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Davantage de correspondants de presse continentaux seront stationnés ŕ Taďwan

PD: 11/21/00

Lors d'une conférence de presse commune avec des responsables de la Commission d'Etat des Affaires continentales (MAC), Mme Lee Cher-jean, directrice générale adjointe de l'Office d'Information du Gouvernement, a déclaré le 10 novembre que de nouvelles facilités seraient accordées aux journalistes continentaux, leur permettant, sous certaines conditions, d'effectuer un plus long séjour dans l'île afin d'y couvrir divers événements.

 Depuis l'entrée en fonctions du président de la République, M. Chen Shui-bian, en mai dernier, cette déclaration officielle est la premičre portant sur les échanges culturels entre les deux rives du détroit de Taďwan. Elle marque un nouveau geste de bonne volonté de la part de Taďpei ŕ l'égard de Pékin, a souligné Mme Lee Cher-jean.

 Par cette nouvelle mesure, chaque média de Chine continentale pourra envoyer ŕ Taďwan, sur l'invitation d'un homologue insulaire, au plus deux journalistes pour un séjour d'un mois. Toutefois, les correspondants continentaux ne seront pas autorisés ŕ donner une interview ŕ leurs confrčres insulaires, ni ŕ prendre part ŕ aucun débat sur une décision politique de haut niveau, ni non plus ŕ participer ŕ une table ronde télévisée, des activités qui sont, a tenu ŕ préciser un haut responsable de la MAC, incompatibles avec le sens de leur mission ici. Une interdiction de séjour dans l'île pendant un an sanctionnera celui qui ne se sera pas plié ŕ ces obligations.

 On ne peut se permettre la moindre erreur, et certaines limites sont considérées comme inévitables, a affirmé M. Chen Ming-tung, vice- président de la MAC, qui a ajouté que les réglementations seraient mises en place avec prudence au fur et ŕ mesure que les besoins s'en feront sentir.

 Par cette nouvelle formule, les journalistes continentaux, encouragés ŕ venir plus longtemps et plus nombreux dans l'île, pourront établir des contacts plus étroits avec leurs homologues insulaires et avoir une plus ample compréhension de la situation actuelle ŕ Taďwan, offrant ainsi ŕ leurs lecteurs de l'autre rive une vision plus profonde.

 A l'heure actuelle, seulement huit journalistes continentaux -- deux pour chacune des catégories de médias, les journaux et périodiques, la radio, la télévision et l'agence de presse -- ont le droit de séjourner ŕ Taďwan en męme temps, et leur champ d'action est soumis ŕ plusieurs restrictions, notamment l'obligation d'obtenir une autorisation pour couvrir un événement.

A l'annonce de cette décision, les autorités continentales concernées, sans entrer dans le détail, ont simplement fait savoir que Taďpei et Pékin pouvaient entretenir des échanges trčs positifs dans ce domaine.

 



 
 

L'ensemble Han-Tang Yuefu : musiques et danses anciennes de la dynastie Han

PD: 11/21/00

L'ensemble de musiques et danses anciennes Han-Tang Yuefu a été fondé en 1983 par Chen Mei-o, musicologue, musicienne, chanteuse et chorégraphe, originaire de Kaohsiung, dans le sud de Taďwan. Peu de temps aprčs sa naissance, sa famille s'installe plus au nord, ŕ Taďnan, la capitale historique de l'île.

 Fille d'un musicien et ničce d'une actrice professionnelle d'opéra taďwanais, ce n'est cependant qu'ŕ l'âge de 19 ans qu'elle entend parler pour la premičre fois de la musique du nan-kouan, ou du " vent du sud ". Chen Mei-o est alors employée dans une station de radio oů elle présente un programme essentiellement composé de musiques et chants du folklore taďwanais. Au studio, elle reçoit un jour le courrier d'un auditeur qui lui suggčre de diffuser des ballades du nan-kouan dans son émission. Curieuse, elle fait quelques recherches et découvre alors cette tradition musicale. Bien que nouvelle pour notre chercheuse, celle-ci est en réalité la plus ancienne de Chine. Séduite et fascinée, Chen Mei-o décide de s'y intéresser de plus prčs, au point de se consacrer ŕ son étude ŕ partir de 1975. Elle part ainsi ŕ la rencontre de maîtres du nan-kouan aux quatre coins de Taďwan, puis aux Philippines, en Malaisie, ŕ Singapour et en Chine continentale. Auprčs d'eux, elle se perfectionne dans la pratique du chant et de la technique musicale du luth pipa.

 A Taďnan, elle travaille notamment avec la trčs célčbre chanteuse Tsai Hsiao-yueh, pour l'ensemble de laquelle, Nansheng She, elle organise une premičre présentation en France en 1981, au Théâtre du Beffroi, ŕ Tours. Ce sera le début d'une intense relation artistique et affective avec la France, et qui n'a d'ailleurs cessé de se renforcer depuis lors. De 1985 ŕ ce jour, l'ensemble Han-Tang Yuefu s'est produit dans plus d'une vingtaine de pays d'Asie, d'Europe et aux Etats-Unis.

 " Le nan-kouan est originaire de la partie sud de la province du Fujian (Minnan) oů on l'appelle nanyin, ou " son du sud ", souligne M. François Picard, grand spécialiste de ce genre musical. Il représente un répertoire typiquement local, lié ŕ l'aire culturelle définie par l'usage de la langue minnan, une aire qui inclut Taďwan et l'île de Haďnan et qui a désormais poussé ses ramifications jusqu'aux Philippines, en Indonésie et ŕ Singapour. Si on peut l'entendre aujourd'hui en Chine [continentale] sur disques, ŕ la radio, dans des salles de concerts, joués par des ensembles professionnels fonctionnarisés, sa vraie tradition se situe ailleurs, encore bien vivante. " Le nan-kouan a fait son apparition ŕ Taďwan ŕ la fin du XVIe sičcle avec la premičre vague d'immigrants venus du Minnan. " Nous ne pouvons plus reproduire cette musique telle qu'elle était ŕ l'origine, estime quant ŕ elle Chen Mei-o. Mais nous avons gardé l'esprit de cet art avec un point de vue actuel. Il s'agit chaque fois de recréation. Dans notre systčme, la tradition peut-ętre une façon de créer. "

 Les claquettes, paiban, le luth, pipa, la flűte verticale ŕ encoche, dongxiao, la vičle ŕ deux cordes, erxian, le luth ŕ trois cordes, sanxian, et de petits gongs, jiaoluo, font partie des principaux instruments qui composent un ensemble du nan-kouan. Les interprčtes jouent également des sikuai, deux paires de plaquettes de bambou, l'une dans chaque main, et utilisées un peu ŕ la maničre des castagnettes. Ces instruments peuvent paraître rudimentaires mais offrent en réalité des sonorités au raffinement inouď.

 Si la musique traditionnelle de la dynastie Han date d'un sičcle avant Jésus-Christ, la danse, quant ŕ elle, est plus récente, elle date de l'an mil. Le Liyuan xi, ou " Théâtre musical du Jardin des Poiriers ", a connu son apogée sous les dynasties Song et Yuan, du XIIe au XIVe sičcles. Bien que Chen Mei-o s'y intéresse depuis longtemps, il n'y a que cinq ans qu'elle a commencé ŕ associer ces danses nobles, danses de cour, ŕ la musique et aux ballades du nan-kouan. " Je me suis d'abord intéressée ŕ la musique, puis au cours de mes recherches, j'ai découvert la danse, précise-t-elle. J'ai décidé de faire revivre cette danse ŕ partir d'archives et avec l'aide d'un chorégraphe, pour rendre plus belle encore cette musique. "

Cinq danseuses et cinq musiciennes intčgrent généralement les spectacles de l'ensemble Han-Tang Yuefu. Curieusement, les danseuses ont au départ suivi une formation de danse contemporaine, pour ensuite se tourner vers cet art traditionnel. Toutes sauf une, Wang Shin-shin, originaire de Quanzhou, le berceau du nan-kouan, dans la province du Fujian. C'est lŕ-bas que Chen Mei- o l'a découverte en 1984, ayant immédiatement eu la sensation d'avoir trouvé la perle rare. Il faudra attendre cependant 1991 pour qu'elle intčgre l'ensemble ŕ Taďpei, dont elle est aujourd'hui ŕ la fois la chanteuse principale et la directrice musicale. Wang Shin-shin a commencé ŕ pratiquer le chant du nan-kouan ŕ l'âge de quatre ansÉ " C'est notre trésor national ", souligne Chen Mei-o. Son frčre, Chen Shou-chun, ne la contredira certainement pas, car il a épousé Wang Shin-shin. Homme d'affaires, il a une grande admiration pour le travail réalisé par sa soeur au fil des ans. Il préside donc aux destinées de l'ensemble, et lui apporte son soutien.

 Sur le plan administratif, Han-Tang Yuefu emploie trois personnes ŕ temps plein, et parmi celles-ci Yen Ya-ting qui se consacre particuličrement aux relations avec l'étranger. Titulaire d'une maîtrise d'information et communication obtenue ŕ Paris-VIII, elle est parfaitement francophone. Sa collaboration au sein de l'équipe se révčle ainsi trčs précieuse, car les spectacles et les projets avec la France se multiplient.

 En 1998, l'ensemble Han-Tang Yuefu s'est produit pour la premičre fois au Festival d'Avignon, oů il a obtenu un incroyable succčs, ŕ l'image des autres compagnies taďwanaises invitées. Plus récemment, au début du mois d'octobre dernier, il a offert 9 représentations ŕ la Biennale de la Danse, ŕ Lyon, intitulée cette année Les Routes de la Soie. Tous les spectacles ont affiché complet. Mais, déjŕ en 1997 s'ébauchait un nouveau projet avec la France, sous forme d'échange. L'année précédente, Serina Chen, directrice de l'Association internationale des Arts de Taďpei, avait invité ŕ Taďwan Mireille Larroche, fondatrice et directrice de la Péniche Opéra, ŕ Paris. Elle avait assisté ŕ un spectacle de l'ensemble Han-Tang Yuefu, et avait été profondément touchée tant par les chants et la musique que par la danse. L'ensemble effectuant une tournée en Europe l'année suivante, Mme Maria Chiu, alors directrice du Centre culturel et d'Information de Taďpei, ŕ Paris, organisa une nouvelle rencontre entre Chen Mei-o et Mireille Larroche. L'idée d'une collaboration entre la Péniche Opéra et Han-Tang Yuefu voit le jour et sera appuyée, en France, par le ministčre des Affaires étrangčres, et, ŕ Taďwan, par la Commission d'Etat des Affaires culturelles. Mais il faudra encore deux années de travail pour que le spectacle devienne réalité. Intitulée Le jardin des délices, cette création associait chants et musique du nan-kouan, danses du Liyuan xi, théâtre et musique baroques. Artistes taďwanais et français se sont donc retrouvés pour une oeuvre unique sur scčne, 4 danseuses-chanteuses et 5 musiciens du Han-Tang Yuefu, 4 chanteurs lyriques, 2 danseuses et 3 instrumentalistes de la Péniche Opéra. Il a été présenté pour la premičre fois au Festival des Arts anciens d'Utrecht, aux Pays-Bas, puis au Festival de Sablé, ŕ l'Opéra comique de Paris, au Festival Alternative lyrique de Paris et dans bien d'autres événements encore.

 A la fin 2001, l'ensemble se présentera ŕ nouveau en France, au Musée des Arts asiatiques de Nice, ŕ l'invitation du Conseil général des Alpes-Maritimes, et des discussions sont également en cours avec la Belgique, les Pays-Bas et l'Italie, pour la męme époque. Un projet pourrait également se réaliser avec le Théâtre national de Chaillot en 2002 et, aprčs le succčs remarquable du Jardin des délices, une nouvelle collaboration musicale franco-taďwanaise en 2003 n'est pas exclue.

 Chen Mei-o avoue ętre un peu déçue du faible enthousiasme et intéręt que rencontre ŕ Taďwan cet art pourtant si raffiné qu'est le nan-kouan. Elle pense que cela est dű en partie aux grands changements intervenus ŕ Taďwan au cours des deux derničres décennies, les préoccupations liées au fulgurant essor économique ayant pris le dessus sur bien des choses. Elle n'est pas pour autant totalement pessimiste. La presse locale a beaucoup contribué ŕ sensibiliser le public taďwanais ces derničres années, se faisant l'écho du succčs de ses tournées ŕ l'étranger, notamment en Europe. Les premiers ŕ avoir été sensibilisés se trouvent surtout dans les milieux intellectuels. Mais Chen Mei-o ne souhaite pas que la connaissance de cet art se limite uniquement ŕ une certaine élite. C'est pourquoi, comme elle le fait réguličrement, elle repartira bientôt pour une tournée de deux ŕ trois semaines présenter ses spectacles dans les centres culturels municipaux de petites villes de l'île.

 Bernard Pronost
 Crédit photographique : Ensemble Han-Tang Yuefu

 


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