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Une grande exposition, La Chine à l'aube du IIe millénaire: art et culture de la dynastie Song, constituée de 189 chefs-d'oeuvre de cette période (960-1279) -- peintures, calligraphies, céramiques, bronzes et ouvrages -- conservés au Musée national du Palais, à Taïpei, fera une fois de plus l'admiration des insulaires.
L'exposition durera du 29 mars au 30 juin dans les salles du musée. Cependant, dans cet intervalle, ces objets d'art séculaires ne pouvant être exposés plus de 40 jours à la lumière, il sera procédé à leur rotation. En effet, en raison de leur fragilité, ils ne sont montrés qu'une fois tous les quatre ans.
Présentée au travers de cinq thèmes -- l'art et le Tao, l'enseignement de la nature, la simplicité esthétique, l'art dans la vie et la synthèse culturelle --, l'exposition est centrée sur la vie des mandarins à la cour, une étude particulière qui permet au visiteur de se plonger dans l'atmosphère de cette dynastie qui fut celle de l'âge d'or des lettrés chinois.
L'événement tente de décrire la philosophie des mandarins Song, leur goût pour la nature et leur amour de l'esthétique. Les portraits célèbres d'empereur, qui ont récemment voyagé aux Etats-Unis et en France sont encore à l'honneur, comme celui de Huizong (1082- 1135).
Au Musée national d'Histoire, à Taïpei, la grande exposition Léonard de Vinci, le scientifique, l'inventeur et l'artiste, qui a ouvert ses portes le 25 mars présente au public taïwanais une nouvelle vision des travaux du grand savant de la Renaissance à travers les reproductions des quelques-unes de ses oeuvres et manuscrits.
L'exposition étant répartie en neuf sections, on passe successivement, selon la chronologie des études du maître florentin, des arts, à travers ses peintures, esquisses et dessins, à l'analyse avec des études descriptives sur les sciences naturelles (dissection anatomique) ou des croquis présentant ses inventions et découvertes (ponts mobiles, canaux et écluses) ou encore des démonstrations théoriques (traités de géométrie et de mathématiques, appliqués à des machines de guerre ou des engins volants).
Cette fenêtre largement ouverte sur le génie précurseur de Léonard de Vinci permet au visiteur de mieux comprendre comment sont nées quelques-unes des idées qui ont révolutionné la planète et permis d'accélérer, au cours des siècles suivants, le développement effréné des sciences. Si le Florentin ne fut pas toujours compris par ses contemporains, il n'en demeure pas moins un pionnier de l'analyse méthodique, prélude à l'ère des inventions et des découvertes de la science moderne qu'il a parfois lui-même entrevues.
Les Chinois ayant traditionnellement un penchant pour la mesure du temps, la façon de le compter et de l'interpréter, le public taïpéien s'est peut-être attardé un peu plus sur le chronomètre universel à deux ressorts que Léonard de Vinci a inventé et qui a été repris près de quatre siècles plus tard, après la miniaturisation nécessaire de ses composants, par un horloger suisse de Schaffhouse. On comprend que l'homme de la Renaissance avait là dépassé les horloges à eau, les sabliers et autres instruments de son époque.
A côté de l'esprit scientifique du célèbre érudit italien, c'est aussi son talent artistique qu'on savoure en contemplant quelques-unes des reproductions de ses chefs-d'oeuvre au travers desquelles on voit apparaître la notion de perspective dans la peinture. Découvrant cette troisième dimension de façon aussi évidente, sous une forme scientifique et esthétique, les visiteurs taïpéiens se surprennent à en admettre l'absence quasi-totale dans la peinture traditionnelle chinoise.
L'exposition exceptionnelle qui dure une quarantaine de jours est parrainée par le Musée national d'Histoire, le groupe de presse insulaire China Times, la Fondation TSMC pour la Culture et l'Education, le Musée national de la Science et de la Technologie, de Taïwan, et l'Institut pour les Echanges culturels, de Tübingen (Allemagne).