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Situation difficile pour les Aborigènes

PD: 01/01/00

Alors que la campagne pour les élections à la présidence de la République bat son plein, certains candidats, comme M. Chen Shui- bian, du Parti démocrate-progressiste, ont choisi d'attirer l'attention du public sur la situation culturelle et sociale difficile des populations aborigènes de Taïwan.

L'alarme a été sonnée à la suite de la publication des résultats d'une étude réalisée il y a peu auprès de la communauté aborigène. Elle révèle que 9% seulement des enfants d'origine aborigène maîtrisent la langue de leurs ancêtres, que 23% la pratiquent correctement, tandis que 33% la parlent mal ou avec difficulté et que 35% l'ignorent complètement -- des taux que l'on retrouve en proportion similaire dans chacune des 9 tribus que compte l'île.

Cette baisse du nombre des locuteurs aborigènes est généralement attribuée à l'usage du chinois dans le cadre scolaire et à l'augmentation du nombre des mariages interethniques. En effet, 58% des enfants issus de ces unions mixtes ne parviennent pas à s'exprimer dans la langue aborigène d'un de leurs parents. Si le niveau même d'instruction des enfants n'influe pas sur leur maîtrise de la langue maternelle, on constate en revanche que plus les parents ont reçu une éducation poussée, moins les enfants seront aptes à parler la langue.

 Par ailleurs, un sondage d'opinion réalisé récemment par une association de médecins fait état de l'urgence qu'il y a à créer un réseau hospitalo-médical moderne au sein des communautés aborigènes, habituellement regroupées en zones rurales ou montagneuses.

L'étude a aussi révélé que 15% seulement des Aborigènes vivant dans ces villages enclavés disposaient de l'eau courante et que 75,2% d'entre eux allaient toujours se ravitailler en eau à la source ou à la rivière.

 Le manque de centres de soins et d'activité, de crèches, ainsi que l'insuffisance des infrastructures publiques à leur disposition, est vivement ressenti par ces populations.

 



 
 

La série noire continue pour l'armée de l'Air

PD: 01/01/00

Deux spécialistes de Dassault, la firme française qui fabrique le Mirage 2000-5, sont arrivés dans l'île le 21 décembre pour participer à l'enquête en cours sur les causes de la disparition, une semaine plus tôt, d'un des avions de chasse équipant les forces aériennes de la République de Chine.

 Pratiquant un simple exercice d'interception en vol, le Mirage a disparu en mer le 14 décembre, au large d'Ilan, au nord-est de l'île. Le contact avec l'appareil a été perdu à 10h53, moins d'une heure après son départ de la base aérienne de Hsinchu et le pilote n'a malheureusement pas été retrouvé malgré les efforts des secours.

 D'après M. Kung Fan-ting, porte-parole du ministère de la Défense, les deux experts français vont examiner les données radar dont on dispose pour déterminer, par simulation, l'endroit exact où l'appareil s'est abîmé. Ils s'attacheront également à analyser les raisons de sa soudaine perte d'altitude, d'environ 16 000 à 3 000 pieds.

 Ce Mirage, l'un des 60 achetés à la France il y a quelques années, n'était pas encore équipé d'une des balises de signalisation que le ministère de la Défense a commandées il y a peu et qui facilitent la localisation de l'épave, surtout lorsque celle-ci repose en mer. Au moment de l'accident, seulement 15 des Mirage en activité dans les forces aériennes de la République de Chine disposaient de ce type d'équipement. Depuis, 32 autres balises ont été reçues.

 Immédiatement après le drame, l'ensemble de la flotte de Mirage a été immobilisée pour une inspection de sécurité. S'agissant de la deuxième disparition d'un appareil de ce type en deux mois, cet accident s'ajoute à une liste déjà longue: en deux ans, l'armée de l'Air a déploré la perte de six de ses chasseurs, les quatre autres étant des F-16 de fabrication américaine.

Les fortes pressions psychologique et physique auxquelles sont soumis les pilotes en raison des tensions entre les deux rives du détroit de Taïwan pourraient expliquer cette série noire.

 Dans le cas du dernier accident, l'armée de l'Air refuse toutefois de se livrer à des conclusions anticipées, même si elle semble avoir exclu le facteur humain, le major Chiang Ching-liang, le pilote disparu, étant connu pour son expérience. On sait que la chute de l'autre Mirage, deux mois plus tôt, avait été causée par le passage d'oiseaux dans le réacteur de l'appareil. Le pilote avait alors pu s'éjecter à temps et être secouru quelques heures après.

 A la suite de la perte de quatre de ses F-16, l'armée de l'Air a adressé une demande de dédommagement au constructeur américain, Lockheed Martin.