Tandis que les principes démocratiques sont sujets de divers débats internationaux, le Premier Forum mondial de la Démocratie a rassemblé fin juin à Varsovie plus de cinq cents personnalités politiques, venant d'une centaine de pays.
La présence de M. Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies, et de Mme Madeleine Albright, secrétaire d'Etat américain, ainsi que d'autres ministres étrangers, a donné à l'événement un caractère plus solennel.
A également participé à cette rencontre une délégation taïwanaise comprenant entre autres, MM. Shih Ming-teh et Hsu Hsin-liang, tous deux anciens présidents du Parti démocrate-progressiste (PDP), Mmes Yang Huang May-hsing, vice-présidente de la Commission de Recherche et de Planification au ministère des Affaires étrangères, et Hsiao Bi-khim, conseillère à la Présidence de la République. Le célèbre écrivain Bo Yang, également invité, qui n'a pu se rendre en Pologne pour des raisons de santé a envoyé un message enregistré sur vidéocassette.
M. Shih Ming-teh a défendu la réforme politique de l'île, soulignant que son pays était devenu une démocratie pleine et entière et que les droits de l'homme y étaient respectés.
" Taïwan vient de connaître un transfert pacifique des pouvoirs, une expérience sans précédent dans l'histoire [locale] ", a déclaré M. Shih Ming-teh, actuellement député au Yuan législatif, ajoutant que cette marche vers la démocratie avait été accompagnée de larmes et de rires.
Ancien candidat sans étiquette aux présidentielles du 18 mars dernier, M. Hsu Hsin-liang a, quant à lui, remarqué que la démocratie et le respect des droits de l'homme étaient les deux principaux courants qui ont touché ces dernières années presque toutes les nations.
Il a lancé un appel à la communauté internationale pour que ces deux valeurs ne soient pas dissociées de la mondialisation, proposant à tous les démocrates d'exercer une pression collective sur les régimes autoritaires.
Alors que les scientifiques du monde viennent tout juste d'établir une première carte du génome humain, le président de l'Academia Sinica, M. Lee Yuan-tseh, a annoncé le 28 juin que l'île se préparait à créer son propre centre de recherche génétique.
Considérant qu'on ne pouvait se permettre de prendre du retard dans ce domaine, M. Lee Yuan-tseh estime que, même si l'île a marqué des points dans le décryptage du génome du riz -- un projet international auquel participent déjà plusieurs scientifiques insulaires --, il faut accélérer ici les progrès dans le domaine de la recherche génétique, laquelle contribuera à révolutionner les sciences à l'avenir.
Prix Nobel de chimie en 1986, M. Lee Yuan-tseh tente à travers l'institution scientifique qu'il dirige, la plus prestigieuse de l'île, d'attirer l'attention sur ce sujet qui lui paraît fondamental. Il a indiqué que l'Academia Sinica se préparait activement à la création d'un centre de ce type et qu'un accord de coopération serait bientôt signé avec Scripps Institute, des Etats-Unis. Le projet, évalué à 15 millions de TWD dans sa phase initiale, bénéficiera d'un financement d'origine privée. En plus du génome du riz, les chercheurs s'intéresseront, dans un premier temps, au code génétique de la papaye et de certains types de haricots.
Par ailleurs, un programme de recherche en cours à l'Hôpital général des Armées, de Taïpei, à la réalisation duquel sont associés l'Office de la Santé publique et la Commission d'Etat des Sciences, pourrait donner dès le début de l'année prochaine ses premiers résultats concrets en matière de thérapies génétiques sur les êtres humains, notamment en ce qui concerne la mise au point d'un vaccin contre l'hépatite B.