d'un concept de création mais je les fais avant tout pour qu'ils soient montrés ", nous dit la jeune orfèvre taïwanaise. Pour ne pas démentir ses propos, l'artiste arbore au cou une de ses dernières créations. Porté tout simplement avec un tee-shirt noir, le collier en argent laminé très fin qu'elle vient de créer n'en prend que plus d'éclat tout en restant délibérément discret. L'union recherchée entre l'objet et le sujet qui le porte est particulièrement intéressante. Il se crée une symbiose très valorisante. L'ensemble dégage une vision profondément contemporaine mais sans heurter. L'être humain ne s'efface pas devant la création: " Je déteste imposer une histoire ou un concept en vendant mes bijoux, nous confirme Mei Lee. Je veux au contraire laisser rêver l'acheteur. J'aime cette interaction avec le public. Façonner un bijou consiste toujours pour moi à créer un équilibre parce qu'un bijou est toujours destiné à être porté par une personne qui ne doit jamais être écrasée par ce dernier. "

La nature est la principale source d'inspiration de Mei Lee. " Les impulsions émotionnelles qui me poussent à créer, me guident des formes primaires de la nature vers le métal précieux. " En commençant, elle n'a pas de thème bien défini. La première pièce est souvent le point de départ d'une série déclinée sur le même sujet. Ainsi, une capsule de pavot l'a récemment inspiré pour créer une collection de vases en argent forgé.

 Mei Lee aime travailler l'argent mais pas son côté brillant. Pour lui donner un caractère plus contemporain, elle le travaille finement et l'oxyde pour le rendre gris, blanc ou noir, selon des procédés de fabrication qu'elle garde jalousement. C'est une véritable osmose entre les idées du créateur et le caractère du matériel.

 Mais Mei Lee n'aime pas beaucoup justifier ou expliquer son travail. " Pourquoi un travail aurait-t-il besoin d'un long discours de ma part? Un travail de création est autonome. Il doit parler par lui-même, et non pas par l'explication fournie. Pourquoi donc ne pas laisser l'oeuvre et le spectateur communiquer seuls? Peut-être ainsi quelqu'un trouvera de nouveaux concepts créateurs... "

Les bijoux sont-ils partie intégrante du corps? Une part de futilité, de beauté, de volume? " Ils sont juste un besoin quotidien ", répond-elle avec un grand sourire où se mêlent timidité et tendre ironie.

 Vincent Dudant
 Photos des bijoux: Mei Lee

 



 
 

L'opéra taïwanais, un art toujours vivant

PD: 12/01/00

Si, ces dernières années, l'opéra taïwanais, ainsi que les autres arts traditionnels, a vu sa popularité diminuer en raison de l'influence culturelle occidentale qui a envahi l'île, entraînant le jeune public vers d'autres divertissements modernes, il n'en a pas moins gardé un aspect vivace.

 L'opéra taïwanais, ou gezai-xi, qui est apparu il y a une centaine d'années dans la région d'Ilan, dans le nord-est de l'île, se chante uniquement en taïwanais sur une musique traditionnelle du sud de la Chine. Développé sous l'occupation japonaise par de petites troupes qui montaient leurs tréteaux çà et là, au gré de leurs tournées, cet art a permis de transmettre certaines traditions combattues par l'occupant.

 Une scène était vite montée à l'occasion d'une fête populaire ou familiale pour rappeler aux spectateurs à travers une romance le souvenir de temps meilleurs. Ces petits théâtres de rue ont atteint leur apogée artistique et lyrique dans les années 30.

 Diverses troupes qui recrutaient les acteurs au long de leurs pérégrinations dans l'île finirent par se refermer sur elles-mêmes devenant plus familiales et formant les enfants de la troupe aux divers jeux et rôles interprétés devant le public.

 Après la rétrocession de Taïwan à la République de Chine en 1945, l'opéra taïwanais a connu un regain de splendeur avec la télévision dans les années 60. Les représentations diffusées sur le petit écran lui ont donné un nouveau souffle. Les troupes se sont multipliées, tandis que l'art lyrique faisait son entrée dans les grandes salles de la capitale. Dans le même temps, les troupes innovaient, en introduisant de la musique électronique et des chansons populaires, sans toutefois modifier le fond traditionnel.

 Plusieurs acteurs et actrices ont acquis gloire et célébrité pour leurs qualités professionnelles dans cet art. Ainsi, Yang Li-hua, qui joue essentiellement des rôles masculins, compte beaucoup d'admirateurs à travers l'île.

 Tenace, elle n'a jamais désespéré de voir un jour l'opéra taïwanais retrouver ses admirateurs. Décidée à perpétuer cet art singulier, Yang Li-hua a continué d'adapter des nouvelles populaires et des contes, repris d'anciens écrits inédits, créant elle-même la mise en scène, les accessoires et les costumes pour les interpréter devant un public qui apprécie hautement les dialogues emplis de la verve des anciens théâtres de rue.

 De plus, elle a monté un petit atelier où elle a formé une quarantaine d'élèves à son métier. Ainsi, ce sont les plus brillants d'entre eux qui l'accompagnent ou tiennent des rôles majeurs lors des tournées dans l'île ou le monde.

 



 
 

Les études religieuses pourraient être intégrées dans l'enseignement supérieur

PD: 12/01/00

Désirant étendre le champ des études supérieures, le ministère de l'Education, par la voix de son vice-ministre, M. Lu Mu-lin, a indiqué le 15 novembre que les séminaires de théologie et les écoles d'études bouddhiques seraient incorporés, sous certaines conditions, dans le système national de l'enseignement supérieur, une mesure qui entrerait au plus tôt en vigueur à la rentrée universitaire 2002. Le changement s'appliquerait tout d'abord aux instituts de hautes études.

 Dans cette optique, une douzaine d'universitaires et de spécialistes dans les domaines des études religieuses et sociales se sont réunis pour discuter avec les responsables du ministère du statut et des moyens à donner à l'enseignement religieux.

 M. Lu Mu-lin a fait remarquer qu'une révision des textes de loi régissant le problème des équivalences de diplôme et les établissements d'enseignement privés, auxquels sont rattachés les séminaires et les écoles d'enseignement religieux, serait nécessaire pour leur permettre d'être placés sous la tutelle du ministère de l'Education.

En effet, actuellement, les séminaires et les instituts d'études bouddhiques sont classés comme " instituts de recherche d'enseignement religieux " et normalement enregistrés au ministère de l'Intérieur. En raison de cette particularité administrative, ils ne sont pas intégrés au système de l'Education nationale.

 Le vice-ministre a suggéré la mise en place d'un système, selon lequel les titres universitaires délivrés par les futurs départements de religion et instituts d'études religieuses dans les universités seraient officiellement reconnus. Toutefois, avant le changement, a-t- il précisé, les diplômes obtenus dans des établissements encore non homologués ne pourront pas recevoir rétroactivement d'équivalence.

 Par ailleurs, il sera interdit aux établissements d'obliger les élèves à participer à des cérémonies cultuelles ou des activités religieuses. Seuls les établissements dont l'enseignement formel est la préparation de personnes destinées au clergé ou à un ordre religieux feront exception à cette règle.

 Actuellement, la théologie est enseignée dans plusieurs établissements de l'île, tels que les universités privées Fu Jen (catholique), Aletheia, Hsuan Chuang, Chung Yuan (chrétienne), et l'Université nationale Chengchi, à Taïpei. Ailleurs, on peut poursuivre des études religieuses dans des instituts non intégrés au système d'enseignement général, comme les séminaires de Taïnan et de Taïwan, le Collège du Christ (qui possède près de vingt unités), les Instituts du Bouddhisme de Chine, Yuankung et Fakuang, les séminaires théologiques de Fu Jen et de Chine, les séminaires- instituts Chinhsin et Hsinyi.

 



 
 

Mise en ligne du " réseau de protection civile de Taïpei "

PD: 12/01/00

Pour renforcer la protection civile des citadins, la municipalité de Taïpei a mis en place 2 000 centres d'accueil répartis dans la ville, formant entre eux un réseau de surveillance. Ils sont gérés par des volontaires, au service de la communauté et en étroite collaboration avec les forces de l'ordre.

 Cherchant à familiariser le public avec ce service, la ville de Taïpei a franchi une nouvelle étape en créant sur l'Internet un site particulier qui répertorie à l'aide de plans électroniques précis les abords de près d'une centaine de collèges et d'écoles primaires, ainsi que la position exacte des divers postes de contact affiliés à son " réseau de protection civile des citadins " et les 300 points noirs de la ville à éviter.

 En visitant le site, les usagers, en particulier les parents d'élèves, prennent connaissance des divers services mis à leur disposition, et notamment du réseau de surveillance et de protection des enfants se rendant à l'école ou rentrant à la maison. On y apprend, par exemple, que, près de chaque établissement scolaire, est installé un centre d'accueil, signalé sur place par un auto-collant distinctif. Là, en cas de besoin, le centre fournit l'aide indispensable, offrant refuge à l'écolier s'il est abordé par un inconnu, prêtant accès à un poste téléphonique pour un appel urgent à la famille ou encore des parapluies en cas d'averse. Avant la fin de l'année, le site pourra présenter un atlas complet des abords de tous les établissements scolaires de la ville.

 Cliquez sur un des points noirs mentionnés dans le site, et le service cartographique électronique indiquera les rues moins sûres que les enfants feront mieux d'éviter ou les endroits que les personnes se déplaçant seules fréquenteront avec prudence; il précise également la nature des dangers encourus et donne des conseils pour les contourner. Il recommande enfin aux parents d'apprendre à leurs enfants à s'adresser directement aux centres d'accueil proches de leur école qui sauront leur apporter une première aide en cas de difficulté.