Contenu (Culture)

 

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L'art dans le métro de Taïpei

PD: 01/21/00

La première ligne de métro de Taïpei, la ligne de Mucha, a ouvert ses portes au public le 28 mars 1996. Un an plus tard, jour pour jour, c'était au tour de la ligne de Tamshui, la plus longue avec ses 22,8 kilomètres, puis en août 1999 les lignes de Hsintien et de Chungho. Le 24 décembre dernier, était inauguré un tronçon de 7,7 kilomètres de la ligne de Nankang-Panchiao, la seule ligne assurant des liaisons est-ouest. Le trajet de la mairie de Taïpei au temple de Lungshan ne prend que 14 minutes, alors qu'il faut compter près d'une heure en voiture ou en bus aux heures de pointe, pour le même trajet. Avec cette mise en circulation, le Département du Métro de Taïpei (DORTS) estime que de 470 000 passagers auparavant, le réseau en accueillera désormais quelque 630 000 quotidiennement. La phase initiale de ce gigantesque projet d'un budget de 441,8 milliards de TWD, ce qui en fait le métro le plus cher du monde, devrait être achevée d'ici deux ans. Le réseau aura alors une longueur totale de 86,8 kilomètres.

 Tout a été fait pour assurer un maximum de confort aux passagers, les stations sont spacieuses et lumineuses, elles disposent pour beaucoup d'entre elles de vastes arcades commerciales où l'on trouve pratiquement tout ce qu'on peut souhaiter, les informations sont affichées ou diffusées en chinois et en anglais, et la propreté est irréprochable. Un gros effort a également été fait pour en faciliter l'accès aux personnes handicapées.

Au-delà de sa détermination à rendre les lieux aussi confortables et fonctionnels que possible, le DORTS a mis en place un projet destiné à accueillir des oeuvres d'art dans certaines stations souterraines, ou à l'extérieur, à proximité immédiate des bouches de métro. Le DORTS a donc créé un service spécial au sein de son Département Architecture, dirigé par Mlle Yin Chien-ni, et qui se consacre uniquement à ces projets artistiques. A ce jour, des oeuvres, des peintures, sculptures, photos et autres installations, sont présentées dans huit stations. Deux autres stations seront probablement concernées à l'avenir, avec l'achèvement de la ligne reliant Nankang à Panchiao. Un strict comité de sélection a été mis en place par le DORTS, composé d'architectes, d'urbanistes, d'artistes, de journalistes ou critiques d'art. Pour les derniers projets réalisés qui concernaient quatre stations différentes, le comité a dû examiner 150 dossiers, dont 29 émanant d'artistes de 13 pays étrangers. Un artiste japonais, M. Takeshi Tanabe, et un néo-zélandais, M. Steve Woodward, ont ainsi vu leurs projets sélectionnés pour, respectivement, les stations Hsintien et Mairie de Taïpei.

 Dans un esprit d'internationalisation et d'ouverture vers l'extérieur, le DORTS a largement diffusé à l'étranger les informations relatives au concours, grâce notamment à des sites Internet spécialisés dans l'art public. Dans un premier temps, les candidats reçoivent un dossier très complet avec le règlement, photos et plans précis de la station concernée par le projet.

Ces plans sont extrêmement importants pour les architectes du DORTS et les artistes. Ces derniers ont à respecter de stricts critères d'espace et de sécurité. Les oeuvres ne doivent en effet pas gêner la circulation du public dans les stations ou les couloirs, ou encore faire obstacle à l'accès des systèmes de sécurité incendie ou de ventilation et aux sorties de secours.

Architectes et artistes peuvent donc communiquer en permanence, avant et pendant l'exécution du projet. Mme Lai Tsun-tsun, artiste dont l'installation Ode à la jeunesse a été choisie pour décorer la station terminus Nanshih Chiao, de la ligne de Chungho, commente que, d'une manière générale, elle a vécu une expérience agréable en travaillant avec le DORTS : " J'ai beaucoup à apprendre et tant de choses à prendre en considération en termes de coopération et de coordination. "

 L'implication du public est une autre question que concepteurs et artistes doivent prendre en considération. Chacun perçoit l'art à sa façon, selon ses propres émotions et son imagination. Mais dès lors qu'une oeuvre apparaît dans un lieu public, la perception peut être tout autre. Un des artistes qui a collaboré au projet de la station Mémorial Tchang Kaï-chek a regretté qu'un manque de statistiques et de sondages effectués auprès des personnes amenées à fréquenter les lieux rende la tâche des artistes plus difficile lors de la réalisation du projet. " En matière d'art, il est très important de prendre en considération l'opinion du public ", considère M. Lin Chung-chieh, directeur du Service Urbanisme au Département du Développement urbain de la municipalité de Taïpei. " Cependant, la participation du public à l'élaboration de tels projets doit être réglementée de façon à ce qu'elle ne nuise pas à l'originalité du travail des créateurs ", ajoute-t-il. Pour sa part, Mlle Yin Chien-ni fait remarquer que des efforts sont systématiquement faits pour consulter le public, principalement les riverains et les personnes travaillant dans le secteur proche d'une station concernée par un projet d'art public. Elle cite l'exemple de la station Chunghsiao Tunhua, sur la ligne de Nankang-Panchiao. Là, il s'agit de deux oeuvres gigantesques à l'extérieur, destinées à cacher et embellir les énormes systèmes de ventilation et de climatisation. Après avoir présélectionné cinq projets, le DORTS en a exposé les maquettes dans un grand magasin à proximité de la station, et le public était invité à faire ses commentaires, voire émettre des suggestions. Bien que ces dernières aient été prises en compte, le comité de sélection est resté toutefois souverain pour décider de son choix final. Le projet sélectionné, intitulé Arbres et rivières, est en voie d'achèvement. Il a été conçu par l'artiste Tsai Shu-ying.

 Toutes ces réalisations artistiques font le bonheur des usagers du métro, et aussi celui des artistes. De plus, l'art public n'est pas seulement présent sous terre. En effet, le gouvernement a mis en place en 1998 un vaste projet similaire, confié à la Commission d'Etat des Affaires culturelles. Il concerne les espaces et bâtiments publics et demande qu'un minimum de 1% des coûts de construction soit destiné à financer la réalisation d'oeuvres d'art. " Un grand pas en avant a manifestement été fait; le soutien du gouvernement pour la culture et les arts est important, et l'accueil du public encourageant ", conclut Mme Lai Tsun-tsun.

 Bernard Pronost

 



 
 

Les cieux musicaux

PD: 01/21/00

Confrontés aux bouleversements de la société taïwanaise, l'artiste contemporain Tsong Pu et le designer Yang An observent calmement et sereinement les citadins se démener dans l'effervescence et le tumulte de la ville. Ils trouvent leur inspiration dans l'essence traditionnelle de la poésie et de la musique. Cette installation réalisée dans un couloir de la station de métro Mémorial Tchang Kaï-chek est composée d'un grand nombre de boîtes lumineuses. Dans le sens de la sortie, chaque boîte représente des nuages blancs, épais, sur fond de ciel bleu vif. Les photos ont été prises à des moments différents, en plusieurs endroits de l'île. Ces brillantes images inondent de lumière l'obscur couloir. Dans le sens contraire, elles représentent la forêt.

 Les artistes ont souhaité apporter un brin supplémentaire de nature au monde urbain. Sur une paroi du couloir, ils ont apposé en hauteur des notes musicales qui semblent sautiller et interpréter un chant d'oiseau pour le public. Ils espèrent de la sorte que leur oeuvre contribuera à adoucir la pression de la vie citadine que chacun subit au quotidien, et susciter le plaisir du rythme paisible de la nature, avec une touche poétique.

 Bernard Pronost

 



 
 

Culture et exotisme continental par les minorités nationales

PD: 01/21/00

Dans le cadre des échanges entre les deux rives, une grande fête culturelle, la première de ce genre dans l'île, est organisée par la Fondation chinoise de l'Audio-visuel pendant 40 jours, à partir du 27 décembre 1999, au ranch de Wei Chuan à Puhsin (hsien de Taoyuan), au sud-ouest de Taïpei. Un programme d'arts folkloriques et traditionnels riche et varié est présenté par une délégation de plus de 250 personnes provenant de 13 provinces, villes et régions autonomes où sont recensées les 56 minorités nationales habitant la Chine continentale.

 Promouvant les valeurs artistiques, culturelles et linguistiques qui leur sont propres, les participants continentaux sont pour l'occasion regroupés en quatre grandes régions (Nord-Est et Nord, Nord-Ouest, Sud-Ouest et Centre-Sud et Sud-Est). Une troupe de marionnettes de Quanzhou (province du Fujian) s'est jointe à eux et présente des spectacles en dialecte sud-foukiénois, appelé taïwanais dans l'île.

 On y découvre des yourtes mongoles en grandeur nature, des personnes habillées de costumes traditionnels, bottées, enturbannées ou parées des plus étonnantes coiffures (voir photo). Des danses et des chants folkloriques, accompagnés d'instruments variés et originaux, particuliers à chaque ethnie, ainsi que des démonstrations de lutte mongole, de course à cheval ou de tir à l'arc, sont également offerts aux visiteurs.