Contenu (Culture)

 

[Retour à la Table des Matières] [Retour à la Page 1] 

 
 

La demeure de Tchang Kaï-chek est ouverte au public

PD: 08/01/00

Dans le cadre d'une campagne d'accès du public à ses monuments historiques, la municipalité de Taïpei a ouvert le 14 juillet l'ancienne demeure du président Tchang Kaï-chek, située à Shihlin, un quartier périphérique de Taïpei, offrant ainsi un nouveau regard sur l'intimité du personnage historique. En effet, si les jardins de cette demeure étaient accessibles au public depuis 1996, les bâtiments de l'" ancienne résidence officielle de Tchang Kaï-chek et de son épouse " ne l'avaient pas été jusqu'à maintenant. Cet ensemble comprend la demeure principale située au milieu d'arbres touffus, la maison d'hôtes, un petit temple protestant, une pagode et des jardins.

 C'est le 20 avril dernier que l'Office municipal des Affaires culturelles de Taïpei les a classés parmi les sites historiques de la capitale, tandis qu'il est prévu d'établir sur place un centre d'études sur la vie du couple présidentiel et son époque. Il est ainsi envisagé de restaurer les lieux selon leur apparence originelle, de constituer un service de consultation réunissant des documents historiques et compilant diverses oeuvres concernant les deux personnages.

 La mairie a dû attendre quelque temps, selon les souhaits de Mme Tchang Kaï-chek -- retirée aux Etats-Unis depuis le décès de son époux en 1975 --, avant de laisser pénétrer le public à l'intérieur de la demeure qui a été pendant 26 ans le centre névralgique du pouvoir jusqu'à la disparition du géneralissime.

 Construite en 1950, cette villa de deux étages était l'une des résidences officielles des époux Tchang Kaï-chek dans l'île. La façade du bâtiment est de style japonais alors que le reste est d'une architecture moderne occidentale. Un immense paravent en bois sculpté est posé à l'entrée obligeant le passage par les côtés. Dans les ailes de la maison, des salons et des bureaux sont disposés pour l'intendance civile et militaire du chef de l'Etat.

 Passant dans un corridor en arcade, on aperçoit un petit salon et une salle à manger avant d'entrer dans une salle de gala pouvant accueillir quelque 250 personnes. Cette pièce, au sol recouvert d'un immense tapis rouge, a été ajoutée en 1960. Elle contient des meubles chinois Ming et Qing, des canapés occidentaux garnis d'une soie brun clair, ainsi que des antiquités et divers objets personnels que possédait le couple présidentiel, comme des photos de famille, des tableaux peints par la Première Dame, des vases en porcelaine, des lanternes classiques et de grands paravents en bois finement gravés.

 A l'écart de la villa, le petit temple protestant Kaike a été construit en 1949 pour le couple. Tchang Kaï-chek, issu d'une famille bouddhiste, avait été baptisé en 1930, comme il s'était engagé à le faire en épousant trois ans plus tôt Soong Mayling, fille d'une riche famille protestante. A Shihlin, le couple fervent fréquentait ce temple tous les dimanches.

 Plusieurs anecdotes tentent d'expliquer le nom du temple qui signifie " Chant de Triomphe ". M. Chou Lien-hua, qui y a officié pendant plus de 40 ans, rapporte, par exemple, que, lors d'une visite en 1937 dans la région de Nankin, le généralissime avait fait voeu d'édifier un lieu de culte si Dieu lui accordait la victoire sur les Japonais, ce qui fut fait huit ans plus tard, en 1945.

 Un peu plus loin dans les jardins, sur la petite butte Fushan, se tient la pagode Tzuyun, " Nuage bienfaisant ", bâtie en 1963 et dédiée à la mère du généralissime, qui repose dans le caveau familial, dans le Zhejiang, en Chine continentale.

 Les origines différentes des époux se reflétaient dans leurs goûts parfois contrastés mais complémentaires, comme le remarque dans ses mémoires M. Chen Tsung-tsui, ancien directeur adjoint de l'Office de la Sécurité nationale, resté 30 ans en service dans cette demeure. Le maître de céans, précise-t-il, aimait les vieilles choses, alors que son épouse préférait les dernières nouveautés. Mais si lui savourait la cuisine chinoise et elle se régalait de mets occidentaux, ils partageaient cependant le même goût pour les vêtements chinois.

 Pendant leurs heures de détente limitées, leur passion commune était le cinéma. Dans un des salons, étaient projetés les films d'action et de guerre que lui aimait ou les comédies étrangères et les westerns qu'elle préférait, mais que l'un et l'autre prenaient plaisir à voir ensemble. M. Chen Tsung-tsui assure que le généralissime adorait la méditation, le taiji et la marche, tandis que sa femme appréciait le bridge et les échecs chinois qu'elle pratiquait avec quelques amies et parfois avec son époux.

 L'ouverture de la résidence de Shihlin permettra sûrement d'apporter un éclairage nouveau sur la vie de ces deux personnages historiques du XXe siècle.

 



 
 

Le pèlerinage de Meizhou, un hommage à la déesse de la Mer

PD: 08/01/00

A l'occasion d'un pèlerinage en l'honneur de Matsu, la déesse de la Mer, Protectrice des marins et de Taïwan, des milliers de Taïwanais se sont rendus à la mi-juillet sur les lieux saints de Meizhou, une petite île près de Putian (Fujian), en Chine continentale, et cela en dépit des contraintes politiques et administratives.

 Rejoignant là-bas 3 600 autres fidèles insulaires, qui avaient aussi traversé le Détroit, un dernier groupe de quelque 655 pèlerins s'est embarqué le 16 juillet à l'aéroport international Chiang Kai-shek, près de Taïpei, à destination de Meizhou, où est née Matsu, personnage légendaire qui vécut au Xe siècle, sous la dynastie Song, avant d'être canonisé. Ce voyage d'une durée totale de sept jours a cette fois-ci été exceptionnel, car le groupe de fidèles a accompagné cinq statues sacrées de la déesse revenant sur son lieu d'origine.

 Les traversées de pèlerins insulaires sont depuis 13 ans organisées par le temple Chenlan, dédié à Matsu et situé à Tachia, près de Taichung, dans le centre de l'île. Désirant cette année profiter de la loi promulguée en avril dernier établissant les liaisons directes avec le continent à partir des îles annexes des Penghu, Kinmen et Matsu, les organisateurs avaient demandé aux autorités de Taïpei la permission spéciale d'effectuer le pèlerinage directement par mer depuis le port de Taichung jusqu'à Meizhou. Mais, la demande leur ayant été refusée, les pèlerins ont dû une fois de plus utiliser les transports et parcours " traditionnels ", c'est-à-dire l'avion en charter via Hongkong.

 Tôt le matin à l'aéroport Chiang Kai-shek, en présence de plusieurs personnalités politiques de tout bord, y compris M. Yu Shyi-kun, le vice-Premier ministre, une cérémonie particulière a marqué l'embarquement des statues sacrées à bord des appareils, tandis qu'une délégation composée d'une dizaine de représentants des quatre principaux partis politiques insulaires participait également à ce pèlerinage.

 Etant donnée l'importance du convoi, les autorités continentales avaient déployé à l'aéroport de Putian divers services pour accueillir le mieux possible les voyageurs afin de les diriger jusqu'au grand temple de Matsu.

 Le 18 juillet, s'est déroulée une fête religieuse en l'honneur de la déesse, qui, cette année, " recevait la visite " particulière des statues sacrées venues de Taïwan. Une danse de style antique, exécutée par soixante-quatre jeunes gens habillés de robes longues jaunes, a ouvert la cérémonie. Officiée par un grand maître et plusieurs assistants, vêtus d'habits traditionnels et portant une grande écharpe écarlate, la célébration s'est poursuivie par un salut de 80 salves de pétards, suivi de 108 coups portés sur des tambours. Après divers rites et incantations, le grand maître a présenté à la déesse les trois grandes offrandes, celle du vin dans un calice, celle des fruits dans une coupe et celle des pêches, symbole de la longévité, disposées en pyramide dans un large plat. L'assistance nombreuse de fidèles, tant continentaux qu'insulaires, débordant largement l'enceinte du temple, a pu suivre le grand office, puis se recueillir et prier dans le sanctuaire.